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Interview Julien Carbon, Laurent Courtiaud : Les Nuits Rouges du bourreau de Jade
Production du film 1/1 - Page 3
Infos
Auteur(s) : Léonard Aigoin
Van-Thuan LY
Date : 28/4/2011
Type(s) : Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Frédérique Bel
Carole Brana
Edison Chen Koon Hei
Chu Yuan
Hou Hsiao Hsien
Jack Kao Jie
Law Kar Ying
Carrie Ng Kar Lai
Maria Ozawa
Betty Pei Dee
Kit Wong
Edward Yang
Films :
Ai Nu, esclave de l'amour
Naked Killer
Studios :
Shaw Brothers
 
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« Quant à Carrie Ng, le film était conçu pour elle depuis le début. »

 
Production
HKCinemagic : Comment a été montée la production du film ?
Julien Carbon : On a monté notre propre compagnie de production pour produire le film, avec un investisseur privé qui nous a suivis. Mais très vite, pendant qu'on était en train de commencer à penser à notre premier projet, on a discuté avec celui qui allait devenir notre producteur français, Alexis Dantec de The French Connection, qui nous a proposé de faire une coproduction. Ce qui était intéressant pour nous car ça permettait de doubler le budget. Et comme on n'avait pas encore commencé l'écriture, ce n'était pas difficile après, ce n'était pas comme si on devait intégrer des personnages français dans notre histoire. Cela nous permettait de savoir dès le début où on allait.

A partir du moment où Alexis Dantec est entré dans la formule, il s'est occupé de tout ce qui concerne la partie française. Des acteurs et des techniciens français sont venus à Hong Kong : le preneur de son, le perchman, le monteur, les deux actrices françaises. Il s'est aussi occupé de toute la post-production, qui s'est faite en Belgique. Pour le reste, toute la fabrication du film à Hong Kong, c'était à notre charge. Entre les premières discussions et le début du tournage, il s'est passé à peu près un an, un peu moins d'un an même. C'était assez rapide, parce qu'on avait déjà le budget du côté hongkongais. On avait Carrie Ng avec nous aussi.

 
Casting
« Au début on avait pensé à Maria Ozawa, parce qu'elle est assez charmante. Et puis on l'a rencontrée ; ce n'était pas très satisfaisant… »
 
HKCinemagic : Justement, concernant le casting, avez-vous eu tous les gens que vous vouliez ?
Julien Carbon : Oui, sauf le personnage qui est joué par Frédérique Bel à l'arrivée. Au départ, on ne l'avait pas écrit pour elle, mais pour une autre actrice, Marina Foïs. Mais Marina venait d'accoucher. On a dû re-caster assez rapidement, peu de temps avant le tournage. On ne voulait pas que la production soit repoussée. On a rencontré plusieurs actrices. Puis on a choisi Frédérique Bel.

Sinon, Jack Kao, on voulait travailler avec lui depuis longtemps ; on le connait bien. Ce n'était pas trop difficile de l'avoir. Quant à Carrie Ng, le film était conçu pour elle depuis le début. On en a parlé avec elle depuis déjà longtemps. Dans toutes les différentes histoires qu'on avait pu écrire avec l'idée de passer à la réalisation il y avait toujours un rôle pour elle, parce qu'elle est une de nos idoles.

 

Carrie Ng, l'idoles des réalisateurs.
© The French Connection

 

Laurent Courtiaud : Pour le rôle tenu par Carole Brana, on voulait une jeune actrice française. Elle commençait un peu à être connue. On l'avait vue, elle nous plaisait bien. Au moment où on allait s'orienter vers elle, elle venait d'avoir le premier rôle dans un film de Jean-Claude Brisseau. Elle était « bankable » pour la production. C'était bon pour nous.

Julien Carbon  : Juste une anecdote : pour le rôle tenu par Tulip, on avait au début pensé à Maria Ozawa, une autre Japonaise. On voulait une actrice du X. On voulait une Japonaise, d'abord pour le contraste, ensuite parce qu'on tournait à Hong Kong et les jeunes actrices hongkongaises n'acceptaient pas d'être nue, surtout depuis l'affaire Edison Chen. Cette affaire a un peu refroidi les esprits ! Et puis le marché s'orientant de plus en plus vers la Chine Populaire, et avec la censure, les actrices de Hong Kong font très attention à leur image de marque : être nue dans un film c'est prendre le risque d'être qualifiée de mauvaise fille. Celles qui acceptaient de le faire, parce qu'elles ont déjà commencé dans le Category III (il y en a de moins en moins, d'ailleurs), étaient vraiment trop vulgaires pour le rôle.

