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Critiques Express

Le Guerrier de Kubilai Khan    (1975)
A la lecture du titre, le spectateur pourrait s’attendre à un grand film au souffle épique, une épopée telle qu’Hollywood savait les produire dans ses années fastes. Autant le dire tout de suite, Marco Polo n’est en fait qu’un petit film d’aventure au budget étriqué, pas ambitieux pour un sou et fort mal interprété.

Mai 1275, fraîchement arrivé à la cour de l’Empereur Kubilaï Khan, Marco Polo (Richard Harrison) se voit proposer un périple de trois ans dans les contrées chinoises afin de mieux connaître le pays et son peuple. De retour, il assiste à une tentative d’assassinat sur la personne du souverain menée par deux Hans. L’un d’eux parvient à s’échapper. Kubilaï Khan charge alors Marco Polo, accompagné de trois des meilleurs combattants tartares (Gordon Liu, Johnny Wang Lung Wei et Leung Kar Yan) et d’une petite armée, de le traquer jusqu’au foyer de la rébellion, à Hangzhou. La troupe ne tarde pas à occire le Han et son jeune frère, puis parvient à capturer sa femme.
En chemin vers la capitale rebelle, Marco Polo et ses hommes croisent quatre vendeurs de sel (Alexander Fu Sheng, Chi Kuan Chun, Philip Kwok et Bruce Tong) qui cachent leur véritable identité…

Soyons clair, l’objectif de Chang Cheh n’est pas de nous présenter la découverte géographique et culturelle de la Chine par le voyageur vénitien Marco Polo, au XIIIème siècle, ni sa rencontre avec l’empereur mongol Kubilaï Khan, petit-fils du mythique Genghis Khan. Le contexte historique ne l’intéresse pas et, pour s’en convaincre, il suffit de lister les erreurs historiques qui foisonnent.
Kubilaï Khan était un empereur mongol de la dynastie Yuan (1264-1368). Il avait fait de Pékin (alors nommée Khanbalig) son lieu de résidence et façonna la ville en y installant cour et armée. Ouvert aux cultures occidentales, il demanda à Maffeo et Niccolo Polo, oncle et père de Marco, d’aller voir le pape Clément IV pour qu’il lui envoie 100 hommes destinés à éclairer son peuple sur le christianisme et les sciences occidentales. Le pape étant entre temps décédé et l’élection du nouveau tardant, les frères Polo repartirent à la cour de Kubilaï Khan en emmenant avec lui le jeune Marco (alors âgé de 21 ans). Les aventuriers vénitiens restèrent 17 ans en Chine, prenant part à des guerres, récoltant les impôts, gouvernant des villes (Yangzhou pour Marco), etc. Le sujet était passionnant et une vision chinoise de cette histoire eût été bienvenue, notamment sur l’aspect du choc des cultures. Malheureusement, le traitement qu’en fait Chang Cheh se limite à un banal film de kung-fu qu’on croirait calqué sur un classique affrontement entre loyalistes Ming et Mandchous de la dynastie Qing. Il suffirait de remplacer les noms…

Côté spectacle, Marco Polo est décevant au possible. Le principal décor consiste en une grande porte de forteresse (celle qu’on reverra dans Boxer Rebellion) et quelques intérieurs bien pauvres… Il est vrai que la Chang's Film (société de production de Chang Cheh sise à Taïwan et en partie contrôlée par la Shaw Brothers) n’était pas bien riche et ne s’embarrassait jamais d’ambitions artistiques. On retrouve d’ailleurs au générique, outre des stars hongkongaises, des acteurs taiwanais tels que Carter Wong (un habitué des films de Joseph Kuo) et le martialement remarquable - mais peu charismatique - Chi Kuan Chun.

Initialement, les combats devaient être réglés par Liu Chia Liang mais, brouillé avec le réalisateur en cours de tournage, il quitte le navire et s’en retourne à Hong Kong pour se lancer à son tour dans la mise en scène. Il ne reste d’ailleurs certainement pas grand-chose de son travail à la vue des combats finalement signés Chan San Yat et Hsieh Hsing (qui ne laisseront pas leur nom dans l’histoire du cinéma hongkongais) : chorégraphies bâclées, plates, voire ridicules (comment ne pas rire en voyant se battre le petit frère de Carter Wong ?), idées stupides (le parpaing érigé en arme absolue !), jamais l’action ne décolle.
Et pourtant, pouvait-on rêver d’un casting plus séduisant ? Les meilleurs artistes martiaux de la deuxième moitié des années 70 sont à l’affiche : Fu Sheng, Gordon Liu, Chi Kuan Chun, Philip Kwok (dans un de ses tout premiers rôles), Leung Kar Yan, Johnny Wang Lung Wei… le gâchis est incompréhensible.
Richard Harrison, acteur américain ayant fait « carrière » en Italie dans des westerns et des péplums, est comme à son habitude transparent et inexpressif. Il est sensé jouer un Marco Polo de vingt ans et nous livre une performance aussi peu vive qu’habitée, traversant le film dans des vêtements trop grands qui l’empêchent sûrement de se battre… Le pauvre Richard ne fera guère mieux dans Boxer Rebellion qu’il tournera l’année suivante avec les mêmes vedettes.

Un des grands problèmes de Marco Polo est le fait que le spectateur n’a pas la possibilité de s’attacher aux personnages. Pendant une grande partie du film, la caméra se focalise sur les méchants, Marco Polo et ses guerriers tartares. A part une nette envie de les voir se faire étriper, on n’éprouve pas grand-chose pour eux… Quand les bons entrent enfin dans l’action (les « quatre assassins » du titre américains), il est déjà trop tard : le spectateur n’a plus le temps de se passionner pour leur destin.
Les scènes s’enchaînent alors sous son regard quelque peu absent, parfois amusé par une séquence d’entraînement, parfois lassé par une joute sans relief qui n’en finit pas…

Film de série malgré son sujet prometteur, Marco Polo est un nouvel échec artistique pour Chang Cheh (ce sera également un échec financier). Il changera bientôt d’orientation et entamera son cycle Shaolin.
David-Olivier Vidouze 9/23/2005 - haut

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