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Critiques Express

Men From The Gutter    (1983)
Datant de 1983, Men From The Gutter est un film sans concession qui impose le style d’un réalisateur encore peu connu, mais dont le nom résonnerait dans la bouche de nombreux fans des années durant. Bien sûr, Nam Nai Choi est plus considéré comme un auteur de nanars qu’un artiste dont les films font s’élever l’âme. Bien sûr, même ses partisans doivent reconnaître que certaines de ses idées farfelues et sa propension à employer des effets spéciaux en carton en font un homme à part. Mais Nam Nai Choi n’est pas un faiseur sans talent. Les idées se bousculaient dans la tête de ce créateur dont le seul but était de divertir à tout prix, en créant des univers colorés et inventifs.
Mais au-delà de l’aspect parfois kitsch de certains de ses productions, l’homme est un artiste. D’abord directeur de la photographie sur des productions Shaw Brothers, l’homme sait manier une caméra et ses expériences antérieurs offrent des images très esthétiques pour l’époque. Mais surtout, il possède un sens indéniable du rythme, même si sa narration parfois hachée souffre souvent de scénarios approximatifs ou écrits dans des conditions qui éveillent la suspicion.
Toujours est-il que le maître n'est jamais aussi bon que lorsqu'il s'attaque à des sujets graves. Si Story Of Ricky, The Cat, Killer's Nocturne ou The Seventh Curse sont des films inoubliables, c'est avec des chroniques telles que celle-ci ou l'excellent Her Vengeance que le maître vient nous rappeler l'étendue de son talent.
Techniquement maîtrisé de bout en bout, Men From The Gutter est une œuvre prenante, d'une nervosité incroyable. La tension est palpable tout au long du récit, à l'image du très bon Fatal Termination, mais en bien plus percutant, le sujet étant ici plus proche de la réalité. Très terre à terre, le maître dépeint comme dans Brothers From Walled City, une société en pleine crise, en proie à une violence terrifiante, qui n'épargne personne.
Peut être le film le plus rythmé du maître, les scènes chocs s'y enchaînent avec un tel rythme, et la violence est tellement présente qu'il est impossible de reprendre son souffle. Film sombre et désespéré, très proche d'un On The Run, mais boosté aux amphétamines et plein de rage, il s'agit d'un véritable film coup de poing.
Les scènes d'action, très nombreuses, plutôt courtes dans l'ensemble, sont ultra spectaculaires. Les cascades et les chutes sont tout simplement incroyables, et cette rage que l'on ressent tout le long du film, culmine dans des affrontements inoubliables. Le pré-final, course poursuite fusillade en pleine rue et en pleine journée a certainement été une source d'inspiration pour bon nombre de films beaucoup plus récents, comme Organized Crime & Triad Bureau ou Heat. Modèle de dynamisme et de maîtrise du cadre, il s'agit d'un des moments les plus percutants du film.

La scène finale, extrêmement longue, complètement hystérique, est particulièrement bien construite, le maître n'ayant pas peur d'installer des moments de silence pour préserver le suspense et faire monter la tension. Final complètement nihiliste à l'image du film, et qui restera en mémoire, ne serait-ce que pour la qualité des cascades kamikazes.
L'interprétation est de très bon niveau, car chaque interprète nous fait vivre son désespoir de façon palpable. Mais c’est bien sûr le formidable Jason Pai qui marquera les esprits (même si Michael Miu Kiu Wai ou Lo Meng sont très charismatiques). Mystérieux, fiévreux, il offre une prestation toute en tension et en énergie. L’acteur va même jusqu’à effectuer lui Men From The Gutter est un excellent polar, une perle noire qui mérite largement qu'on s'y attarde, et une raison de plus de regretter le travail du maître à une heure où nous devons supporter des tâcherons sans talent ni créativité comme Dennis Law.
Léonard Aigoin 6/2/2010 - haut

Men From The Gutter    (1983)
Nam Nai Choi n’a que trente ans, mais déjà à son actif quinze années de travail pour la Shaw Brothers dont deux mises en scène, lorsqu’il réalise en 1983 le polar Men From The Gutter. Entré dans le studio en tant que simple employé, il gravit un à un les échelons pour se voir proposer à un très jeune âge le poste de directeur de la photographie (on le surnomme alors « Mouse / la souris »). C’est en cette qualité qu’il se fait connaître et reconnaître en travaillant avec Chu Yuan, Sun Chung et Wong Chung, et en gagnant le titre de meilleur directeur de la photographie de la Shaw Brothers. Malgré les encouragements de glorieux aînés, parmi lesquels Tsui Hark et Sammo Hung, il attend sept années avant de passer à la mise en scène, cédant à son ami Danny Lee avec lequel il coréalise One Way Only. (Les deux acolytes sont alors connus comme les « Twin dragons roaring out to sea / dragons jumeaux rugissant de la mer ».) S’inscrivant plus avant dans la voie du polar urbain, genre très à la mode au début des années 80, il tourne bientôt Men From The Gutter avec quelques acteurs martiaux en pleine reconversion et de nouvelles têtes.

