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Louis Cha : la plume et l'épée
Les années 80 2/5 - Page 23
Infos
Auteur(s) : Yves Gendron
Date : 6/2/2019
 
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... et la chine va a jiN yong

Dès la fin des années 70, les réformes de Deng Xiaoping entrainent un assouplissement considérable du carcan dogmatique et autoritaire du régime communiste, avec une libéralisation relative tant au niveau social que culturel et une plus grande ouverture au monde extérieur (note 37).

Parmi les nombreuses conséquences de ces nouvelles orientations, il y a une renaissance artistique, littéraire et même filmique, de même qu'un engouement pour la culture populaire de Taiwan et de Hong-Kong désormais accessibles (note 38). Tout cela donne lieu à un nouveau mode de vie pour les chinois après trois décennies de communistes pures et dures. C'est dans ce contexte que l'œuvre wuxia de Jin Yong pénètre officiellement et ouvertement en Chine (note 39).

Des chinois dans la nouvelle ère des années 80 (note 40)

Après avoir été discréditée pendant des décennies sous le régime maoïste, la fiction wuxia fait un retour en Chine dès 1979. Il y en a trois sortes : les romans martiaux prérévolutionnaires notamment ceux dits de la vieille école qui sont réédités, les écrits d'auteurs de Chine Continentale contemporains et les œuvres d'auteurs de la diaspora chinoise, c'est-à-dire de la Nouvelle école, incluant  Jin Yong .

Les premières publications de Jin Yong connues sont Le Héros chasseurs d'aigle publié sous forme de feuilletons par le magazine Wulin à partir de 1980 et Le Livre et l'épée en 1981.

La diffusion des écrits de Jin Yong est d'abord limitée à la ville côtière de Guangzhou. Celle-ci se trouve tout proche de Hong-Kong et c'est une des villes qui bénéficie d'un régime socio-économique spécial qui est en fait une tête de pont pour des produits culturels importés de la diaspora. Ce n'est qu'à partir de 1985 que les romans de Jin Yong connaissent une diffusion officielle à l'échelle du pays.

Les romans de Jin Ying ont un succès mirobolant, ils dépassent en vente et de loin les romans wuxia locaux (note 41). Ils bénéficient de la popularité et de la réputation considérable déjà établie de l'écrivain non seulement auprès du public, mais également des maisons d'édition. Pour eux, publier un Jin Yong, c'est un bestseller garanti. Louis Cha a lui-même rapporté qu'un éditeur lui avait confié qu'en 1985 plus de 40 millions de livres dont il était l'auteur avaient été vendus. Toutefois, comme jadis dans la diaspora, le fléau du piratage littéraire opère à grande échelle et la plupart des publications des livres de Jin Yong se font sans l'autorisation et le contrôle de l'auteur. On publie même des faux Jin Yong, tellement son nom seul est vendeur. Un autre problème des éditions pirates est que comme la Chine Continentale possède un système d'écriture différent de celle de la diaspora (note 41) les textes de Jin Yong doivent être traduits et sont souvent remplis d'erreurs ou d'approximations.

Tout comme les Chinois de la diaspora jadis, les Chinois de la Chine Communiste sont durablement marqués par les romans de Jin Yong. Pendant plus de trois décennies, la littérature wuxia, comme toute forme de culture et littératures traditionnelles, était condamnée par le régime maoïste et la population était gavée d'une idéologie révolutionnaire dogmatique aliénante. L'accès à la fiction wuxia de Jin Yong donne à lire non seulement des récits d'aventures excitants, mais révèle une culture traditionnelle vibrante qui jusqu'à tout récemment était interdite et dévalorisée.

De plus, avec des héros chevaleresques faisant face à l'adversité et en valorisant tant la loyauté que l'amitié, l'œuvre de Jin Yong présentait une forme d'héroïsme réconfortant pour un lectorat profondément traumatisé par la calamité qu'avaient constitué les abus du maoïsme. On a même attribué aux romans le mérite de combler un vide moral subséquent à la Révolution culturelle.

Au-delà de l'engouement populaire, les romans de Jin Yong trouvent même grâce auprès d'une bonne partie de l'élite intellectuelle et littéraire de Chine. Malgré des préjugés profondément ancrés pour cette forme de fiction au sein de cette gent, nombre d'entre-eux reconnaissent des qualités d'écriture et de divertissement notable aux textes de l'auteur.

L'œuvre de Jin Yong a ainsi conquis la Chine Continentale tout comme la diaspora auparavant. Au-delà de leur origine, ce sont maintenant tous les Chinois qui sont unis dans leurs appréciations de l'écrivain et de ses romans.

 

Note 37 : Sources du sous-chapitre  : Paper Swordsman Chapitre IX page 227-232

Louis Cha : The man who united Chinese in the name of chivalry

Note 38 : La diffusion de la culture populaire dite « Gang Tai » (c'est-à-dire de Hong-Kong et Taiwan) a été rendue possible par l'accessibilité des chinois à la télévision, l'enregistreur sur cassette portatif et plus tard le magnétoscope. Parmi les importations Gang Tai les plus populaires, on retrouve les tubes de la chanteuse taiwanaise Teresa Tang, les films et les feuilletons de Hong-Kong et Taiwan de même que les romans de Jin Yong.

Note 39 : Comme le démontre l'exemple Deng Xiaoping lui-même, les livres de Jin Yong étaient connus et appréciés par certaines personnes connectées bien avant l'ouverture officielle du pays. Quelconques formes de reconnaissance positives étaient bien entendu hors de questions.

Note 40 : Sources des photos

Note 41 : De nouveaux écrivains wuxia originaires de Chine Continentale connaissent un grand succès des le début des années 80  : par exemple Nie Yunlan avec son feuilleton Yu Jiao Long propulse le journal dans lequel il est publié à deux millions de copies. Alors que le roman martial de Feng Yu'nan  : Jimen Daxia Huoyuanjia (Le Paladin de Tianjjin Huo Yuanjia ) se vend à plus d'un million de copies. Toutefois, même leurs réussites ne se comparent pas à l'engouement populaire rencontré par Jin Yong et ses collègues de la nouvelle école : Gu Long et Liang Yusheng .

Source : Paper Swordsman Chapitre : 9, page 230,

 
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