Hong Kong Cinemagic
Version française English version
 Critiques   Forum   Facebook  
 Personnes
 Films
 Studios
 Lexique
 Vos réglages

Rech. HKCine
Utiliser la Recherche Google
>> Aide

 Réalisateurs
 Acteurs
 Techniciens
 Producteurs

 Arts martiaux
 Action / Polar
 Drame & Opéra
 Catégorie 3

 Shaw Brothers
 Comptes rendus
 Industrie du film
 Culture et société

 Tests DVD Z2 VF
 Tests DVD SB Z2
 Autres Tests DVD
 Bibliographie
 Guide d'achat

 La Catégorie 3
 Héros handicapés
 Le Japon et HK
 Index des Archives

 BOF & Musique
 PDF & E-books
 Livre d'or VIP

 Plan Du Site
 Archives des éditos
 Aide à la Navigation
 Rédaction
 Historique
 Liens Web
 Le ciné HK et nous
 Livre d'or
 Remerciements
 HKCinemagic 2

Statistiques :
11630 Films
19215 Personnes
1448 Studios
230 Articles
82 Interviews
155 Tests DVD
32452 Captures DVD
3722 Vidéos
Critiques Express

Ip Man : la légende est née    (2010)
Que le cinéma de Hong Kong ait eu tendance à exploiter jusqu’à l’overdose des personnages historiques en leur attribuant des exploits proches de la mythologie, ce n’est pas nouveau. Mais le cas Ip Man représente une véritable aubaine pour une industrie dont les sentiments patriotiques et xénophobes paraissent plus vifs que jamais. Wilson Yip avait déjà exploité le contexte de la guerre pour montrer le véritable visage des japonais (des êtres répugnants et diaboliques) dans son Ip Man. Le second opus lui a permis de remettre le point sur les I à ces barbares d’occidentaux qui ne savent que vociférer et se battre (pas si bien que ça d’ailleurs, puisqu’ils finissent toujours par perdre).

Bien sûr, réduire les films mettant en scène le maître de Bruce Lee à leur simple côté (très prononcé) nauséabond est injuste, car ils ne sont pas dénués de qualités (ni de défauts). Mais même avec une équipe différente, le personnage d’Ip Man, montré ici de son enfance à son accession au statut de maître, est une fois de plus au centre d’une histoire où l’ennemi est toujours étranger. Cette fois, l’occidental vociférant et raciste finira par se repentir et n’apparaîtra que le temps d’une scène. Mais une fois encore, les japonais sont montrés comme des fourbes prêts à tous les coups bas pour gagner de l’argent.

Si cet aspect, qui constitue un bon tiers du scénario n’est pas le point fort du récit, les autres ne révèlent pas beaucoup plus convaincants. L’histoire est décousue, et les enjeux tardent à apparaître. Les amourettes de nos personnages sont aussi prévisibles qu’ennuyantes, comme les retournements de situation liée aux démons étrangers. Finalement, c’est la partie la plus calme, constituée de tranches de vie, qui paraît la plus intéressante. On y voit des conflits d’idées liées à l’apprentissage et la pratique du Wing Chun, des conflits de génération…. Peut être qu’au lieu de chercher le mal ailleurs, il aurait été plus intéressant de se focaliser sur les conflits inhérents à l’art en lui-même et aux querelles familiales, plus crédibles. Au final, l’histoire est non seulement trop fragmentée et mal écrite, mais elle verse largement dans le grand guignol sur la fin. N’oublions pas les tentatives de double discours peu subtiles, comme cette déclaration de Fan Siu Wong qui lance à Ip Man qu’il devrait faire un film pour promouvoir le wing chun.

Ces défauts sont d’autant plus regrettables que l’œuvre d’Herman Yau possède un certain nombre d’atouts. En effet, dès les premières images, on est rassuré par l’aspect général du film. Les moyens ne sont certainement pas les mêmes que dans la version Wilson Yip, mais le traitement visuel ne donne jamais l’impression de regarder un sous produit. Le générique d’introduction, flashforward récapitulatif de certains éléments de l’intrigue de Ip Man, bénéficie d’effets de montage au style très grindhouse tout à fait bienvenu. La photographie est de qualité, appuyée par une légère teinte sépia qui renforce l’aspect ancien. La caméra, très mobile, témoigne d’une réalisation ample et ambitieuse, y compris dans les dialogues qui dépassent largement le stade du simple champ contre champ. Herman Yau s’est appliqué à livrer un produit soigné et visuellement attractif.

