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Interview Julien Carbon, Laurent Courtiaud : Les Nuits Rouges du bourreau de Jade
Les chorégraphes sont des durs à cuire 1/1 - Page 8
Infos
Auteur(s) : Léonard Aigoin
Van-Thuan LY
Date : 28/4/2011
Type(s) : Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Jackie Chan
Stephen Chow Sing Chi
Fung Hak On
Sammo Hung Kam Bo
Daniel Lee Yan Gong
Horace Ma Gwong Wing
Ng Man Ching
Tsui Hark
Wong Kar Wai
Kit Wong
Wilson Yip Wai Shun
Yiu Man Kei
Yuen Bun
Yuen Woo Ping
Films :
Black Mask
L' Epée de la vengeance
In The Mood For Love
Ip Man
Crazy Kung Fu
Police Story
Seven Swords
Studios :
Shaw Brothers
 
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« Sur le deuxième film de Daniel (Lee), il était vraiment considéré comme un jeune réalisateur. Il y avait un vrai rapport de force.»

HKCinemagic : A Hong Kong ça se passe toujours comme ça ? Quand le réalisateur n'est pas chorégraphe lui-même il doit laisser la place ?
Julien Carbon : C'est ça. Mais il reste quand même, pour regarder. Sauf dans le cas de certains réalisateurs comme disait Laurent. Dans le cas de Tsui Hark par exemple, qui travaille très bien avec le chorégraphe. Ça arrive quand il travaille avec Yuen Woo-Ping ou d'autres chorégraphes qu'il connaît très bien. Il supervise la trame générale de l'action, le nombre de câbles qu'il veut, etc. et dans ce cas il peut un peu lâcher la bride au chorégraphe, mais celui-ci reste sous contrôle évidemment. Après dans le cas d'autres réalisateurs moins expérimentés, il est normal de laisser la place au chorégraphe. On l'a vu sur certains tournages auxquels on a assistés. Par exemple sur Black Mask, c'était Yuen Woo-Ping qui faisait toute l'action.

 

Lau Ching Wan dans Black Mask.

 
HKCinemagic : C'est vrai qu'on ne sent pas dans ce film le montage très découpé qui est devenu sa marque de fabrique.
Laurent Courtiaud : Oui car c'était son deuxième film à Daniel (Lee), donc il était vraiment considéré comme un jeune réalisateur. Il y avait un vrai rapport de force. Quand Yuen Woo-Ping dit à Daniel Lee « C'est comme ça qu'on va faire », c'est comme ça qu'on fait. Nous on a pu biaiser en jouant sur le fait que « Ah ils sont occidentaux, ils vous insultent, mais ils ne savent pas vraiment ». Si on avait été de jeunes réalisateurs hongkongais, il nous aurait dit « Maintenant vous faites ce que je vous dis de faire sinon je me casse ». Donc on a fait ça diplomatiquement et ça s'est bien passé.

Julien Carbon : Il y avait un truc de machisme.

 
HKCinemagic : Parenthèse. Sur Crazy Kung Fu, quand Stephen Chow a viré Sammo Hung, comment ça a réagi ? Ça a été un coup de tonnerre dans le métier ?
Laurent Courtiaud : Très très mal. Normalement tu ne vires pas Sammo Hung !
 
HKCinemagic : Mais est-ce qu'il reste des scènes de combat chorégraphiées par Sammo dans le film ? Il y a un échange entre Fung Hak-On et le maître de Wing Chun où ça ressemble plus à du Sammo qu'à du Yuen Woo-Ping.

Laurent Courtiaud : C'est possible mais comme on n'était pas proche de la production, on n'a pas vu ce qui s'est passé avant et pendant. Ils finissent souvent par se rabibocher quand même, mais sur le coup ça se passe mal. Sammo déjà avait eu un conflit avec Jackie Chan sur qui a volé l'histoire à qui. Bon on peut les mettre tous d'accord parce que l'idée de l'amnésie, c'était la nôtre. On travaillait à la Workshop, et on nous l'a piquée pour faire Who Am I ? Et Sammo l'a repiquée pour faire Dr Wong en Amérique. Donc ils se la sont volée les uns les autres. En même temps, on venait juste d'arriver à la Workshop, on n'allait pas arriver et mettre notre main dans la gueule à Jackie Chan et Sammo Hung, parce que je crois qu'on n'aurait peut-être pas eu le dessus (rires). Ils sont redevenus amis après.

