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Critiques Express

Hand Of Death    (1976)
Lorsque Ng See-Yuen et Yuen Woo-Ping prennent Jackie Chan en mains en 1978, c’est un peu un second souffle dans une carrière qu’on ne peut pas encore qualifier d’extraordinaire. En vérité, c’est même d’un troisième souffle qu’il s’agit. En effet, avant l’historique appel de Londres… de Willie Chan en 1976, proposant au jeune acteur de rejoindre l’écurie de Lo Wei, plusieurs tentatives avaient déjà été faites au début des années 70 pour faire du jeune homme le successeur de Bruce Lee. Mais entre un Master with Cracked Fingers qui n’eut pas droit à une sortie en salles, et un Eagle Shadow Fist lamentable où il joue les seconds rôles sans éclat, on a presque du mal à comprendre pourquoi tant de chances lui ont été données. Il s’agit d’ailleurs bien d’une bonne étoile, puisque son rôle était à l’origine prévu pour un acteur coréen, qui n’aura pas su convaincre le réalisateur. Ce dernier, ayant déjà travaillé avec Chan sur The Young Dragons, l’aurait donc appelé pour prendre part au tournage. Son rôle dans ce Hand Of Death ne dépasse cependant pas les vingt minutes d’apparition, puisque le rôle principal est tenu par le coréen Dorian Tan. Réputé pour ses coups de pied, cet artiste martial aura, contre toute attente, connu une carrière bien moins impressionnante que celle du petit Jackie. Hand Of Death est à ce titre une date car il réunit une quantité assez impressionnante de futurs anciens grands noms du cinéma d’arts martiaux, et représente une pierre angulaire dans l’avenir de tous ces artistes. John Woo, qui signe là son cinquième film en tant que réalisateur (si on compte sa participation à la mise en scène de The Private Eyes, aux côtés de Michael Hui), est loin d’être l’auteur qu’on connaît aujourd’hui, mais il n’est déjà plus un amateur, puisqu’il a déjà fait ses armes sur The Young Dragons et Dragon Tamers. Il faudra finalement atteindre Last Hurrah For Chivalry pour assister à la naissance d’un artiste à l’identité tant visuelle que thématique forte, même si le succès de l’auteur tardera encore à arriver, au profit de l’artisan faiseur de comédies grasses. Au contraire, Sammo Hung, qui s’illustrera réellement dès 1977 en réalisant The Iron Fisted Monk, kung fu comedy non dénuée de violence, interprète ici un diabolique mandchou aux dents ridicules. Faisant également office de chorégraphe, ce dernier aura profité de l’occasion pour introduire ses petits frères : outre la présence de Jackie Chan, Yuen Wah peut être aperçu maniant une lance avec dextérité, alors que Yuen Biao multiplie les figurations, avec et sans action. C’est d’ailleurs la première fois qu’autant de membres des sept petites fortunes sont réunis à l’écran, même si on ne les voit pas interagir ensemble. Et si aucun d’eux ne verra sa carrière bouleversée par sa participation, il s’agit d’une expérience qui ne peut qu’avoir été profitable, comme Chan le confie dans son autobiographie, ne serait-ce que pour constater le sérieux de John Woo, quand tant d’autres metteurs en scène de l’époque enchaînaient les pellicules sans aucun souci du travail livré. Mais un des membres de l’équipe va trouver le rôle de sa vie : James Tien, qui en véritable pendant de Johnny Wang va devenir l’infâme traitre attitré de la Golden Harvest.

En effet, le titre original signifie « Shaolin Gate ». Et comme Chang Cheh, mentor de John Woo, s’est évertué à nous le prouver, un film parlant de Shaolin ne peut que débuter par une traîtrise des infâmes mandchous. La voix-off très calme qui introduit ce contexte bien connu présente les « faits » avec une telle assurance, qu’on se prend bien sûr immédiatement à sympathiser avec les élèves du temple Shaolin. Il faut dire que les mandchous et les traîtres ont tellement de vices qu’on ne peut que les abhorrer. Entre les dents de Sammo Hung, ses grimaces, la bêtise des soldats, et la fourberie sans limite d’un James Tien au regard perçant, la nuance n’est pas vraiment au rendez-vous. Comme chez l’Ogre de Hong Kong, les patriotes chinois sont au contraire héroïques et prêts à tous les sacrifices, manifestant une solidarité à toute épreuve, et leur bravoure est appuyée de façon spectaculaire par un thème musical dont la fulgurance évoque davantage les bandes originales d’un Baby Cart que les mélodies d’un Roman Tam (qui composera les musiques de Last Hurrah For Chivalry). Il faut dire que le ton mélancolique qui caractérise les films les plus personnels de John Woo est absent d’un scénario aussi classique que prévisible. Si l’élément de surprise n’a jamais été au centre de la filmographie du réalisateur, il ne s’éloigne jamais ici du schéma très balisé du film de kung fu shaolin, et l’intrigue ne dépassera jamais le point de départ des patriotes décidés à renverser l’oppresseur. Ce n’est pas le seul point commun avec les films de Chang Cheh. Ainsi, comme dans Deadly Duo, nos braves héros sont totalement dénués d’imagination et s’obstinent à mettre en place le même plan, alors même qu’il s’est révélé inefficace. Pire, certains sacrifices sont fait sans raison logique, menaçant de faire sombrer l’ensemble dans la bisserie la plus impardonnable. Woo installe ainsi une dramaturgie qu’il ne parvient jamais à exploiter autant qu’il le pourrait. La tromperie du héros, poussé à assassiner son frère d’armes pour tromper l’ennemi rappelle ainsi inévitablement des classiques de la Shaw Brothers, comme The Avenging Eagle, ou The Jade Tiger, dans lesquels cette situation donnait lieu à un suspense aussi prenant qu’insoutenable. Or, dans Hand Of Death, le dilemme n’est pas de mise, puisqu’à peine le danger présenté, nos patriotes se précipitent vers la mort, sans exploiter les autres alternatives qui s’offrent à eux. On sent la volonté de Woo de faire de ses protagonistes des martyrs, comme ceux de son mentor, mais s’il a réussi à rendre les Mark Gor fascinant, les élèves de Shaolin courent au suicide de façon tellement gratuites qu’ils en deviennent plutôt agaçants. C’est particulièrement vrai lors d’un des derniers combats où l’un des meilleurs combattants du film se jette sur une lance sans qu’on comprenne pourquoi, nous privant de son talent pour le dernier affrontement. Les réactions illogiques sont donc nombreuses, et on ne comprend pas comment les héros ne percent pas à jour les trahisons de seconds rôles à l’allure qui ne trompe pourtant pas. Les cascadeurs ont quant à eux la fâcheuse tendance à ne pas bouger, attendant qu’on les frappe, une stratégie sans doute destinée à donner l’impression que les héros sont actifs en comparaison. Woo aura d’ailleurs recours à ce subterfuge à de multiples occasions, notamment lorsque James Tien s’illustre martialement. Totalement dépassé par le niveau des autres acteurs, ce dernier insiste sur ses mouvements, les rendant d’ailleurs bien trop amples pour être convaincants. De plus, sa lenteur force Dorian Tan à ajuster sa propre vitesse, ce qui donne lieu à des échanges bien moins réussis que les autres combats.

