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Louis Cha : la plume et l'épée
Les débuts d'un romancier wuxia (1950-1959) 3/4 - Page 7
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Auteur(s) : Yves Gendron
Date : 6/2/2019
 
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Articles :
L'opéra Huangmei ou Huangmei diao
 
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Jin yong et la nouvelle ecole wuxia

Au début des années 50, la fiction wuxia a connu des jours meilleurs. En République Populaire de Chine, c'est un type de littérature considéré par le régime communiste comme de la « mauvaise herbe », décadant et féodal (note 13). À Hong-Kong, les feuilletons martiaux qui sont publiés dans les journaux sont surtout centrés sur des héros folkloriques locaux comme Wong Fei-hung. Ils s'adressent aux lecteurs de langue et de culture cantonaise (note 14).

Par contre, dès leurs parutions les feuilletons wuxia de Liang Yu-Sheng et Jin Yong suscitent un engouement monstre parmi tous les chinois quelle que soit leur culture d'origine. Non seulement ceux qui vivent à Hong-Kong, mais également à Singapour, en Asie du Sud-Est et partout dans le monde où il y a un Chinatown (note 15). La fiction wuxia retrouve dès lors une popularité qu'elle n'avait pas connue depuis des lustres. Les lecteurs sont emballés par ces épopées martiales pleines de rebondissements, de scènes d'action trépidantes et de héros chevaleresques

Pour les exilés vivant coupés de la mère patrie et de leurs racines culturelles, la représentation d'une Chine mythique telle que dépeinte habilement par les deux écrivains férus de culture classique, offre non seulement un récit d'évasion irrésistible, mais aussi une forme de plongée immersive envoutante (note 16).

Les écrits de Liang Yu-sheng et Jin Yong suscitent des émules et cette relance sera désignée sous le terme de Nouvelle école wuxia pour la distinguer de la fiction datant la première moitié du XXe siècle (note 17).

Cha n'a même pas terminé son feuilleton pour le New Express qu'il en entame un second pour un autre journal à partir du premier janvier 1956 : Bìxuè jiàn (L'Épée tachée de sang royal) (note 18). Un troisième feuilleton Shè diao yingxióng chun "La Légende du héros chasseur d'aigle" est entamé la journée suivant la fin du deuxième le premier janvier 1957.

Une fois présenté en feuilletons, les romans sont réédités sous forme de fascicules en plusieurs volets (note 19). La qualité du papier n'est pas très grande, mais les livres ne coutent pas cher. En gérant adroitement ses droits, Cha conserve un contrôle étroit sur ses œuvres tout en devenant un auteur à succès généreusement réénuméré. La vente d'éditions pirates des romans est également considérable : ceux-ci sont soit vendus à moindre prix ou dans des régions ou la censure interdit une diffusion légale (note 20).

La Légende du Héros chasseur d'aigle 1959

Note 13 : Bien que réprouvée, la fiction wuxia n'a d'abord pas été interdite en Chine Populaire par le régime communiste. On trouve encore des livres dans des bouquineries pendant une bonne partie des années 50. Certains écrivains s'essayent même à créer une forme de fiction wuxia au thème socialiste sous la guidance du régime, mais sans grand succès. Les œuvres patriotiques révolutionnaires Bái Máo Nu ??? : « La fille aux cheveux blancs »  : et Línhai xueyuán, Patrouilles dans la forêt enneigée, trahissent toutefois des influences notables de l'ancienne littérature wuxia.

Ce n'est qu'avec la radicalisation culturelle du régime communiste à partir de 1957 que la fiction wuxia se trouve être expurgée de la sphère publique avec d'autres formes de littérature prérévolutionnaire.

Source  : Paper Swordsman - Chapitre: 9 Coming home page : 228-229.

Note 14 : La fiction wuxia cantonaise est appelé « Guanpai wuxia xiaoshe  » : la fiction martiale de l'école du Guangdong.
Sources : Paper Swordsman - Chapitre : 2 : Local heroes page; 32-48

Note 15 : Plusieurs journaux de Hong Kong sont importés dans d'autres communautés de la diaspora. Aussi la publication des feuilletons se fait également par l'entremise d'autres journaux asiatiques qui en ont acquis les droits. Cela fait que la diffusion des feuilletons s'étend à presque toute la diaspora chinoise.
Note 16 : Cette nostalgie pour la mère patrie ne concerne pas juste la fiction wuxia. Elle englobe d'autres formes de littérature et de divertissement. C'est en fait un des traits culturels dominant au cours de la période de l'Après-guerre parmi la diaspora chinoise.
Un bon exemple sont les films à costumes : notamment les Huang meng diao, les opérettes chinoises apparues à la fin des années 50 et les wuxia-pian des années 50 et 60.

Note 17 : La provenance du terme « Nouvelle École » ( Xinpài wuxiá xiaoshuo) n'est pas connue, mais était en circulation au début des années 60. Des recherches menées sur la littérature wuxia ont établi qu'il y a une continuité entre la Vieille et la Nouvelle école au niveau du contenu, des thèmes, de structure et de technique narrative et qu'il n'y a aucune véritable cassure dans le style d'écriture. La distinction entre Vieille et Nouvelle École repose en fait sur des considérations politiques, historique et géographique. 

La Vieille école voit les fictions wuxia être surtout écrites dans les grands centres urbains de Chine continentale (Shanghai, Pékin, Tianjin).

La Nouvelle école quant à elle voit la fiction wuxia être écrite à Hong-Kong et Taiwan et s'adresser au lectorat de la diaspora chinoise à Taiwan, en Asie du Sud-est et parmi les communautés d'Europe et d'Amérique.

Source : Paper swordsman Chapitre : 1. Note chapitre 1 note 37 page 264

Note 18 : C'est avec L'épée tachée de sang royal que commence la participation de l'illustrateur Yun Jun dans l'œuvre de Jin Yong en illustrant ces romans, d'abord dans les feuilletons puis dans les livres.
Malgré le rôle qu'a joué Yan Jun, aucune information sur lui n'a été trouvée sur le NET. Paper Swodsmen de John Christopher Hamm est le seul document consulté qui mentionne son nom.
Note 19 : Les pages des feuilletons sont d'abord publiées en fascicule. Le format dit "Danxing ben" réunit une semaine ou deux de feuilletons. Le format Heding ben combine quant à lui 80 pages par volume.

Source : Paper Swordsman de John Christopher Hamm : Chapitre : 7 pp:181.

Note 20 : Cha a raconté qu'une fois en visitant une librairie il avait trouvé plusieurs exemplaires d'éditions pirates d'un de ses romans qui n'avait pas encore connu de publication officielle.
La pratique de la piraterie littéraire se pratique de multiples façons. Par exemple, des romans wuxia de Jin Yong sont publiés sous d'autres titres, des romans écrits par d'autres sont vendus avec le nom plus vendeur de Jin Yong, on retrouve même des pseudo suites.

Source : Paper swordsman : Chapitre: 7 pp: 181

 
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