De même, les décors et les costumes sont tout à fait réussis, et contribuent à une immersion qui aurait pu être complète avec une histoire mieux écrite. Ce sentiment est renforcé lors d’une scène de spectacle en pleine rue où l’animation donne réellement une impression de vie. Une sensation que l’on n’a pas, en revanche, en regardant jouer Denis To. Son jeu est tellement vide de substance que son Ip Man devient rapidement très ennuyeux. Quand on voit son niveau martial, on regrette qu’il n’ait pas pu profiter de l’apprentissage d’un maître en art dramatique aussi exigeant que ses maîtres d’arts martiaux. Par chance, il n’est pas le seul acteur. Si les rôles féminins ne permettent pas d’interprétation inoubliable, le désormais omniprésent Fan Siu Wong livre une prestation très convaincante. Il se montre plus charismatique que jamais et prouve qu’il est à présent capable d’apporter de nombreuses nuances à son jeu et que sa palette d’émotions s’est largement enrichie. On a également le plaisir de retrouver Yuen Biao, très à l’aise dans son rôle de maître. L’acteur a la possibilité de jouer sur le registre dramatique, mais aussi comique lors d’une scène où il prouve ses talents de narrateur avec bonheur.

Mais même si le film n’est pas exempt de bonnes prestations dramatiques, ce sont surtout les exploits martiaux de nos interprètes qui nous intéressent. De ce point de vue, la première bonne (très bonne) surprise est la mise en scène d’Herman Yau. Alternant gros plans, plans américains et plans d’ensemble, le réalisateur ne surdécoupe jamais l’action (sauf lors de l’avant dernier combat mettant en scène un grand nombre de combattants), offrant aux spectateurs des plans contenant systématiquement plusieurs mouvements (dépassant parfois la dizaine de mouvements en un plan, procédé de plus en plus rare). Le montage est très bon, pour un rendu à la fois dynamique et toujours lisible. Et il faut bien avouer qu’avec Tony Leung Siu Hung aux chorégraphies, il serait bien dommage qu’il en soit autrement. Les combats sont d’une rapidité et d’une fluidité qui réjouit vraiment. Que ce soit une démonstration yeux bandés entre Sammo Hung (impérial) et Yuen Biao, les échanges fraternels entre Denis To et Fan Siu Wong (le premier étant tout simplement hallucinant) ou dans un pré-final varié et spectaculaire, le chorégraphe livre un travail de très haute volée. Seul le final déçoit, car court, peu impressionnant, et ayant le malheur d’arriver après un pré—final très réussi. Une fois de plus, on regrettera l’utilisation de câbles dans un film dédié au Wing Chun, style qui mérite davantage de réalisme, mais leur emploi n’est pas excessif, et sert surtout à rendre les chutes moins dangereuses. Quoi qu’il en soit, Ip Man The Legend Is Born est un véritable festival martial, rythmé, impressionnant, et surtout jouissif.

Le film d’Herman Yau est loin d’être dénué de défauts, mais avec un véritable scénariste (à quand une école de scénariste à Hong Kong ?) il aurait pu être très bon. En l’état, il s’agit d’un très bon divertissement, aux combats qui méritent le détour, à la technique maîtrisée, et à l’interprétation inégale, mais de grande qualité pour ceux qui savent jouer.

Ceux qui ont aimé les Ip Man de Wilson Yip devraient apprécier.
Léonard Aigoin 9/2/2010 - haut

Index de la page
 9/2/2010 Léonard Aig...

 Publicité avec Google AdSense   Participer au site   Contact   FAQ   Utilisation contenu du site   Disclaimer   Rapport d'erreur  
copyright ©1998-2013 hkcinemagic.com