Le film s’ouvre sur les pas décidés d’un homme (Jason Pai Piao) traversant la foule qui se déverse dans les rues de Hong Kong. Son apparence miséreuse - il semble arriver tout droit du continent – le prive de toute considération de la part des passants qui le bousculent sans même un regard. Le spectateur serait tenté d’en faire de même jusqu’à ce que, d’un mouvement de pied, il parvient à remettre les lunettes qu’un malotru lui avait fait glisser du nez. Par cette simple action, l’homme prend une dimension beaucoup plus inquiétante. Un personnage est né et nous apprendrons plus tard qu’il est à Hong Kong pour assassiner un chef de triade bien indélicat (Wong Yung). Le réalisateur nous emmène ensuite en pleine action policière à l’issue tragique pour l’un des membres des forces de l’ordre. La séquence s’achève dans un commissariat où nous assistons aux débordements de violence d’un des policiers présents lors de la fusillade (Lo Meng) à l’encontre d’un suspect. Il est bien entendu réprimandé par un supérieur (Miu Kiu Wai) qui ne peut accepter ces méthodes. Troisième et dernier groupe de personnages : une bande de quatre petits truands sans envergure (Parkman Wong, Lung Tin Sang, Billy Lau Nam Kwong et Chen Pei Hsi) qui mettent au point l’attaque d’un fourgon blindé. Et parmi eux, le tueur de policier…

Plus qu’un polar, Men From The Gutter se rapproche des films noirs en ce sens qu’il décrit de l’intérieur la vie de petits malfaiteurs. Certains se vengent de ceux qui les ont trahis, d’autres n’ont plus grand chose à perdre et se lancent à corps perdu dans une aventure désespérée. Leur destin est tout tracé : échec et mort violente à l’arrivée… Se situant la plupart du temps dans des milieux modestes, les films noirs ont toujours eu, depuis leurs origines lointaines (les chef-d’œuvres de la Warner Bros puis de la Fox des années 30, 40 et 50), une portée sociale. Les truands étaient des gens simples issus des populations défavorisées, qui passaient un jour de l’autre côté d’une ligne tracée par la justice des riches. En 1983, Nam Nai Choi reprend cette semble-t-il éternelle recette pour nous dépeindre un Hong Kong où businessmen huppés cohabitent, du moins en apparence, avec des hommes miséreux. Le policier, modeste fonctionnaire se situant entre ces deux extrêmes, aura alors pour tâche de préserver cet équilibre instable.
Si les intentions initiales du réalisateur sont louables, il ne parvient malheureusement pas à dépasser l’imagerie traditionnelle des puissants chefs de triade (Wong Yung est ridicule en mafieux déguisé en homme d’affaires prenant un grand plaisir à gifler sa compagne au milieu d’un restaurant), des losers (une des forces des films noirs était qu’on s’attachait parfois réellement aux truands – voir Humphrey Bogart dans la Grande Evasion / High Sierra de Raoul Walsh, par exemple) et des policiers (l’impulsif violent contre le respectueux des règles). Tous les poncifs nous sont resservis dans le développement psychologique qui aurait donné de l’épaisseur aux protagonistes.
Pour pallier l’absence de tout intérêt scénaristique, Nam Nai Choi parsème Men From The Gutter de nombreuses scènes chocs. Nous emmenant du lit d’un tueur, duquel sort une jeune femme nue, à des plans à la limite du gore, on mettra à son actif sa relativement pauvre avarice en séquences explosives. A ce titre, la scène finale au milieu d’un entrepôt géant est particulièrement réussie : pyrotechnie, fusillades, poursuite en voitures, escalade… tout y passe, ou presque. Mais force est de constater qu’il faut plus qu’une accumulation de saynètes – aussi prenantes soient-elles – pour réaliser un film. Il manque à Nam Nai Choi un bon liant !
Le bilan est plus positif du côté de la photographie. Le réalisateur en a une grande maîtrise et nous le prouve au détour de très belles séquences se déroulant dans des conditions plutôt difficiles : décors nocturnes ou dans la pénombre, brouillard épais, rues aux lumières crues, etc.
Jason Pai Piao est parfait en tueur déraciné, son apparence et son attitude soulignant fortement son caractère d’étranger : grosses lunettes, cheveux assez longs et frisés, fine moustache et vêtements de sport. Les apprentis truands ne sont pas en reste et Parkman Wong, Lung Tin Sang, Billy Lau Nam Kwong et Chen Pei Hsi parviennent à faire ressentir au spectateur le désespoir de leur situation sans issue.

L’intérêt de Men From The Gutter réside aujourd’hui dans la peinture qu’il nous fait de la société hongkongaise des années 80 vue du côté des petits. Mais malheureusement, ses trop nombreux défauts le font échouer à toute tentative de l’élever plus haut qu’une agréable série B.
David-Olivier Vidouze 1/25/2007 - haut

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