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Critiques Express

Le Caïd de Chinatown    (1977)
Un jeune chinois (Alexander Fu Sheng) s’installe de façon illégale chez son oncle à Hong Kong. Naïf et forte tête, il ne tarde pas à s’attirer les foudres d’un petit caïd local (Johnny Wang Lung Wei) et doit fuir pour les Etats-Unis. Là-bas il deviendra ami avec un jeu taïwanais venu étudier, mais ses talents de combattant vont une fois de plus attirer l’attention des triades.

Considéré comme le premier film à rassembler les Venoms (alors que Heaven And Hell, sorti plus tard au cinéma, a été tourné avant), Chinatown Kid est surtout le film qui résume le mieux la carrière du regretté Alexander Fu Sheng. Nous sommes déjà en 1977 lorsque le film sort sur les écrans, et le jeune Fu Sheng est fort apprécié du public. Il a déjà créé son image, et c’est dans ce film qu’elle est le mieux exploitée.

Reprenant la trame de Disciples Of Shaolin dans un contexte contemporain, Chinatown Kid est un film difficile à juger. En effet, le montage hongkongais réédité il y a peu par Celestial est amputé d’une bonne partie de la trame originale, et reste plus court de près d’une demi-heure que le montage anglais.

Malheureusement, ce montage uncut n’est disponible qu’en VHS à la qualité désolante et au doublage navrant. Toutefois, en l’état, le montage HK ne permet pas de porter au film le regard qu’il mérite. On passe d’une scène à l’autre sans transition, les personnages discutent pour donner un coup de pied dans un autre lieu le plan suivant. On pourrait croire à une plaisanterie si Celestial ne faisait pas payer de montage !

Ayant vu les deux versions, je vais chroniquer le film en imaginant l’avoir vu avec la qualité d’image du Celestial, mais avec le montage anglais. Durant 2 heures, Chinatown Kid est un pur film de Chang Cheh. On retrouve le petit discours social existant déjà dans Boxer From Shantung et Disciples Of Shaolin. Mais cette fois, c’est une montre digitale qui vient remplacer le porte cigarette et les chaussures neuves. Comme dans ces deux films, on assiste en parallèle à l’ascension du héros dans un milieu peu fréquentable et à la destinée d’un ami plus sage.

C’est Sun Chien qui hérite de ce rôle dont il s’acquitte avec beaucoup de conviction. Loin d’avoir le charisme ou la panoplie de jeu d’un Alexander Fu Sheng ou d’un Ti Lung, l’acteur se montre très convaincant et s’investit totalement dans son rôle. De quoi regretter que Chang Cheh n’ait jamais tenté de lui offrir de vrais rôles. Martialement, il nous gratifie comme à son habitude de coups de pieds impressionnants et puissants, même s’il ne se bat qu’à de trop rares occasions.

A ce titre, les combats sont échelonnés avec régularité, assurant un rythme soutenu, sans qu’on n’ait jamais l’impression d’assister à une succession de démonstrations. Le récit s’installe en prenant son temps, et se construit de façon intéressante. On s’attache rapidement à ces immigrés qui tentent, chacun à leur manière d’échapper à une destinée difficile. La réalisation de Chang Cheh est plutôt soignée, il n’est pas encore dans son obsession des zooms et des films vite faits qui caractérisera son cycle Venoms. On est bien sûr très loin des wu xia pian élégants, mais le tout est fait avec soin.

Même si Chinatown Kid est considéré comme un film des Venoms, tous n’ont pas de rôle significatif. Philip Kwok et Lo Meng jouent des chefs de gang se livrant bataille, mais Chiang Sheng et Lu Feng ne font que de la figuration. Dick Wei est d’ailleurs plus présent que lui et nous gratifie de quelques coups de pieds dont il a le secret.

Les combats sont vifs et brutaux, dans un style pugilat de rue chorégraphié mais vraiment efficace et approprié. Fu Sheng assure le spectacle avec beaucoup d’assurance, tant dans les affrontements que dans la partie dramatique.

Chinatown Kid représente indéniablement l’une de ses prestations les plus réussies. Son charisme est incroyable, son mélange d’innocence naïve et d’arrogance bête font qu’on espère vraiment qu’il retrouvera le droit chemin.