Quand on voit la fille dans la première séquence, elle est relativement « pure ». On n'imagine pas tout de suite en la voyant quelle est la relation entre les deux femmes, et où ça va aller. Donc au début on avait pensé à Maria Ozawa, parce qu'elle est assez charmante. Et puis on l'a rencontrée ; ce n'était pas très satisfaisant. On a vu qu'elle avait été beaucoup abîmée par son travail, il faut le dire malheureusement. On l'avait rencontrée à Macau où elle était en tournée. Elles n'ont pas une vie facile, ces actrices…

 

Une des vidéos de Kotone Amamiya

 

On a continué à chercher. Quand on a vu Kotone, qui est aussi une actrice de porno, elle était toute frêle toute mince. Elle avait ce côté complètement innocent, juvénile. C'est pour ça qu'on a pensé immédiatement à la rencontrer. On lui a ajouté ces cheveux, donné cet air de danseuse un peu fantomatique.

Oui, on a pratiquement eu tous les gens qu'on voulait. Quant à Frédérique Bel, ça s'est décidé très vite, au dernier moment. Il nous fallait une actrice blonde, graphique. On avait écrit le rôle pour Marina Foïs, mais déjà une Marina comme on ne l'avait jamais vue – mais que nous on l'a déjà vue en la fréquentant. En tout cas pas au cinéma, au théâtre un peu, dans des pièces très dures qu'elle avait jouées. Un look très BCBG, avec le chignon, qui rappelle Françoise Dorléac.

 

Françoise Dorléac

 

Laurent Courtiaud : Il nous fallait une actrice qui puisse rentrer dans ce moule-là, qu'elle soit libre et qu'elle soit approuvée par la production de Canal Plus, qui a fourni une partie du financement. Frédérique Bel est venue au casting habillée années 60. Elle a ce côté Occidentale dessinée par Tezuka : le nez pointu, de très longues jambes, le côté gracile des demoiselles françaises. Comme ça allait être un mélange entre un archétype du cinéma occidental et un archétype du cinéma asiatique, c'était amusant qu'elle soit aussi une représentation du fantasme d'Occidentale dans les yeux des Asiatiques.

 

 

Frédérique Bel, une représentation du fantasme de l'Occidentale
à travers les yeux des Asiatiques.
© Crédit Photographique - Morgan Ommer.

 

HKCinemagic : C'est vrai qu'il y a un vrai mélange des comédiens dans le film, pas seulement parce qu'il y a des actrices occidentales et des acteurs asiatiques, mais aussi un mélange des comédiens de différentes générations. Comment s'est passée la collaboration sur ce plan ?
Laurent Courtiaud : La présence de différentes générations d'acteurs ne changeait pas grand-chose, à vrai dire. Stephen Wong (Wong Cheung-Hing) et Maria Chen viennent de la TVB, c'est un apprentissage très dur, très rigide, dans la tradition de la Shaw Brothers. Ils font beaucoup de séries télévisées, on leur apprend à chanter, à danser, on leur apprend un peu les arts martiaux. Ils sont donc habitués à travailler très dur. Ils connaissent aussi leur position, leur place ; ils ont beaucoup de respect pour les acteurs plus expérimentés. En échange Carrie Ng ou Jack Kao, qui ont une longue carrière, ont été adorables ; ils ont été bienveillants avec eux.

Julien Carbon : Jack Kao a par exemple beaucoup aidé Stephen dans la scène où celui-ci se faisait casser la gueule - ceci dit, iI lui a vraiment tapé dessus !

Maria et Stephen, de par leur formation à la TVB , sont des gens très précis, très professionnels. Stephen, qui ne connaissait pas l'opéra cantonais, a suivi pendant trois semaines une formation très intense [auprès de Law Kar Ying]. Ils sont déjà dans le moule du grand professionnalisme des acteurs de Hong Kong ; c'était très excitant pour eux de se frotter aux gens de la génération précédente. Il n'y a vraiment pas eu de problèmes, globalement.

 
La grande Carrie Ng

« On pensait que Carrie n'avait pas eu un rôle où elle pouvait justement se mesurer à la légende de (Betty) Pei Dee. »

 
HKCinemagic : On sent que vous avez pris plaisir à filmer Carrie Ng. Comment s'est passée la collaboration avec elle ?