Julien Carbon : Après, pour Il était Une Fois En Chine, au départ ça devait être Liu Chia-Liang et après ça a beaucoup bougé sur le film. Mais ça reste vraiment de la cuisine interne. Ça ne vient pas aux oreilles des spectateurs.

 

Dr Wong en Amérique.

 
HKCinemagic : Il y a un autre cas célèbre aussi c'est Liu Chia-Liang sur Seven Swords. Il n'a pas été remercié ? Tout le monde dit qu'il a été malade…
Julien Carbon : Non, non, il n'a pas du tout été viré.

Laurent Courtiaud : Il avait des problèmes personnels aussi à ce moment-là. Des problèmes de santé aussi, oui. Et puis Tsui Hark utilise souvent plusieurs chorégraphes, pour des aspects différents. Sur Black Mask 2 par exemple, il y avait Yuen Bun et Yuen Woo-Ping. Il utilise beaucoup Yuen Bun, qui était à l'époque un peu son chorégraphe attitré, comme sur The Blade. Ça lui permet de les mettre un peu en compétition ; comme ça ils se tirent un peu la bourre. Il peut utiliser ça pour rester le seul maître à bord. Comme ça il est au-dessus.

 
HKCinemagic : Diviser pour mieux régner.
Laurent Courtiaud : Tout à fait.
 
Bon esprit sur le plateau
HKCinemagic : C'est votre premier film, alors comment vous avez fait pour vous imposer auprès de tous ces professionnels aguerris ?
Julien Carbon : Parce qu'on savait très précisément ce qu'on voulait.
 
HKCinemagic : Ils ne vous ont pas bizutés un peu ?

Laurent Courtiaud : Non. Ça pourrait, mais à Hong Kong on a bossé sur beaucoup de plateaux quand même. C'est comme ça qu'on a travaillé sur In The Mood For Love quand on écrivait pour Wong Kar Wai. On écrivait le scénario à côté de lui, on était tout le temps sur le plateau, on l'aidait. Et notre chef-opérateur Ng Man Ching était chef électro sur Black Mask 2 ; on a souffert sur le même plateau. Et puis la productrice du film, notre partenaire Kit Wong, qui est aussi réalisatrice, on a déjà écrit pour elle ; elle n'a engagé que des gens qu'on connaissait.

L'équipe de production, c'est des gens qui viennent pour beaucoup de Ip Man. Nous on connaît assez bien Wilson Yip, donc c'est des gens qui nous connaissent, ils savent que ça fait quinze ans qu'on est là, sur les plateaux. Quand on est arrivé en préparant notre travail et en leur disant exactement ce qu'on voulait faire, ils ont vu très vite qu'on ne se trompait pas, qu'on savait prendre des décisions rapidement.

 

Carbon se dépêche de prendre son temps sur le plateau.
Screenshot tiré du making of.
© The French Connection.

 

Julien Carbon : Et puis ils savent qu'on vient de l'école de la Workshop, donc il n'y a pas de problème. Non, moi j'ai été bizuté parce que j'ai fait une erreur. En fait, il est de tradition quand un acteur a tourné son dernier plan qu'on le fasse applaudir. Et donc quand on a fini de tourner les scènes avec Maria, j'ai dit « Voilà, c'est le dernier plan de Maria Chen », et là le premier assistant me dit « Mais tu es fou !». De fait il restait encore toutes les scènes où on voit son cadavre sur le sol et ça m'était sorti de l'idée.