La fin est sans surprise quand on connaît Chang Cheh… Si ce n’est que les deux montages ne finissent pas de la même manière. Le montage UK est plus proche de ce à quoi l’Ogre nous avait habitués. La fin hongkongaise semble par contre plus proche des attentes de la censure chinoise….

Chinatown Kid n’est peut être pas aussi réussi que certaines œuvres majeures de Chang Cheh, notamment à cause d’un climax en deçà des attentes et à une réalisation moins percutante et expérimentale qu’à l’époque de ses Wu Xia Pian. Il n’en reste pas moins un excellent film à découvrir.
Léonard Aigoin 1/20/2010 - haut

Le Caïd de Chinatown    (1977)
Avant toute chose, il faut savoir qu’il existe plusieurs versions de Chinatown Kid proposant des fins alternatives, des montages différents et plus ou moins de scènes martiales. Comme c’était souvent le cas à l’époque, les films étaient montés en fonction de marchés bien particuliers et de spectateurs bien ciblés. Les œuvres de la Shaw Brothers faisaient à l’époque le bonheur du public de Hong Kong mais aussi de toutes les Chinatowns du monde. Avec Chinatown Kid, qui visait particulièrement cette population d’émigrés, les versions furent multiples. Elles avaient parmi leurs objectifs principaux de flatter et réconforter ces déracinés en la personne d’un jeune homme qui, comme eux, avait à lutter pour survivre loin de chez lui. Les montages destinés à ce type de public étaient donc naturellement plus violents et mettaient en avant la puissance des arts martiaux chinois millénaires.
Aujourd’hui, il existe ainsi plusieurs versions de Chinatown Kid, avec des durées allant de 86 minutes (la version de Hong Kong) à 120 minutes (la version des Etats-Unis distribuée parWarner Brothers). La critique qui suit est basée sur le montage hongkongais.

Tan Tung (Alexander Fu Sheng) est un jeune réfugié chinois fraîchement débarqué à Hong Kong en toute illégalité. Dépourvu de carte d’identité, son grand père a du mal à lui trouver un emploi stable et il se trouve contraint de vendre des jus d’orange « pressés à la force du poing » à la sauvette.
Bagarreur et fougueux, il se met bientôt à dos un chef de triade local Xu Hao (Johnny Wang Lung Wei) qui le piège et tente de le faire arrêter pour trafic de drogue. Il n’a alors d’autre alternative que de fuir la colonie anglaise vers les Etats-Unis.
A peine arrivé à San Francisco, il est engagé par un restaurateur peux scrupuleux et fait connaissance avec un étudiant taiwanais, Yang Jian Wen (Sun Chien), lui aussi sans le sous. Le sort s’acharnant sur Tan Tung, il lui faudra peu de temps pour être à mêlé à une lutte entre deux bandes locales, le club du Dragon Blanc et celui du Tigre Vert…