Mais ces désagréments sont compensés par le travail très sérieux de Woo, qui sans manifester un sens du cadre aussi artistique que dans ses travaux suivants, livre un produit bien fait. On ne trouvera par exemple aucun des hors champs si fréquents à l’époque, et malgré la durée, son Hand Of Death évite de n’être qu’une succession de combats. Au contraire, on sent la volonté de raconter une histoire à la dramaturgie puissante, qui n’a pas peur de s’appesantir sur ses personnages. On trouve même chez Lanze, ancien héros devenu alcoolique, les prémisses du héros Wooïen type, mais son rôle reste trop effacé, sans doute parce que Woo a conscience que Yeung Wai n’a absolument pas le charisme nécessaire pour interpréter un être déchu de cette trempe. Il ne volera donc pas la vedette à un Dorian Tan absolument transparent, qui n’est convaincant que lorsqu’il donne des coups de pied. Il se montre en effet insipide dans les scènes dramatiques, et peu crédible lorsqu’il mime des formes de kung fu traditionnel, avec lequel il est sans doute nettement moins à l’aise que le tae kwondo. Sammo étant ridiculisé pour démontrer à quel point les mandchous sont des êtres vils, on ne peut pas dire que le casting marquera les esprits. Pourtant, et contre toute attente, Jackie Chan manifeste une réelle présence, qu’on commençait d’ailleurs déjà à entrevoir dans Master With Cracked Fingers. Dès sa première apparition, son charisme et son attitude unique sautent aux yeux, surtout lorsqu’on le voit donner la réplique à un Dorian Tan absent. Quelques passages lui permettront également de dévoiler son attrait pour le jeu outré qu’il adoptera dans ses futures kung fu comedies, sans pour autant qu’il se contente de grimacer en permanence. En effet, il parvient à nuancer son personnage et à véhiculer de l’émotion dans les scènes les plus graves. On regrette que son temps de présence à l’écran soit si réduit, y compris sur le plan physique, puisqu’il ne participe qu’à deux combats, qui font d’ailleurs partie d’une seule et longue scène d’action. Les collaborations cinématographiques entre les petites fortunes ont toujours marqué les esprits, et l’association du chorégraphe Sammo et de l’acteur Jackie donne lieu aux échanges les plus impressionnants de Hand Of Death. L’acteur y manie la lance avec beaucoup de dextérité et nous rappelle sa grande élasticité, à travers quelques acrobaties qui font toujours plaisir à voir. L’ensemble des combats est plutôt bon, mais on a généralement du mal à reconnaître la patte d’un Sammo Hung qui n’a pas encore trouvé son style. Les échanges sont techniques et certains sont même assez complexes, si on oublie le manque de réactions des figurants. Le tout manque malheureusement du souffle épique d’un Five Shaolin Masters auquel il fait fortement penser. Il ne parvient pas à en recréer l’esprit car Dorian Tian est trop mis en avant au détriment des autres protagonistes. Ses adversaires sont d’ailleurs gâchés, notamment Sammo Hung, qui n’a pas l’opportunité de nous montrer l’étendue de son talent. On accepte plus facilement la défaite d’un James Tien incapable de s’illustrer sur des plans contenant plus d’une dizaine de mouvements, mais le final est en conséquence un peu trop vite expédié. Et comme d’habitude dans les films de cette époque, le duel de fin précède inévitablement le générique de cloture.

Hand Of Death n’est pas un film inoubliable, ni une œuvre réellement importante dans l’évolution artistique des membres de l’équipe, mais il permet d’assister aux balbutiements d’artistes promis à la postérité qui se cherchent ensemble, pour un résultat aussi honorable que divertissant.
Léonard Aigoin 3/7/2011 - haut

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 3/7/2011 Léonard Aig...

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