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Bruce Lee : sa vie, son oeuvre
Sa filmographie 1/6 - Page 5
Infos
Auteur(s) : Denis Gueylard
Yves Gendron
Date : 26/9/2004
Type(s) : Information
Critique
 
 Liens du texte  
Personnes :
Peter Chan Lung
Chang Cheh
Raymond Chow Man Wai
Han Ying Chieh
King Hu
Sammo Hung Kam Bo
Bruce Lee
Lee Kwan
Lo Wei
Ni Kuang
Run Run Shaw
James Tien Chun
Maria Yi Yi
Films :
Big Boss
Le Justicier de Shanghai
Au karaté, t'as qu'à réattaquer
La Fureur de vaincre
Le Frelon Vert
Vengeance !
Studios :
Golden Harvest
Shaw Brothers
Lexique :
Chambara
Kung Fu Pian
Wu Xia Pian
 
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Le film par lequel tout commença. Lorsque le film sortit à Hong-Kong le 31 octobre 1971, le succès fut foudroyant : 3,1 Millions de dollars HK. Le second meilleur résultat de l'année, Duel of Fists de Chang Cheh ne rapporta que 1,7 millions de dollars HK. Du jour au lendemain Bruce Lee devint la plus grande star de Hong Kong.

la génèse du film

La genèse de ce film ne s'est pas fait sans mal : de passage à Hong-Kong, Bruce Lee constate qu'il est devenu une célébrité locale grâce à la série Le Frelon Vert (The Green Hornet) jouée quatre années plus tôt et qui à été récemment importée en Asie du Sud-Est sous le titre de « The Kato Show ». Ayant essuyé quelques revers dans sa carrière d'acteur aux États-Unis, Bruce veut profiter de l'engouement local à son égard pour relancer sa carrière en Asie. Et quoi de plus naturel en ce début des années 1970 que de se tourner vers le studio Shaw Brothers, la Mecque du cinéma de Hong Kong à cette époque. Mais bien que le studio Shaw Brothers compte beaucoup de stars, aucune ne se démarque des autres et surtout Run Run Shaw, le directeur des studios, propose un accord que Bruce ne peut accepter : un contrat de plusieurs années ou Lee touchera des cachets peu élevés. Déçu par cette offre, Bruce Lee décide de retourner à Los Angeles. Entre temps, Raymond Chow, le directeur de production du studio Shaw, démissionna (il ne pouvait plus supporter les méthodes de travail de Run Run qualifiées par beaucoup de « Féodales ») et fonda son propre studio de cinéma, la Golden Harvest. Plusieurs mois après la proposition infructueuse de Shaw, Chow envoya une de ces associées l'ancienne actrice Liu Liang Hua (femme du réalisateur vedette Lo Wei) à Los Angeles proposer à Bruce un contrat en or comparé aux standards de l'époque : 15 000 dollars pour deux films. Raymond Chow est persuadé que Bruce Lee va se hisser au sommet et n'hésite pas à investir 500 000 Francs de l'époque pour le premier des deux films : The Big Boss. En cas d'échec, la Golden Harvest devra probablement fermer ses portes pour cause de faillite.

Habitué aux méthodes de production hollywoodienne, Bruce Lee est choqué par les techniques de travail hongkongaises qu'il juge primitives voire bâclées. C'est d'autant plus vrai le tournage a lieu non pas dans un studio bien équipé mais à Pak Chong, un petit village de Thaïlande, un lieu choisi à la fois pour réduire les coûts de production et donner une petite touche « exotique » au film. Le tournage commence le 24 juillet 1971 et les conditions de travail s'avèrent très vite éprouvantes : moiteur due à la mousson, moustiques, mauvaise nourriture et pour couronner le tout l'entente entre Bruce Lee et le réalisateur Wu Chai Wsaing n'est pas au rendez vous. Celui-ci est promptement remplacé par le propre époux de Liu Liang Hua, Lo Wei, un ancien metteur en scène de la Shaw « piraté » par Raymond Chow et maintenant le réalisateur vedette des nouveaux studio Golden Harvest. Malheureusement ce dernier, formé aux méthodes de tournage de Hong-Kong, ne s'entend guère davantage avec Bruce. Cette mésentente entre les deux hommes s'accentuera sur le tournage du deuxième film : La Fureur de Vaincre (Fist of Fury) .

Tant bien que mal, le tournage du film se termine. Toute l'équipe espère un succès. Le résultat dépassera leurs plus folles espérances et sera un tournant majeur dans l'histoire du cinéma de Hong-Kong. L'accueil dans les salles de cinéma est phénoménal : les spectateurs applaudissent tous, c'est l'hystérie collective.

