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Critiques Express

Usurpers Of Emperor's Power    (1983)
Au sein de l’écurie de la Shaw Brothers, Hua Shan était un cinéaste versatile – il a touché à tous les genres - et productif – jusqu’à 5 films tournés en 1978 -. Pendant les 8 années passées aux ordres de Run Run Shaw en tant que metteur en scène (il y a tenu le poste de directeur de la photographie de 1970 à 1972), rares sont ses réalisations sans mérite : même au sein des films de série qu’on lui demanda de tourner, notamment les Criminals, le spectateur était assuré de trouver rythme et ambiance, bref, un bon moment de cinéma. Il s’est essayé plusieurs fois au genre martial et a livré un chef-d’œuvre, Soul Of The Sword. Si Usurper Of Emperor’s Power n’est malheureusement pas de la même veine, les qualités ne lui manquent pas.

975 après Jésus-Christ, l’empereur Zhao Kuangyin – Taizu (Wong Yung) -, fondateur de la dynastie des Song et jusqu’alors régnant uniquement sur la Chine du Nord, est parvenu à contrôler la quasi totalité de la Chine du Sud. Le dernier empereur des Tang du Sud, Li Houzhu (ou Li Yu), plus intéressé par les arts que par le pouvoir, vient ainsi de se rendre à Zhao. En échange, il obtient l’amnistie pour lui et ses proches.
Mais trois ans plus tard, le plus jeune frère de Kuangyin, le commandant de la garde impéraiale Zhao Kuangyi (Chiu Gwok), fait irruption chez Li Houzhu. Il viole sa femme, l’impératrice Zhou (Cheung King Yu), sous les yeux d’un ancien subordonné, Li Lang (Anthony Lau Wing), tandis qu’un peintre (Wong Ching Ho) dessine la scène. Une fois le forfait accompli, l’impératrice se suicide et Li Houzhu ne tarde pas à s’empoisonner. Li Lang jure alors de les venger et rejoint d’anciens généraux Tang vivant cachés dans les bois. Il y fait la connaissance de Xiang Ling (Lau Suet Wah), une très belle élève de Chen Bo (Lung Tien Hsiang), puissant maître à la recherche d’un titre suprême. Le groupe échafaude un plan pour élimer l’usurpateur. Il est approché par un des quatre fils de l’empereur Taizu et neveux de Kuangyi, le prince De Zhao (Max Mok Siu Chung), qui attend lui aussi le pouvoir…

Largement inspiré de faits historiques réels, Usurper Of Emperor’s Power est un drame martial que son auteur a semble-t-il voulu sombre au possible. Il accumule ainsi scènes dérangeantes (viol particulièrement barbare, héritier rendu fou, combat de frères…), portraits d’humains peu glorieux (cupidité, trahison, bassesse courtisane…) et affrontements violents (les pièges dans la forêt sont à la limite du gore), laissant rarement le spectateur jouir du confort de son fauteuil et ce, jusqu’à la surprenante conclusion du film. C’est d’ailleurs un des reproches principaux que l’on peut faire à Hua Shan : un rythme frénétique trop largement utilisé au détriment du scénario et d’une progression raisonnée de l’intrigue. Le spectateur a rarement la possibilité de reprendre son souffle et de réfléchir un tant soit peu à ce qu’il vient de voir. Cinéma de la sensation instantanée (et brutale) plus que de la réflexion, Usurper Of Emperor’s Power perd en intelligence ce qu’il gagne en efficacité. La tension est ainsi encore palpable lorsque le mot « fin » apparaît à l’écran, une heure vingt seulement après le générique d’ouverture ! Adepte du montage chaotique, le réalisateur a une approche adoptée par bon nombre de metteurs en scènes américains des années 70, tels Robert Aldrich (Ulzana's Raid / Fureur apache), Sam Peckinpah (The Wild Bunch / La Horde sauvage) ou Arthur Penn (Bonnie and Clyde) : ces scènes d’action sont archi découpées et provoquent un sentiment d’anarchie mêlée de violence. Nul doute, Hua Shan s’intéresse plus à l’horreur des combats qu’à la beauté des chorégraphies.
Côté production, Usurper Of Emperor’s Power bénéficie de superbes décors intérieurs et extérieurs : grands espaces, petits villages, campements, forêts… à la différence de certains films de Chang Cheh, on ne se sent jamais étriqués au milieu de plateaux de tournage. L’enchaînement des lieux épouse parfaitement la cause du scénario qui avance à la vitesse d’un cheval au galop !

Protégé de Mona Fong Yat Wah et longtemps considéré comme la relève de la vieille garde au sein de la Shaw, Anthony Lau Wing est la vedette masculine de Usurper Of Emperor’s Power. Il allie avec talent dextérité martiale et charme, jouant de son indéniable charisme en toute situation. Il est secondé par Lau Suet Wah, star féminine à la carrière cinématographique de courte durée ayant préféré la télévision. Son interprétation est sans faille, mêlant une grâce pétillante et une volonté de fer. Chacune de ses apparitions dans un monde essentiellement composé d’homme apporte une touche de fraîcheur, bientôt contrebalancée par des inévitables carnages.
Face à eux, quelques beaux seconds rôles de la Shaw : deux « mini-Venoms » de Chang Cheh, le trop rare Chiu Gwok, haïssable à souhait, et Lung Tien Hsiang, dans le rôle d’un maître à l’ambition fatale. On retrouve également l’indispensable et prolifique Chan Shen, en odieux conseiller du prince. L’empereur est interprété par Wong Yung, juste et sobre.

Comme pour la plupart des productions de la Shaw de cette époque, les chorégraphies martiales de Usurper Of Emperor’s Power utilisent abondamment les câbles et les effets spéciaux à base de fumigènes et lumières. Ces séquences sont très souvent diffusées en accéléré et bénéficient d’un montage haché, nous plaçant très exactement entre les films d’arts martiaux classiques et les neo wu xia-pian.

Usurper Of Emperor’s Power est, pour conclure, une agréable série B sans prétention menée à un train d’enfer. On pourrait en ce sens la comparer à The Big Steal / Ca commence à Vera Cruz de Don Siegel.
David-Olivier Vidouze 3/24/2008 - haut

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