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Interview de Clement Cheng : Gallants
Sur le plateau de tournage 1/1 - Page 3
Infos
Auteur(s) : Thomas Podvin
Date : 1/6/2011
Type(s) : Interview
 
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Films :
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Masterclass: Parlez-nous de la pression sur le plateau et des contraintes extérieures.
Clement Cheng: Il y a toujours un tas de contraintes extérieures qui vous empêchent de faire ce que vous voulez faire. Parce qu'ils ne savent pas ce que vous faîtes. Je suis le seul à savoir, avec mon co-réalisateur. Tout ce qu'on peut faire, c'est de s'y adapter. Plus il y a de pression, et plus il y a de contraintes, plus votre créativité est stimulée. Si vous êtes complètement libre, vous n'arrivez à rien faire. C'est comme une boîte: vous êtes enfermés dedans et vous essayez d'en sortir.

Peter Chan m'a dit un jour que lorsqu'un réalisateur de HK se rend à Hollywood, les hongkongais l'admirent, et lorsqu'il va au Nord, en Chine, c'est un vendu. Mais ce n'est pas vrai : vous devez faire beaucoup de compromis quel que soit l'endroit, à Hollywood ou en Chine. Il s'agit simplement d'être suffisamment créatif, suffisamment malin pour contourner les obstacles et atteindre vos objectifs. Peter Chan a fait deux films à Hollywood et cinq en Chine. Il m'a dit que c'est finalement plus difficile, qu'il y a plus de règles à suivre à Hollywood qu'en Chine, et ceci malgré la censure qui est beaucoup plus présente en Chine. Il m'a dit avoir eu beaucoup de liberté malgré ces circonstances.

C'est vraiment le bordel pour faire des films à HK, parce que les gens de HK, c'est typique, sont tout le temps en train de gueuler. J'ai écrit un scénario et il y a un scénariste reconnu, c'est lui qui m'a crié dessus en salle de conférence pendant cinq heures. Sur chaque page, chaque phrase, il disait « c'est de la merde », ou me traitait de « fou » ou « d'immature ». Pendant cinq heures. J'ai vraiment douté de moi-même. Après ces cinq heures, le réalisateur est arrivé. Nous étions amis avant mais là ça devenait tendu. Il m'a demandé si je voulais toujours être son assistant-réalisateur. Si j'avais suivi ce que je ressentais, j'aurais dit non. Parce que je n'avais pas envie de me retrouver là à me faire gueuler dessus chaque jour. J'aurais pu être ailleurs en train de boire un verre.

Tout le monde voulait s'en aller. Personne ne savait ce qui allait se passer mais j'ai voulu rester. Ironiquement, ils ont engagé un autre scénariste, à qui il a fallu un mois pour réécrire le script. Et après cela, je suis redevenu le scénariste attitré car le producteur avait lu les deux versions et pensé que la mienne était meilleure.

Et si je n'étais pas resté, je ne serais plus scénariste ni réalisateur aujourd'hui.

 
Masterclass: Aviez-vous des connaissances ou de l'expérience pour devenir un directeur artistique?
Clement Cheng: Pas tellement. A HK, c'est un peu bizarre car il n'y a pas de système en place, c'est le chaos. Tout le monde touche à tout. Si on est assistant-réalisateur ou superviseur du script, on se retrouve à se mêler de tout. On apprend les choses au fur et à mesure. J'ai été assistant réalisateur sur deux ou trois films et superviseur du scénario sur un film. Il faut apprendre sur le tournage et ne rater aucune opportunité d'être sur le plateau et de regarder les gens travailler, voir comment le film est fait. C'était le mieux que je pouvais faire. J'ai été réalisateur-exécutif sur deux films. Je n'étais pas au générique et pas payé, mais j'ai appris beaucoup. Ceci dit je crevais de faim et je ne pouvais pas payer mon loyer.
 

Pression sur le plateau

 
Masterclass: Pouvez-vous nous parler des différences d'éthique de travail entre le Canada et Hong Kong? J'imagine que vous êtes plus productifs à HK?
Clement Cheng: En effet, parce qu'à HK les gens ne sont pas traités comme des êtres humains; c'est pour cela que c'est productif. C'est comme de l'esclavage. Mais c'est la dernière chose que je souhaite infliger à mon équipe. Je n'aime pas ça moi-même, donc j'ai vraiment essayé de ne pas faire ça, et de ne pas crier sur les gens. Mais, de manière amusante, sur le plateau de Gallants, le premier jour, la première chose qu'ont dit les techniciens en nous voyant Derek et moi, c'est « Merde, c'est encore ces deux types-là ».
 
HKCM: Ils ne savaient pas que vous étiez les réalisateurs?
Clement Cheng: Si, si. Et ils ont dit, « Nous n'avons pas de pauses déjeuner et dîner; mangez en dehors des heures ». Le jour de tournage le plus court a du durer 18 heures, le plus long 30 heures. Ils se disaient « Merde, pas eux encore ». Mais j'ai essayé de les traiter avec respect. Ça s'est passé de cette façon parce qu'on n'avait pas assez d'argent, mais nous avons quand même payé les heures supplémentaires.
 
Masterclass: Si vous aviez eu plus de 18 jours pour tourner Gallants , en quoi le film aurait il été différent?
Clement Cheng: Il aurait été naze. Si vous êtes bombardés de problèmes, de difficultés, harcelés par des gens qui essaient de vous arrêter - c'est alors que vous pouvez vous révéler et donner le meilleur de vous-même. Si vous avez un budget illimité et autant de temps que vous voulez, ça devient du délire. D'un autre côté, je n'aimerais pas faire mon prochain film en 18 jours. Qu'on m'en donne 30.
 
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