Julien Carbon : En fait, on la connaît depuis longtemps. Notre partenaire dans la compagnie, Kit Wong, qui a produit le film, la connait très bien aussi. Comme ce qu'on disait précédemment, on a toujours voulu écrire pour Carrie. On la rencontrait souvent. On a évoqué l'idée de travailler ensemble. Ce film était un projet conçu autour d'elle. On adore sa carrière. Mais en dehors de Hong Kong, elle est peut-être plus connue pour ses films de Category III, comme Naked Killer; ce n'est pas forcément ces films qu'on aime le plus, parce que le traitement de Carrie y est assez vulgaire.

Il y avait une chose assez troublante, c'est que Naked Killer était une sorte de semi-remake de Intimate Confessions of a Chinese Courtesan de Chu Yuan. Il y avait déjà un écho du personnage de Betty Pei Dee dans son personnage. On comparait souvent Carrie à Pei Dee. On pensait que Carrie n'avait pas eu un rôle où elle pouvait justement se mesurer à la légende de Pei Dee. On voulait qu'elle soit magnifiée, qu'elle soit rendue très belle, qu'elle soit la reine du film. On a conçu le film pour elle, autour d'elle. On a conçu d'abord sa silhouette. On s'est beaucoup parlé. Elle s'est très vite fondue complètement dans le personnage ; elle a compris ce qu'on voulait faire. Elle a joué le rôle relativement proche de ce qu'on souhaitait. A la différence des films qu'elle avait faits, dans ce genre-là, on lui a demandé d'être un peu moins grandiloquente – ce qui est souvent le cas dans les Category III. On lui a demandé de « sous-jouer », mais ça elle l'a compris très vite. On avait longuement discuté de ça avec elle. Tout de suite, elle a été parfaite !

 
HKCinemagic : On a l'impression qu'elle écrase tous les autres personnages dans le film.
Laurent Courtiaud : Oui ! C'est l'héroïne du film.
 

Carrie Ng dans Naked Killer (1992)

 
Actrices françaises
HKCinemagic : Comment les actrices françaises ont vécu l'expérience du tournage ?
Julienn Carbon : Carole Brana et Frédérique Bel étaient très contentes de l'expérience. Les conditions de travail à Hong Kong sont quand même très difficiles. On y travaille 15 heures par jour [sur un tournage], alors que c'est 9 en France. Ça a été très difficile pour elles. Mais de voir le résultat, de voir que le film était mieux photographié que l'ensemble de la filmo de Frédérique Bel à ce jour, et de celle de Carole…
 
HKCinemagic : Vous semblez sous-estimer les films d'Emmanuel Mouret ! (rires)
Julien Carbon : Mais non, on l'aime beaucoup, il est très bien. Mais si on compare la photo des films de Mouret au soin apporté au nôtre, on constatera que ce n'est pas tout à fait le même monde. Pour elle (Frédérique Bel), c'était justement entrer dans un autre monde. Techniquement, c'était une grande difficulté pour elle : dans les films de Mouret, on ne lui demandait pas de marcher sur des marques, dans les rails du travelling. Ça a été une découverte pour elle, une découverte du métier d'actrice sur certains points.

 

Frédérique Bel terrorisée par Carrie.
© Crédit Photographique - Morgan Ommer.

 

Carole et Frédérique étaient terrorisées par Carrie, qui était toujours dans le personnage pendant tout le tournage ! Elles avaient très peur. Mais de toute façon elles ont vu la performance de Carrie sur le tournage, qui était écrasante. Elles n'ont pas été choquées de voir que le film était construit autour de Carrie. Frédérique était contente parce qu'elle est montrée différemment que d'habitude. Et puis elle est belle dans le film.

Laurent Courtiaud  : Elle le dit en interview : elle n'a jamais été filmée comme ça. Pour les autres acteurs, ils connaissaient leurs rôles. Maria Chen était ravie de se faire casser les dents. Ça l'a beaucoup amusée. Maria était très contente de travailler avec Carrie. Jack Kao aussi était content [de travailler avec Carrie]. Carrie a tourné à Taiwan. Ils se sont un peu tournés autour, mais ils n'avaient jamais travaillé ensemble. On avait l'impression qu'ils avaient forcément travaillé ensemble. Elle a tourné avec Edward Yang, il a tourné avec Hou Hsiao Hsien. Mais non !

Julien Carbon  : Carole Brana était contente de ce film aussi. Pour elle, il y avait une séquence éprouvante. Quand elle l'a revue, elle l'a un peu revécue…

 

Carole Brana dans les rues de Hong Kong.
© Crédit Photographique - Morgan Ommer.

 
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