Run Run Shaw a commis bon nombre d'erreurs durant sa carrière, celle d'avoir sous-estimé le potentiel du petit dragon, comme on le surnomma, fut certainement la plus grosse. Grâce à Bruce Lee, la Golden Harvest se hissa au sommet, prenant la place des studios Shaw. La légende était en marche.

 

le grand frere de chine

Et le film ? Big Boss est certainement le plus faible des films tournés par Bruce Lee et celui-ci y déplora beaucoup de choses qu'il améliora sur ses films suivants. Le scénario est certes simple mais n'en reste pas moins divertissant et surtout présente une particularité non négligeable qui sera présente dans tous ses films sauf La Fureur de Vaincre : l'histoire se place dans un cadre contemporain.

Chen Chau-Han arrive dans la banlieue de Bangkok et s'installe chez ses cousins dont le plus turbulent Hsui Chin (James Tien) se liera très vite avec lui .Travaillant tous dans une fabrique de glace dirigée par Monsieur Mi (Han Ying Chieh), ils le font rentrer dans cette entreprise qui va se révéler être une couverture pour un trafic de drogue. Après que des ouvriers disparaissent mystérieusement et que tout ses cousins seront tous assassinés, Chen va décider de mettre fin aux agissements de cette bande et surtout de leur redoutable chef.

Bruce, frère protecteur
Bruce le sauveur des opprimés

The Big Boss (titre chinois; Tang Shan Da Xiong, qui veut dire « Le Grand Frère de Chine ») marque le retour de Bruce Lee au cinéma de Hong-Kong après une absence de 12 années. Le scénario du film (écrit par Ni Kuan, mais probablement révisé par Lo Wei lui-même à qui le scénario est crédité), incorpore astucieusement à la fois le genre de personnage que Bruce jouait dans sa première carrière d'acteur de même que les raisons de son départ de Hong-Kong en 1959. Bruce se trouve donc à jouer un jeune loubard qui doit refaire sa vie ailleurs comme cela lui était vraiment arrivé à la fin des années 50. Enfant frondeur puis adolescent tourmenté dans ces vieux films, Siu Long (Petit Dragon) a certes vieilli mais il demeure ce même personnage trouble mais attachant. Excepté que maintenant il fait du kung-fu et quel kung-fu !

En effet ce qui frappe d'emblée, c'est non seulement le charisme sidérant de l'acteur, mais aussi sa façon de se battre d'une vivacité et d'une véracité alors tout à fait inédite et éblouissante.

Le chorégraphe du film, Han Ying Chieh (le chorégraphe attitré du réalisateur King Hu) qui interprète également le rôle de Monsieur Mi fait ample usage des figures de style et des trucages alors couramment utilisés pour le Wu xia pian Chinois ou le Chambara japonais tel l'usage du trampoline (qu'il a lui-même introduit au début des années 60) action aérienne, utilisation d'arme blanche et giclées de sang en pagaille. Mais même si Bruce n'était qu'un jeune nouveau venu faisant son premier film kung-fu il n'en est pas moins parvenu à imposer une grande partie de son style de combat kung-fu à la fois brut et tranchant ce qui avec sa présence filmique et ses expressions faciales exacerbées donne aux scènes de combat une intensité inouïe qui se démarque presque totalement du style de combat plutôt maniérer alors en cours à Hong-Kong. Détail révélateur lorsqu'une scène de combat ne faisait pas son affaire et qu'il ne parvenait pas à imposer ses vues, Bruce trouvait une manière de perturber le tournage (en perdant un verre de contact par exemple… Bruce étant myope). jusqu'à ce qu'on lui concède.

 

petit dragon se déchaine

Mais il faut attendre un bon moment avant que Bruce ne se déchaîne. En effet pour garder le spectateur en haleine, le scénario garde le Petit Dragon hors des combats pendant un bon moment et c'est l'acteur martial James Tien qui joue le héros bagarreur pendant la première moitié du film. D'ailleurs bizarrement ses combats semble plutôt mal chorégraphiés et lui-même paraît peu convaincant. Il joue bien son personnages cependant tout comme Han Ying Chieh en gangster immonde, Anthony Lau en bellâtre arrogant et meurtrier, Lee Kwan jouant le plus clownesque des cousins et la ravissante Maria Yi. A noter l'apparition fugace de Nora Miao en vendeuse de limonade que Golden Harvest cherchait à promouvoir en tant que vedette d'où son caméo tout à fait gratuit dans le film.


