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Réception du cinéma HongKongais en France
Le cinéma classique de Hong Kong (1970-1984) 1/3 - Page 3
Infos
Date : 11/2/2004
Type(s) : Reflexion
Analyse
 
 Liens du texte  
Personnes :
Robert Clouse
King Hu
Bruce Lee
Lo Wei
Ng See Yuen
Films :
Opération Dragon
La Fureur de vaincre
Le Jeu de la mort
Les Griffes de Jade
La Fureur du dragon
Studios :
Warner Brothers
Lexique :
Kung Fu Comedy
Kung-fu
Wu Xia Pian
Wu Xia Pian
 
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René Château

Avant de continuer et d'expliquer les raisons historiques et économiques qui a conduit cette étrange situation, rendons hommage à un homme qui a plus que tout autre personne, permis la distribution du cinéma de Hong Kong en France : René Château. Explications des faits.

A l'origine, le cinéma de Hong Kong ne pouvait pas intégrer un cinéma "officiel" dit de catégorie "A " et les grandes messes médiatiques (Cannes), car il était spécifiquement orienté vers le cinéma de genre (reconnu comme très violents) et le divertissement : Le Wu xia pian, le film de Kung-Fu, de karaté, les polars, les ghost story mais également l'opéra musical. Pendant longtemps, ce cinéma a été dénigré, critiqué, voire rejeté par la critique officielle car c'était avant tout un cinéma de genre, de catégorie "B" et "Z", essentiellement, destiné au marché local, voire asiatique. Peu de films de Hong Kong ont eu la chance d'être présenter dans notre pays ; de même très peu cinéastes ont eu les honneurs de ces grands festivals (King Hu reste la figure d'exception avec le film Touch of Zen premier film de HK primé en 1975 à Cannes, un festival international de prestige).

La passion de certains exploitants de salles ou d'un distributeur comme René Château a permis de découvrir (en salle puis plus tard en vidéo) la plupart ces sous produits. Il faut dire que ce distributeur s'était spécialisé dans un cinéma "déviant" pour connaisseur en soirée-bis et kitsch (essentiellement composé par des films italiens : Le western spaghetti (Sergio Corbucci), le gialo italien (Argento), le gore italien (Fulci), certains polars et certains péplum de seconde zone). Ce cinéma ne pouvait donc qu'intéresser des cinéphiles bien particuliers à la recherche d'une nouvelle curiosité et d'une nouvelle sensation. Il ne pouvait que s'intégrer dans le catalogue du distributeur (dont l'essentiel sera plus tard destiné aux marchés vidéo).. Sa première et importante contribution aura été de distribuer les films de Bruce Lee. Histoire d'une légende.


La légende du petit dragon

En trois ans (de 1970 à 1973) et avec seulement cinq films Big Boss de Lo Wei, La Fureur de vaincre de Lo Wei, La Fureur du dragon de Bruce Lee, Opération dragon de Robert Clouse et Le Jeu de la mort de Robert Clouse (sortie en 1978), Bruce Lee est encore aujourd'hui considéré comme un mythe. S'il y a un nom qui a le plus contribuait à la gloire, à la renommée du cinéma de Hong Kong, c'est bien Bruce Lee. Avec Marylin Monroe et James Dean, Bruce Lee demeure ainsi l'un des trois comédiens dont l'image et l'aura, plus de 30 ans après sa mort, est toujours intacte, vivante.

