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Critiques Express

Wu Song, le tueur de tigres    (1982)
Tourné en 1982, Tiger Killer est l’un des films de la Shaw mettant en scène le célèbre Wu Song, l’un des 108 bandits activement poursuivis par les autorités de la Dynastie des Song.

Bien que tourné après Delightful Forest, Water Margin et All Men Are Brothers (tous en partie réalisés par Chang Cheh), Tiger Killer est celui dont l’histoire est la plus ancienne puisqu’elle se déroule juste avant celle de Delightful Forest.

Ti Lung interprète Wu Song, le tueur de tigre du titre, tout comme dans les films précédents d’ailleurs. Pourtant, ce n’est pas lui le rôle principal contrairement à ce qu’on pourrait croire. Ku Feng, qui une fois de plus joue un ignoble barbu, n’est pas horrible moralement pour une fois, mais bien physiquement. Celui qui persécuta tant d’années les chevaliers héroïques de Chang Cheh et les héros plus ambigus de Sun Chung, trouve ici le rôle de sa vie.
Habitué à surjouer, à froncer les sourcils à outrance et aux poses grandiloquentes d’un acteur d’opéra, on pouvait craindre le pire, sachant qu’il joue un nain peu avantagé par la nature. Affublé d’un maquillage plutôt réussi, il offre une prestation qu’on ne peut pas réellement qualifier de sobre, mais d’une intensité surprenante, et d’une justesse admirable, sans jamais trop en faire. On regrettera le subterfuge franchement raté de la robe censée cacher le fait que l’acteur est à genoux, mais cela ne suffit pas à enlever les qualités dramatiques de l’acteur.

Ti Lung est comme toujours éclatant de charisme et l’alchimie entre les acteurs apporte beaucoup au récit. Sans cette complicité de jeu, le drame n’aurait pas cette force. Ce qui est d’autant plus surprenant quand on entend aujourd’hui Ku Feng en interview, ce dernier n’hésitant pas à déblatérer sur ses anciens collègues. Wong Ping apporte la touche féminine dangereuse et nocive, la beauté, et donc, immanquablement, le mal. Sa prestation est également convaincante, même s’il reste plutôt dans l’ombre des acteurs masculins. Elle sait semer le trouble et se faire détester.

D’un point de vue technique, les décors sont exploités au maximum, on a droit à quelques scènes dans la neige, et les plans sont très travaillés. Mais c’est surtout la narration choisie par Li Han Hsiang qui fait de Tiger Killer un drame passionnant. Si les deux premiers tiers sont de facture classique, la reconstitution du meurtre et le procès officieux sont aussi audacieux que pertinents. Le rythme s’accélère pour un final des plus émotionnels, et on attend la catharsis avec frénésie. Si le seul véritable combat du film est un peu décevant d’un point de vue martial, ce n’est pas le cas du point de vue dramatique. La conclusion est d’ailleurs aussi brutale qu’efficace et constitue un prologue des plus réussis à l’avènement de Wu song.

Au final, on a donc l’impression que deux histoires se jouent en parallèle : le drame familial, intimiste, et la construction identitaire de Wu Song, le héros presque invincible, capable de tout, mais qui aime tellement ce frère infirme qu’il s’agenouille devant lui. Alors que tout le monde le considère comme un héros, il reste le petit frère et vénère son ainé. Cette relation entre les deux frères est passionnante et réellement touchante. La cohabitation entre les deux aspects du film aurait pu être ardue, mais le réalisateur parvient à nous faire vibrer face à ce héros au caractère épique sans jamais nous faire oublier l’humanité de ses personnages.

Incontournable.
Léonard Aigoin 8/27/2009 - haut

Wu Song, le tueur de tigres    (1982)
Ne vous y trompez pas, malgré son titre accrocheur, le fait qu’un tigre y est réellement tué à mains nues et la présence de Ti Lung, Tiger Killer n’est pas un film d’arts martiaux : c’est un drame adapté du célèbre roman picaresque chinois Au bord de l’eau (Shui-Hu-Zhuan) de Shi Nai-An, auquel le réalisateur a incorporé des éléments du classique de l’érotisme Jin Ping Mei, écrit par Hou Hui, ou vice-versa.