Le réalisateur Lo Wei entouré de ses acteurs

Bruce Lee est donc tenu en retrait durant la première moitié du film, mais son charisme de même que la fébrilité aiguë de ses expressions font qu'il demeure toujours le centre d'intérêt dans chaque scène où il apparaît. On sent bien que derrière sa façade timide il se retient difficilement et cela crée une tension tangible Finalement il explose lorsque les ouvriers chinois commencent à être battus par des hommes de main du patron. L'un de ces premiers coups le voit envoyer son pied droit sur le menton d'une brute jouée par nul autre que Peter Chan Lung qui fera plus tard sa marque dans les films de Sammo Hung. Une bagarre générale s'en suit dans lequel Le Petit Dragon se pose en défenseur des travailleurs exploités rossant les oppresseurs. Plus tard, ayant découvert que son patron est un trafiquant de drogue qui a éliminé certains de ses ouvriers trop curieux, Bruce devient la prochaine cible des fiers à bras meurtriers. S'en suit une scène d'une violence viscérale stupéfiante, où des poings, des coups de pied, des couteaux, une scie même virevolte de droite à gauche et où Bruce Lee n'est plus seulement un homme qui vend chèrement sa peau mais un véritable ange exterminateur. Pour le combat final, c'est le Big Boss lui-même que Bruce viendra confronter pour venger ses camarades et à nouveaux les coups de poing, de pied et de couteau volent bas.

Entre ces trois scènes de combat cathartiques le film s'attarde à montrer le coté humain et vulnérable de son héros pour bien monter qu'il n'est pas seulement une simple combattant. Ainsi après avoir rosser les hommes de main lors de la première bagarre, ses camardes et lui reviennent à leur cantonnement en faisant une petite danse victorieuse. Plus tard dupé par ses patrons, Bruce fait une sortie dans un bordel local et la gène, la honte qu'il ressent lorsque sa gentille petite cousine le surprend à cet endroit est des plus palpable. Finalement entre deux moments de rage c'est une peine profonde que Le Petit Dragon éprouve lorsqu'il découvre le sort tragique de ses amis lors d'une scène très triste au abord d'un ruisseau.

 

Le Big Boss est en bien mauvaise posture
Bruce Lee donne le coup de grâce à Lau Wing

Nul doute que le charisme de Petit Dragon et ses capacités martiales sont au cœur du succès populaire de Big Boss mais on peut aussi ajouter une autre raison cruciale. Jusqu'à maintenant dans les films d'art martiaux chinois, les héros de ces films étaient pour la plupart du temps des chevaliers d'un rang supérieur vivant à une époque plus ou moins reculée. Mais Big Boss se déroule non seulement dans un cadre contemporain mais parmi la classe ouvrière exploité et présente un héros très humain et très familier. C'est aussi pour cela que le public a autant été embarqué dans le film.

Film fauché, avec son quota de scènes racoleuses (la visite chez les putes) et au mélodrame larmoyant (mais efficace), Big Boss est souvent considéré comme un navet qui ne vaut que par la présence du Petit Dragon. Mais même si il est vrai que Bruce Lee est le principal intérêt du film, il n'en reste pas moins le film fondateur du phénomène Bruce Lee, certes inférieur aux autres Kung Fu Pian de l'époque (Vengeance !, Boxer from Shantung), mais qui présente des bonnes scènes de combat dont la scène de la scierie et le final contre Han Yingjie tiennent toutes leurs promesses.

 

la version integrale

A noter aussi que jusqu'à maintenant la version diffusée en France était une version coupée : quand Bruce Lee rend visite pour la première fois Han Ying Chieh dans sa villa, certains plans étaient manquants ou alors quand les deux hommes s'affrontent, Bruce Lee le tue mais dans la version intégrale il s'acharne sur son cadavre le martelant de coups de poings. Deux autres petit bout de scene semblent perdues à jamais car ne figurant même pas dans la version intégrale : la scène ou Bruce Lee est nu avec la prostituée et le célèbre changement de plan brutal dans la scierie ou Bruce plante une scie dans le crâne d'un de ses adversaires. Ces coupes ne changent rien à l'intrigue contrairement aux autres films ou certaines scènes manquantes ont plus d'importance.


La fameuse scène coupée de la scie impitoyable

Big Boss marque l'avènement de Bruce Lee mais n'est pas à proprement parlé un très grand film d'arts martiaux, simplement un bon divertissement qui repose sur le Petit Dragon et qui dans son ensemble s'avère assez sympathique.

 
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