Dans un article consacré à Bruce Lee, Stéphane Lacombe (Journaliste du magazine HK Orient extrême cinéma, juin 1998 N°7 Page 52-53) explique les raisons de sa renommée, tout particulièrement en France. Outre son charisme et sa beauté, Bruce Lee est également à l'origine de l'émergence d'un nouveau genre cinématographique : le ciné-karaté. Rapidement, les distributeurs étrangers vont s'intéresser à ce nouveau phénomène, lassés par les médiocres résultats des films de Hong Kong, notamment Du sang chez les Taoïstes, le fameux Les Griffes de Jade de Ho Meng Hua et La dialectique peut-elle casser des briques ? (Sorties entre France entre 1971 et 1972). Lorsqu'on apprend la mort brutale de Bruce Lee, le 20 juillet 1973, le cinéma d'arts martiaux est sur le point d'exploser en Occident. Convaincu du potentiel commercial de Bruce Lee, René Château (à l'époque, il est également attaché de presse de Jean Paul Belmondo), élabore une stratégie de marketing qui va contribuer au succès de Bruce Lee en France. Dans la mythique salle que René Château a spécialement rénovée "le Hollywood Boulevard" , des milliers de spectateurs se ruent chaque soir pour assister aux aventures du "petit dragon ". Ainsi en 1974, La Fureur de vaincre finit sa carrière avec prés de 500 000 entrées (autant que Opération dragon mais lui distribué par la Warner Brothers). René Château a donc gagné son pari et va, à l'avenir devenir le distributeur le plus important du cinéma de Hong Kong en France. Il imposera notamment avec succès les Kung Fu comedy de Jackie Chan.


Les clones de Bruce Lee

La mort prématurée de la star Bruce Lee a laissé un trou énorme dans l'industrie du cinéma de Hong Kong et les exploitants et les distributeurs essayent par tous les moyens de capitaliser le succès foudroyant du ciné-karaté. Tout le monde a conscience que sans "le petit dragon" comme détonateur, l'industrie de Hong Kong n'aurait jamais connu un succès public aussi fulgurant. Il faut donc coûte que coûte chercher l'acteur, le genre qui incitera les gens à se déplacer en salle. L'industrie va donc miser sur deux genres cinématographie la Kung Fu Comedy (dominés par les chorégraphes acteurs Jackie Chan, Samo Hung et Yuen Biao) et le "Fake-Bruce-Lee-Flick" (Les clones de Bruce Lee).

Intéressons-nous, tout d'abord, à ce sous genre aussi rapide qu'éphémère qu'a été les clones de Bruce Lee. Malgré la mort de Bruce Lee en 1973, la mode reste au film de Karaté et au film de Kung Fu, (le public s'est en effet depuis peu lassé par le Wu Xia Pian et autre film d'opéra) et les distributeurs vont, de manière évidemment opportuniste et mercantile, exploiter le mythe de Bruce Lee pour le compte de quelques producteurs qui sentent le précieux filon. Ainsi dans une période très courte (de 1974 à 1980), les films du faux Bruce Lee vont inonder le marché mondial de la distribution comme le confirme l'acteur Jackie Chan lors d'un entretien avec le magazine HK "A cette époque tout le monde voulait trouver le nouveau Bruce Lee. Evidement, Lee a fait beaucoup pour la reconnaissance du cinéma de Hong Kong à travers le monde. Mais ses clones ont envahi les écrans et saturé le marché. Il y en avait des centaines : Bruce Le, Bruce Lai, Bruce Leung etc.. C'était n'importe quoi ! (…) Le public n'était pas dupe et ces films ont tous été des flops."

Voici quelques titres assez représentatifs de ce 'style' de film : Bruce Lee- The true story en 1976 de Ng See Yuen, Bruce Lee en Nouvelle Guinée, Bruce Lee contre Superman, La Résurrection du dragon, Bruce Lee, dragon fight, Le trésor de Bruce Lee réalisé par Joseph Kong et initié par le producteur français André Koob. Ces titres sont assez représentatifs de la qualité de ces films, dignes de faire partie de l'almanach du cinéma bis. Ces titres de films résument parfaitement l'impasse dans laquelle se trouvaient les producteurs, les distributeurs et bien entendu les exploitants de salle. Sachant pertinemment que cette mode était vouée à disparaître, ils ont capitalisé sur le nom de Bruce Lee (il existe même un film qui s'intitule Les Clones de Bruce Lee) le plus rapidement possible avec une hystérie unique dans le cinéma. Selon le magazine HK Orient Extrême Cinéma, (de juin 1998 N°7 Page 93), il existerait plus de 200 films sur une période de six ans. Cette frénésie ne s'achèvera qu'au début des années 80, les producteurs ayant compris qu'il fallait passer à autres choses.

