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Interview avec Arthur Wong, chef op'
Du clap à l'assistant cameraman 1/1 - Page 1
Infos
Auteur(s) : David Vivier
Thomas Podvin
Date : 12/1/2005
Type(s) : Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Gordon Chan Kar Shan
Jackie Chan
Peter Chan Ho Sun
Bruce Lee
Bey Logan
Tsui Hark
Arthur Wong Ngok Tai
Barbara Wong Chun Chun
Films :
Beast Cops
Infernal Affairs II
Painted Skin
Truth Or Dare : 6th Floor Rear Flat
Ultraviolet
Les Seigneurs de la guerre
Studios :
Golden Harvest
Shaw Brothers
 
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Page 2 : A la vitesse du Kung Fu


Il y a quelque temps, lors d'une de ces soirées douces d'hiver à Hong Kong, nous avons diné avec la réalisatrice Barbara Wong et le producteur Bey Logan dans un de ces restaurants à la mode du côté de Central. Là, nous avons rencontré le "sifu", Arthur Wong (sans rapport avec Barbara). Barbara a insisté très fortement : on se devait d'interviewer Wong, l'un des meilleurs directeurs de la photographie à HK, un maître dans son genre, et aussi le producteur du film Truth or Dare. Arthur Wong est un homme très interessant, versatile, autodidacte, et experimenté dans la cinématographie. Il a énormément filmé, des films de Jackie Chan et Tsui Hark et les récents Ultraviolet, le dernier film de Peter Chan, The Warlords et le dernier Gordon Chan, Painted Skin.

Nous sommes donc allés visiter Wong chez lui quelques jours plus tard, attirés par ce personnage singulier et aussi impatients d'en savoir plus. Beaucoup de gens connaissent Wong comme le méchant à l'écran, le patron des triades dans les films comme Beast Cops ou Infernal Affairs 2. Ceci dit, en personne Wong est chaleureux, rit toujours à gorge déployée et est amical. Il nous a accueillis dans son chez lui et nous a montrés sa collection de trophés et palmes, modestement rangés sur quelques étagères. Ces objets résument à eux-seuls une carrière couronnée de succés qui s'étend sur plus de trois décennies.

Considéré comme le Grand Frère par la plupart des équipes techniques dans l'industrie du film, à l'instar de Jackie Chan, Wong travaille également dur pour améliorer les conditions de vie des techniciens locaux sur les plateaux et pour moderniser l'art de la cinématographie à Hong Kong. Il a organisé des séminaires pour les chefs opérateurs locaux (souvent appelés les DPS ou Director of Photography ou directeurs de la photographie), a apporté de nouvelles techniques et des équipements à l'ancienne colonie britannique et s'est battu pour obtenir de meilleures conditions de travail pour les équipes techniques. Il est aussi le président de la Hong Kong Society of Cinematographers.

Wong a une bonne mémoire et se souvient de chaque détails et anecdotes. Dans l'entretien ci-dessous, nous abordons en long et en large la carrière de Wong, qui possède un ètrange parallèle avec l'histoire du cinéma de HK et le développement de nouvelles techniques pour les chefs opérateurs, et ce depuis les années 1970. L'on en profite pour commérer un peu sur Jackie Chan et Tsui Hark.

En raison de manque de temps et de problèmes techniques, nous avons été incapables de publier cette interview plus tôt. Nous nous en excusons auprès de M. Wong, qui nous a offert les moments les plus mémorables de notre séjour à Hong Kong en 2005.

Du clap à assistant cameraman

HKCinemagic : Comment avez-vous débuté dans l'industrie du film ?
Arthur Wong : Je n'avais que 17 ans en 1972 quand je suis entré dans ce business et j'en ai 49 cette année. C'était il y a plus de 30 ans. En fait, mon vieux était un cameraman réputé dans les années 1950. [Mais] je ne sais pas pourquoi, lorsque j'étais jeune, je n'avais aucun intérêt pour la photographie. J'aimais simplement regarder des films. A chaque fois que j'avais de l'argent de poche j'emmenais mes deux petits frères au cinéma pour voir les films qui passaient après les heures d'affluence. Le prix était bas et c'étaient tous des films étrangers. A cette époque j'étais vraiment jeune et ne comprenais pas les sous-titres. Mais j'adorais aller dans une salle obscure avec une foule, cela me transportait dans un autre monde dans lequel je me laissais aller volontiers. [Les films m'apportaient] ce genre d'émotions.
Au final, mes deux petits frères sont entrés dans cette industrie. Le premier travaille comme réalisateur à la télévision, sur la plus grande chaîne, la TVB, et il a travaillé à la télé pendant 20 ans. Et le second est aussi un cameraman et un réalisateur.