C'était très gentil. L'équipe était vraiment comme une famille. Il est de traditions pendant les tournages à Hong Kong, dans les jours où on est en studio, où on sait qu'on ne va pas se déplacer, de faire un barbecue où tout le monde amène ce qu'il veut. Donc tout le monde amène des saucisses, de la bouffe. Et pendant le tournage dès qu'on a le temps on va chercher un peu la bouffe, donc il y avait vraiment une grande cohésion dans l'équipe. C'est des gens extraordinaires. On a eu une chance immense. Je pense aussi que si ça a été facile, c'est parce qu'on a envisagé [le tournage] comme un vrai travail d'équipe. Quand tu as un chef-op comme Ng Man Ching, tu ne vas pas lui dire « Ah ben attends, c'est n'importe quoi ». Tu ne vas pas lui gueuler dessus : parce que ses décisions sont toujours les bonnes. Et en plus on était exactement sur la même longueur d'onde. Donc il n'y avait pas de problème. Et puis on avait des assistants qui étaient très gentils.

 

Ng Man Ching, directeur de la photographie. Screenshot tiré du making of.
© The French Connection

 

Laurent Courtiaud : Il y a eu un très bon équilibre entre Ng Man Ching et Horace Ma, notre directeur artistique, qui a fait Rouge et la plupart des films de Daniel Lee. Donc il est bon aussi. C'était un bon équilibre et on savait très bien ce qu'on voulait, que ce soit pour la lumière, pour le cadre… Mais ils avaient suffisamment de liberté pour s'exprimer. Et ça a parfaitement fonctionné ; ils n'ont jamais eu l'impression qu'on leur apprenait leur métier, on respectait parfaitement leurs connaissances et leur filmographie. Ils ont une expérience que nous n'avons pas, ils le savent et ils savent que nous le savons.

Ce n'est pas pour autant qu'ils allaient faire tout ce qu'ils voulaient, n'importe comment. C'était dans une direction bien précise mais à chaque fois on les laissait trouver le petit plus qui rendait les choses encore mieux. Ils avaient bien l'impression de pouvoir s'amuser à trouver des idées supplémentaires, et à voir quand même qu'on savait ce qu'on faisait et qu'on n'était pas là à leur dire « Fais nous un truc bien. Allez, vas-y cadre ».

Julien Carbon : C'est vrai qu'on avait une idée très précise des cadres qu'on voulait et on a donc eu une relation très étroite. Mais il n'y a eu aucun problème. Et puis nos deux assistants étaient géniaux. Enfin il faudrait citer toute l'équipe parce qu'ils étaient vraiment tous formidables. Tous ont des personnalités super intéressantes. Notre assistante Yiu Man-Kei a commencé à la Shaw Brothers, elle a été assistante sur Police Story. Elle a donc une très grande expérience, et puis c'est une femme adorable qui sait être maternelle quand il le faut avec nous et nous pousser quand il faut nous pousser, et régler les problèmes quand il faut les régler. Même si elle est très têtue, et que de temps en temps elle a du mal à entendre « Non ».

Quand on s'est quittés, tout le monde pleurait. Je crois qu'on a tous été super heureux de l'expérience. On était contents de ça, que tout le monde se soit trouvé. En plus Horace et Man Ching n'avaient jamais travaillé ensemble, donc c'était vraiment une superbe rencontre entre eux deux. Et tout le monde tirait dans le même sens. C'était super !

 

Une idée précise du cadre. Screenshot tiré du making of.
© The French Connection.

 

Laurent Courtiaud : Le prochain on le refait avec la même équipe, et ils sont déjà prêts. On aura les mêmes assistants, le même chef-opérateur, les mêmes gens pour le son en Belgique, qui ont fait un super boulot de mixage. On va par contre avoir un directeur d'action différent, parce que là il va y en avoir beaucoup plus, et une action moderne. On verra qui on peut avoir, mais on a quelques pistes assez intéressantes.

 
HKCinemagic : Des noms !

Julien Carbon : On ne peut pas dire, c'est pas signé.

Laurent Courtiaud : En tout cas c'est des gens qui nous ont dit qu'ils ont envie de travailler avec nous. Ils ont lu le scénario. Et nous, ça nous dirait beaucoup aussi [de travailler avec eux]. Mais on verra s'ils sont libres à ce moment-là.

 
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