Néanmoins, ces films vont continuer pendant un certain temps à alimenter les réseaux de distribution de l'étranger (jusqu'en 83,84), comme Le Cascadeur chinois Deho Cheung Do avec Bruce Li, Combat de rue de et avec Bruce Le, Dragon d'or contre serpent d'argent de Godfrey Ho avec Dragon Lee, Jackie et Bruce défient le maître du Kung Fu et vont faire les beaux jours de la vidéo. Bien entendu, la plupart de ces titres étaient purement méprisés par la critique, ce qui est logique vue leur médiocrité. Voici quelques exemples de remarque qu'on pouvait trouver dans la presse.
Yves Alion écrivait (dans La Saison Cinématographique en 1983 page 55) à propos de Contrat pour la mort de et avec Bruce Le : "Si Contrat pour la mort se situe à un niveau légèrement supérieur au nullissime de Combat de rue, son précédent film, on nage toujours dans une médiocrité inadmissible".
Concernant Dragon d'or contre serpent d'argent Yves Alion écrivait (page 68) ceci : "Dragon d'or…par ses aspects soporifiques se situe dans la moyenne générale du cinéma de Kung Fu. (…) Il est vrai que les orientaux n'attachent pas autant d'importance que nous à la nouveauté et qu'ils n'ont aucun remords à montrer le même film. "

Le fait que la production du cinéma de Hong Kong ne se réduise qu'à ce type de film ne pouvait que créer une lassitude exaspérante de la part des critiques, reprochant à la plupart de ces films une mise en scène médiocre, la faiblesse et le peu de renouveau des sujets et un sentiment de massification. Yves Alion a d'ailleurs clairement manifesté son hostilité dans un compte rendu sur la saison du Kung Fu en France (La Saison Cinématographique, page 10) : "La grande majorité des films de Kung Fu, qu'ils se situent à une époque révolue ou qu'ils s'inscrivent dans un cadre contemporain, se répètent les uns les autres à l'infini. Tant que les cinéastes de Hong Kong ne parviendront pas à trouver davantage d'idées neuves tant sur le plan du scénario que sur le plan de la mise en scène, les films de Kung Fu n'intéresseront guère que les aficionados." Le cinéma est donc logiquement ghettoïssé, et son exploitation se limite aux circuits de cinémas de quartier, des salles spécialisées, telle la salle du Rex à Paris (Le mythique film de Tsui Hark Zu, les guerriers de la montagne magique fut projeté dans une salle comble au Rex pendant le festival du film fantastique de Paris en 1984) ou celle de René Château et seuls des festivals aussi ciblés qu'Avoriaz et Paris se risquaient à projeter quelque titres de Hong Kong.


10 Peu de films asiatiques ont obtenu une récompense à un festival : citons de mémoire 'Center Stage' (1991) de Stanley Kwan Ours d'or pour l'interprétation (pour Maggie Cheung) au festival de Berlin, 'Happy Together' (1999) de Wong Kar Wai, prix de la mise en scène à Cannes et le récent 'In the mood for love' (2000) de Wong Kar Way avec le prix d'interprétation masculine pour Tony Leung Chi Way et le prix de la commission supérieur et technique. Notons la sélection au festival de Cannes en 82 du film 'Boat People' de Ann Hui.
11 Comme le confirmera Olivier Assayas lors d'un entretien avec les Cahiers du cinéma 'Made in china' page 6 : " Les choses sont venues d'un goût pour le cinéma populaire, qui n'avait pas le droit de citer aux cahiers ".
12 Il existe bien entendu d'autres salles dit de "cinéma de quartier ". On retiendra celle du Barbés ou encore celle du Trianon ; de plus selon Assayas "il était possible de voir dans le quartier chinois du 13ème arrondissement des films très récents qui s'adressaient à la communauté chinoise " Cahiers du cinéma Hors série Made In china Page 10.
13 HK Orient Extrême Cinéma, mars 1999 N°10 Page 58-59.

 
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