Moi, j'ai travaillé pendant près d'un an en extérieur sur le tournage d'un film local. J'ai eu ce travail grâce à mon père. En ce temps-là, nous n'avions aucune école de cinéma à HK. Après un an, je suis parti travailler sur une production internationale. Il y a eu une époque, suite à Bruce Lee, où les équipes de tournage internationales venaient toutes à HK faire des films de kung fu. Et j'étais uniquement responsable de charger la pellicule dans la caméra. Cela m'a vraiment attiré vers la production car je sentais que je faisais parti d'une vraie équipe.

A cette époque dans les années 70, les équipes de films locaux ont abandonné l'idée du son synchrone car ils pensaient que les caméras utilisant cette technologie étaient trop grandes et le temps de préparation et de mise en place trop long. Donc on utilisait une petite caméra 2C, un support et un trépied. L'on pouvait la monter d'une main. N'importe qu'elle mise en place était très rapide à faire.

Donc une fois accoutumé aux productions internationales, j'étais très motivé car le directeur de la photographie faisait des éclairages très précis et quand on tournait tout le monde restait très silencieux et était emporté par l'atmosphère de la scène. Cela a developpé considérablement mon goût pour le cinéma. Ensuite je suis entré à la Golden Harvest, pour une année en tant que second-assistant caméraman. Puis j'ai travaillé sur deux productions internationales, qui étaient des co-productions entre la Golden Harvest, l'Australie et l'Amérique.

Après une année, l'assistant de mon père voulait que je l'aide et que je travaille avec lui. Mon père travaillait pour la Shaw Brothers à l'époque, le plus grand studio de HK, qui produisait plus de 130 films par an. Je n'aimais pas travailler avec mon père. Même si j'ai été promu au poste de cameraman, les gens disaient que c'était grâce à mon père.

Après cela, un vieux producteur qui était mon oncle est venu me dire : "Peu importe que tu suives ton père pour avoir du succès, ce qui compte c'est que tu crois en toi-même, et tu pourras alors avoir le succès que ton père a. Il se fait vieux maintenant. Si tu peux lui donner un coup de main et lui rendre la vie plus facile, alors il pourra continuer à travailler plus longtemps." C'est ce qu'il a dit. A la Shaw Bros, on a beaucoup d'opportunités. A l'époque, il y avait 15 à 16 membres dans l'équipe des cameramen. Mon oncle m'a dit : "Si tu as confiance en toi, il y a de grandes chances pour que tu deviennes cameraman ici."

J'ai donc sauté le pas et suis allé à la SB et ai reçu un accueil royal. Cette année-là, ils avaient changé leur mode de recrutement à la SB. Avant, les cameramen voulaient toujours choisir eux-mêmes leur assistants [contractuellement]. L'année où je suis entré à la SB, ils ont changé leur système. Aucun cameraman ne pouvait choisir son propre assistant. C'était une chance pour moi. J'ai bossé sur 13 films en 13 mois (rire) [Arthur Wong a pu grâce à cette réforme travailler avec plusieurs cameramen et ne pas être assigné à un seul, ndlr]. Au début, j'espérais avoir la chance de pouvoir tous les assister.

Mon look d'assistant était bien différent de celui des autres. Aujourd'hui, on peut voir l'assistant cameraman porter beaucoup d'outils [à la ceinture], mais à l'époque les choses étaient moins compliquées. Un assistant cameraman avait juste un papier à objectif dans la poche de sa chemise et rien d'autre. Tout le reste était simplement posé derrière le trépied de la caméra. Comme j'avais travaillé sur des productions internationales, j'ai beaucoup appris et j'avais l'air différent et sortait du lot [en comparaison avec les autres assistants des productions locales, ndlr]. Donc tous les cameramen me voulaient dans leur équipe. Certains d'entre-eux étaient des amis de mon père. D'autres avaient entendu dire que j'avais travaillé sur des productions internationales. Ils voulaient tous me rencontrer pour voir ce que je pouvais faire pour eux.


Wong mesure l'exposition sur le tournage de The Warlords, avec l'actrice Xu Jinglei

La façon dont les choses marchent en occident est très différente de notre mode de fonctionnement ici. A l'Ouest, seul le chef opérateur a le droit de mesurer l'exposition avec le luxmètre. Mais ici, l'assistant mesure l'exposition pour le cameraman et lui fait un compte-rendu sur l'éclairage de la scène. Donc j'étais d'une grande aide [pour les chefs op de HK]. Ils me faisaient confiance pour mesurer plus de choses, comme les contrastes. Et ils m'appréciaient beaucoup. Depuis lors, j'ai toujours eu un traitement royal [de leur part].

A un moment, je n'ai pas dormi pendant 7 jours et 7 nuits. J'étais sur 4 unités de production (soit 4 films) en permanence. Donc tous les jours j'avais 2 ou 3 unités en tournage au même moment. Si je pouvais m'occuper des équipes A et C en même temps, je le faisais et j'embauchais quelqu'un pour couvrir l'équipe B pour moi. Puis je disais à tous les cameramen que j'étais déjà sur 3 tournages et ils répondaient : "C'est pas grave, untel travaille avec moi pour l'instant. Pour les grosses scènes, on t'appellera et tu viendras, OK ?"

 
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