Li Han Hsiang s’est donc penché sur quatre chapitres d’Au bord de l’eau (une somme de près de deux mille pages) ayant pour héros Wu Song (Ti Lung), un guerrier qui a débarrassé une région d’un tigre qui y semait la terreur. En remerciement, les autorités locales, en la personne du magistrat, le nomment chef de la police. Il revient alors dans la ville qu’il avait du quitter suite à une rixe sur la voie publique et y retrouve son frère, le nain Wu l’Aîné (Ku Feng), qui l’invite à séjourner chez lui. Il découvre avec surprise que celui-ci est marié à une superbe jeune femme, Pan Janlian / Golden Lotus (Wong Ping), par ailleurs héroïne du roman érotique Jin Ping Mei. La cause de cette union plus qu’étrange est bien vite révélée au spectateur : prise en faute dans le lit de son ancien maître (Chan Shen), elle est condamnée par sa maîtresse à épouser l’homme le plus hideux de la ville… le frère de Wu Song. Bien entendu, elle se refuse à lui et s’offre des aventures extraconjugales qu’une entremetteuse (Wang Lai) ne manque pas de lui arranger. Elle en vient même à jeter son dévolu sur Wu Song qui la repousse violemment. Profitant de l’absence pour affaires de cet encombrant beau-frère, elle noue une relation avec un riche notable (Anthony Lau Wing) et, avec son aide, assassine Wu l’Aîné. De retour, Wu Song est terrassé par la nouvelle et soupçonne bien vite sa belle-sœur. Il décide de mener sa propre enquête et se heurte à la corruption ambiante…

La trame du récit fait immanquablement penser à un autre film de Li Han Hsiang, Golden Lotus, réalisé 8 ans plus tôt et gros succès commercial lors de sa sortie (il avait également pour origine le roman érotique Jin Ping Mei).
Il est indéniable que la mise en chantier de ce remake, enrichi d’un simple prologue au cours duquel Wu Song tue un tigre, est la conséquence de considérations financières, à une époque où la Shaw Brothers tournait au ralenti. La formule était prometteuse : une histoire classique, une star martiale incontournable et vénérée (Ti Lung), une valeur sûre maison (Ku Feng), une jolie actrice (Wong Ping), une touche d’érotisme (beaucoup moins cependant que dans Golden Lotus) et un metteur en scène de confiance (Li Han Hsiang), rompu à ce genre d’exercices. Le résultat n’est donc pas déshonorant, loin de là, mais ne provoque pas l’enthousiasme, l’aspect « film de prestige » étant un peu trop mis en avant.
Li Han Hsiang, comme à son habitude, effectue un travail d’esthète, qu’il œuvre dans la reconstitution historique sérieuse (Beyond The Great Wall, The Empress Dowager, The Last Tempest…) ou la comédie érotique (Illicit Desire, Legends Of Lust, The Warlord…) : superbes décors, magnifiques costumes, élégants mouvements de caméra (beaucoup de plans d’ensemble en plongées verticales), maquillages et coiffures soignés, etc. La plastique n’est pas un vain mot pour ce réalisateur !

Mais Li Han Hsiang est également un bon directeur d’acteurs et la performance des interprètes principaux est remarquable. Ti Lung, en éternel guerrier brave, naïf et puceau (c’est le propre de tout bon chevalier, la chair étant à bannir !), est impeccable, même s’il commence à accuser le poids du temps (c’est à cette époque que son visage commence malheureusement à s’empâter…). On notera qu’il incarne pour la troisième fois à l’écran le personnage de Wu Song, après The Delightful Forest - qui, dans le roman Au bord de l’eau, fait directement suite à Tiger Killer -, The Water Margin et All Men Are Brothers - des épisodes se déroulant pour leur part beaucoup plus tard dans le livre -. La performance de Ku Feng est plus spectaculaire (il a d’ailleurs gagné le prix du Meilleur second rôle aux 19ème Golden Horse Awards en 1982). L’acteur campe d’une part un nain et, pour cela, a dû tourner l’intégralité du film accroupi, mais il joue pour une fois sur la corde de la victime honteuse et résignée. Lui qu’on a le plus souvent applaudi dans des rôles de brutes machiavéliques et sanguinaires est extrêmement touchant dans son rôle de cocu handicapé et soumis. Les scènes au cours desquelles il tempère son frère prêt à corriger sa femme sont d’une admirable densité émotionnelle. C’est Wong Ping qui donne vie à l’infidèle Pan Janlian, réputée pour la petite taille de ses pieds (les « Golden Lotus », nom qu’on leur donnait dans la Chine ancienne). Alors que dans la précédente adaptation de Li Han Hsiang, ce personnage était méchant, dans Tiger Killer l’actrice lui apporte une humanité nouvelle et en fait une victime autant qu’un bourreau : violée par son maître – même si elle semble y avoir finalement pris quelque plaisir -, elle est poussée à l’adultère par une mère maquerelle et au crime par son riche amant. Wong Ping obtint pour ce rôle le prix de la Meilleure actrice aux 19ème Golden Horse Awards.

Nouvelle pierre à l’édifice Li Han Hsiang, dont le grand dessein aura été de décrire les mœurs de la Chine ancienne, Tiger Killer est aussi un des derniers grands films de son auteur.
David-Olivier Vidouze 7/18/2005 - haut

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