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Critiques Express

Black Falcon    (1967)
Datant de 1967, Black Falcon est le troisième spy caper (spy : espion; caper : film de genre avec un degré d’humour) produit par les Shaw Brothers pour capitaliser sur l’engouement mondial envers les films James Bond (voir Golden Buddha et Angel With The Iron Fists). C’est également le deuxième film de ce type dans lequel apparaît Paul Chang Chung qui le temps de quatre films joua pour les Shaw les Don Juan aux poings d’acier occupé à contrer les organisations secrètes de même qu’à secourir et séduire les jolie filles. Dans Falcon, ce rôle est tenu par l'Audrey Hepburn d’Asie Jenny Hu. Celle-ci joue le rôle d’une héritière qui se trouve prise en étau entre des gangsters et son amoureux agent secret.

Tout comme la trame de Golden Buddha évoquait un temps soit peu le classique d’Alfred Hitchcock, La Mort Aux Trousses, la trame de Black Falcon fait songer à celle de Charade un spy caper célèbre pour être le meilleur film à la Hitchcock non réalisé par le célèbre maitre du suspense. Le film mettait aussi en vedette Audrey Hepburn, ainsi que Gary Grant> vedette de La Mort aux Trousses. Toutefois, Black Falcon s’avère être en fait un remake d’un film à suspense Italien «Agente; 3S3 Passaporto per l'inferno » (Agent 3S3, Passeport pour l’enfer). Bien que l’action soit transposée de l’Europe à l’Asie, Black Falcon semble suivre très fidèlement l’histoire originale et ses nombreux épisodes de suspense et d’action. C’est ainsi qu’on y retrouve la scène de la jeune fille en fuite croisant un bon samaritain qui s’avère être un tueur à gages, la rencontre du héros avec la fille dans un bar et la bagarre qui s’en suit, l’attentat routier avec camions, l’affrontement du héros avec un géant et ainsi de suite. Comme c’est souvent le cas dans des productions asiatiques, le fait que le film soit en fait un remake d’une production occidentale n’est pas indiqué.

La pratique des Shaw Brothers d’emprunter la trame de spy caper étranger pour leur propre production vient probablement du fait qu’ils avaient peu d’expérience, voire d’affinité véritable dans ce type de cinéma. À en juger par leurs premier essais dans le genre, Golden Buddha et Angel With The Iron Fists les seuls éléments pseudo-bondien que les Shaw étaient capables de reproduire convenablement étaient limités aux décors futuristes des bases secrètes, et la haute couture portée par les personnages. Presque tout le reste, scénario, action, mise en scène et montage laissait passablement à désirer. Lo Wei le réalisateur de deux films n’avait lui-même presque jamais tourné d’autre chose que des drames.

Pour Black Falcon par contre les Shaw ont engagé Takumi Furakawa un metteur en scène japonais spécialiste en film d’action (il avait déjà été un assistant pour Akira Kurosawa). Ce fut là un choix des plus judicieux puisque Furakawa réussit à pousser le film à un calibre filmique un peu plus relevé que ses prédécesseurs grâce à un indéniable flair visuel, un rythme narratif bondissant et un montage vif. En conséquence, les nombreuses scènes d’actions du film, qu’il s’agisse des poursuites, des bagarre ou des fusillade avaient un certain brio.

Ceci dit, Black Falcon avait beau être un spy caper avec plus de vigueur et de flair filmique, il n’en demeure pas moins qu’il souffrait d’un gros problème : le manque d’envergure des personnages et d’extravagance dans les péripéties. Malgré son charme, son assurance virile et un certain humour décontracté, le Don Juan aux poings d’acier joué par Paul Chang n’en reste pas moins un sous-James Bond sans grande personnalité. Quant aux faucons noirs, si au départ ils sont présentés comme une redoutable organisation criminelle (ils ont une base secrète et une hiérarchie numérotée), leur compétence et leur crédibilité s’effritent au fur et à mesure que le film avance, ne parvenant pas à éliminer le héros, ce qui compromet le suspense. Les tentatives sont nombreuses et rocambolesques (attentat routier, tueur géant, vin empoisonné) mais semblent être exécutées par des malfrats de troisième ordre plutôt que par des maitres es criminels. Comment prendre au sérieux un comparse vêtu en marin pirate, cache œil compris, qui apparaît au beau milieu du film, c’est tout dire.

La sale gueule des lieutenants joués par Wong Hap et Tien Feng est l’atout le plus menaçant des gangsters, de même que l’aura sexy et vénéneuse de la femme fatale jouée par Margaret Tu Chuan qui est le vrai boss du gang. Quand les sous-chefs s’affrontent pour les beaux yeux de la belle pendant que le héros pénètre sans grande difficulté dans leur repère, force est de constater que les redoutables Faucons noirs ne valent pas grand chose. Au lieu d’un gros affrontement épique, spectaculaire et plein de suspense Black Falcon finit par se dénouer avec une rixe dans le boudoir de la femme fatale, ce qui n’est guère édifiant pour un spy caper. Le travail de réalisation n’est pas en cause dans cette lacune du film, c’est le rendu des personnages et des situations qui ne lèvent pas l'histoire vers le haut.

C’est Takumi Furakawa lui-même qui est crédité pour le scénario, mais sa marge de manœuvre dans son travail d’adaptation du film d’origine a du se trouver restreinte par la supervision des producteurs, les moyens à sa disposition et le casting des acteurs qui bien sûr ne relevaient pas de lui.

Les deux vedettes féminines du film, Jenny Hu et Margaret Tu Chuan sont les personnes qui manifestent le plus de charisme. Margaret n’apparaît qu’à mi chemin mais impose facilement son personnage de femme fatale manipulatrice et ultra sexy. Sa scène de séduction avec Wong Hap est le moment le plus pétillant de tout le film. Jenny Hu a un certain peps dans son rôle d’héritière frivole mais elle se retrouve aussi contrainte par son rôle cliché de demoiselle en détresse. Son personnage prend aussi moins d’importance dans la seconde moitié du film alors que l’attention du film diverge sur celui de Margaret.

Bien qu’il y ait une amélioration par rapport aux productions précédentes des Shaw, Black Falcon n’en demeure pas moins une fois de plus un spy caper défaillant. Toutefois, pour un spectateur indulgent, le film peut quand-même passer pour un divertissement retro-kitch passablement amusant, rempli de bagarres, de rebondissements et de nombreuses beautés souvent courtement vêtues, le tout filmé avec flair. Même la séquence d’ouverture animée dans le style pop art a un charme entrainant. Les scènes d’action et de poursuite du film offrent aussi le petit plaisir de voir un cinéaste à l’œuvre en faisant en emploi très filmique du cadre, du montage et de la profondeur de champ.

Après Black Falcon, Furakawa a réalisé un autre spy caper pour les Shaw : Kiss and Kill, toujours avec Paul Chang. Ce dernier apparaît également dans Operation Lipstick avec Cheng Pei Pei et réalisé par Inoue Umetsugu le plus reconnu des réalisateurs japonais engagés par les Shaw. Toutefois Ces titres n’ont pas encore été vendus en DVD/VCD.
Yves Gendron 11/9/2010 - haut

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 11/9/2010 Yves Gendr...

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