Chinatown Kid est une date dans le cinéma de Hong Kong de la fin des années 70. C’est tout d’abord le premier film qui rassemble l’équipe que nous connaîtrons bientôt sous le nom des Five Venoms (six acteurs, en fait, si l’on rajoute un invité quasi permanent, Wong Lik), Sun Chien ne jouant pas dans Shaolin Temple. C’est Chang Cheh lui-même qui alla en recruter les membres, la plupart travaillant alors à Taiwan.
Chinatown Kid est aussi un film très particulier dans la carrière de son réalisateur qui, de retour de Taiwan et après avoir tourné une série des films mettant en scène des moines Shaolin (un filon qu’il exploita jusqu’à l’usure), plaçait son récit dans un contexte social fort appuyé. C’est le désespoir et les désillusions des réfugiés chinois croyant trouver fortune à Hong Kong qui nous est brillamment décrit par Chang Cheh. Dès le départ, leur désir d’intégration réussie est quasiment vouée à l’échec : sans carte d’identité, aucune possibilité de travail honnête et bien rémunéré… Deux possibilités sont alors offertes aux plus acharnés (les autres rentrent en Chine continentale ou se font exploiter par des patrons peu scrupuleux) : le crime ou la débrouille. Tan Tung (Alexander Fu Sheng), plein d’optimisme, choisit la seconde solution et décide de vendre à la sauvette des jus d’orange « pressés au poing ». Malheureusement pour lui, sa jeunesse et sa fougue vont lui faire croiser la route d’un chef de triade (Johnny Wang Lung Wei) qui, pour une broutille (une montre cassée dans la version hongkongaise mais la défense d’une prostituée maltraitée (Kara Hui) et de son grand-père agressé dans la version américaine), va le piéger en lui déposant un sachet de drogue dans la poche avant de prévenir la police. Tang Tung n’a plus d’autre choix que fuir pour les Etats-Unis, nouvelle terre d’exil.
L’Amérique sera-t-elle l’eldorado du jeune écervelé ? Que nenni, les problèmes seront quasiment identiques : les mêmes chinois établis qui exploitent les mêmes chinois réfugiés sans le sous… Mais cette fois-ci, Tan Tung ne tergiverse pas et rejoint bien vite – après une expérience de cuisinier dans un restaurant – le clan des Dragons Verts, dirigé par Pai Lung (Philip Kwok). Doué pour les arts martiaux, il se fait vite un nom dans le milieu et arbore fièrement des costumes du plus bel effet. Seulement voilà, son ascension sociale repose sur des bases qu’il ignore ou feint d’ignorer. Et lorsqu’il n’arrive plus à refouler les tourments de sa conscience, il décide de tout abandonner et se met à dos l’ensemble les triades locales… Parallèlement à ce destin qui n’est pas sans rappeler les grandes fresques criminelles dépeintes dans le cinéma américain des années 30 et 40 (on peut penser à Scarface, The Roaring Twenties ou White Heat pour le schéma), nous voyons évoluer un jeune homme venu aux Etats-Unis pour étudier. Lui aussi fauché et condamné à travailler pour trois fois rien, il n’arrive plus à allier l’université et son emploi de serveur… Il trouve refuge dans la drogue pour tenter de conserver la tête hors de l’eau, alors qu’en fait il se noie.
Chang Cheh met donc en parallèle ces deux destins qui, chacun à leur manière, luttent pour leur survie et un avenir radieux : d’un côté le lettré qui a un objectif à atteindre et un espoir tangible de vie meilleure, et d’un autre côté le petit nerveux qui n’a que sa gouaille et sa force physique pour lui.

La reconstitution du San Francisco des années 70 est assez réussie, même si de petits détails font bien sourire. Certains plans ont en effet été tournés sur place (vue du magnifique pont rouge, Fu Sheng prenant un des bus caractéristiques de la ville, rues en pente, etc.), d’autres dans les studios de la Shaw Brothers (les intérieurs,les scènes de combats de rue) et, enfin, en extérieur à Hong Kong. Le peu de soucis accordé à la reconstitution historique ou géographique est flagrant chez Chang Cheh. On pourra s’en apercevoir lors de la poursuite en voiture où les véhicules ont leur volant à droite ou en observant simplement la végétation luxuriante typiquement asiatique !
Les costumes, quant à eux, sont classiques de cette époque mais contemporains au tournage du film (peu de gloire à en tirer, donc).
La musique, funky en diable, fait immanquablement songer aux bandes originales des films de la blaxploitation.

Chinatown Kid est très certainement un des meilleurs films d’arts martiaux contemporains et une des plus grandes prestations de Fu Sheng, bien plus à l’aise ici que dans un film en costume, affublé d’une immonde perruque ! Il est tout simplement époustouflant dans les scènes de combat réalistes et violentes en diable. Les Venoms ne sont pas en reste, même si leurs prestations sont plus disparates.

On notera au générique, dans le rôle de la fille du pressing, la présence de Jenny Tseng, la véritable épouse de Fu Sheng dans la vie et habituée des chansons des films de Chang Cheh (elle chante celle de Chinatown Kid mais aussi celle de The Brave Archer 3).

La version américaine du film intègre des acteurs qui ont disparu dans la version hongkongaise, parmi lesquels Kara Hui, qui joue le rôle d’une prostituée, Dick Wei et Choi Wang, membres des triades, etc. Elle est bien plus violente, comporte beaucoup plus de scènes d’arts martiaux et propose une fin plus « changchehienne » !
David-Olivier Vidouze 2/24/2005 - haut

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