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Critiques Express

Underground Banker    (1994)
Underground Banker est souvent cité quand le sujet Category III est mis sur la table. Pas très étonnant quand on voit qu’il traduit à sa façon une double crise et qu’il correspond assez bien aux descriptions qu’on a faites des films destinés à cette classification : violents, malsains et transgressifs.

D’un point de vue social, on a souvent analysé certains films de category III dans la veine de ce Underground Banker, comme des reflets de la crise qui touche aussi bien la population hong kongaise qui ne sait ce que l’avenir après la rétrocession lui réserve, que le petit monde cinématographique de l’île dans les années 90. En effet, la débauche cinématographique labellisée category III sur laquelle parient certains producteurs, est une marque du manque d’optimisme et d’idées des cinéastes qui pour certains se retrouvent obligés de montrer des fesses et du sang pour vivre. De plus, le contenu de certains de ces films exprime le désenchantement des hong kongais en dénonçant leur mentalité et en affichant sans aucun détour les vices qui rongent la société moderne (sexe, drogue, violence), c’est donc pourquoi la troisième catégorie de classification est souvent synonyme de pessimisme. Underground Banker répond assez bien à cette thèse peu fouillée, et est un exemple de choix dans une jungle dont chaque animal veut à tout prix être plus malsain que celui d’à côté.

Le personnage principal de Underground Banker (Anthony « mister psychopathe » Wong), est conforme au règlement qui veut que les pires choses arrivent toujours au brave type de service. Bien sûr, ce monsieur est un citoyen tout ce qu’il y a de plus normal (un peu gogol sur les bords tout de même), marié à une belle femme et avec enfant, exerçant un métier peu enviable. Il va perdre tout ce qu’il a de plus cher, et la personne sur qui il peut compter pour le soutenir n’est pas celle à qui il aurait pu penser : dans un monde où chacun s’occupe de ses soucis sans aider son prochain, dur à trouver est le réconfort quand la détresse pointe le bout de son nez. Ainsi, après la perte de sa chère femme et la défiguration de son fils par d’affreux mafieux, c’est épaulé par son voisin tueur qu’Anthony, de nature inoffensive, va se venger dans un bain de sang. Spectateur passif des atrocités qui détruisent son entourage (le personnage est identique à celui de Kent Cheng dans Run And Kill) comme la prostitution et le viol de sa femme, notre homme est ainsi le symbole du citoyen « mouton » mené à mal par les triades qui brisent sa vie tranquille sans qu’aucune force d’autorité officielle ne puisse rien faire : les policiers ferment les yeux, les gens sont égoïstes, mais le tueur psychopathe est toujours là pour faire régner la justice. Bref, c’est une société pourrie jusqu’à la moelle qui est ici décrite et qui nourrit une fois de plus les désirs pervers d’un réalisateur.

Nul besoin de s’attarder sur la gratuité et la jolie démonstration de la violence dans Underground Banker, rien ne changeant par rapport aux autres fleurons du genre. Ici, un viol doit être sensuel et engendrer ce que vous savez chez le spectateur mâle. Peu importe la moralité de la scène si la charmante actrice engagée pour son tour de poitrine se dévoile, voici la réaction typique qu’on a devant une scène de viol de Underground Banker. Et si la nudité et les belles créatures sont ce que vous cherchez, le film de Bosco Lam ne devrait pas vous décevoir. Mais au contraire d’un Run And Kill qui assumait sa noirceur jusqu’au bout, Underground Banker se laisse aller au fameux mélange des genres, lui aussi si familier aux films de categroy 3.
Comédie débile et sujet morbide ont fait bon ménage chez de nombreux réalisateurs. Là, on est une fois de plus obligés de subir des gags moisis (l’érection d’Anthony Wong sous la couette, un grand moment où l’on se sent coupable de ne pas rire) et ces répliques lourdingues toujours aussi regrettables, venant saboter le superbe travail d’acteur d’un William Ho aussi malsain que dans Daughter Of Darkness. La category 3 se doit, dans sa recherche des excès, d’être délirante et déjantée mais force est de constater que Bosco Lam est plus doué pour filmer une scène d’amour que pour faire rire avec certains de ses gags aussi bidonnants que le présentateur du Bigdil. On s’amusera plus devant les clins d’oeils de Bosco Lam aux classiques du genre auquel appartient son film, le réalisateur n’ignorant évidemment pas que depuis The Untold Story, Anthony Wong a du mal à se dépatouiller de ses rôles de tarés. Du voisin tueur si caricatural (en la personne de ce cher Dr Lamb !), possédant dans son appartement une tronçonneuse et des boyaux, aux cris d’Anthony Wong lors de la monstrueuse scène finale (« je vais faire de vous des buns ! »), le film est truffé de références à un univers cinématographique composé de psychopathes déjantés et d’obsédés, clins d’oeils empêchant eux aussi de prendre Underground Banker pour autre chose qu’un show violent et voyeur.

Si l’univers Category III est un territoire du cinéma de HK qui vous intéresse, Underground Banker est un film qu’il vous faudra voir au même titre que ses petits copains réputés The Untold Story, Daughter Of Darkness, Red To Kill et compagnie. Si par contre, seins, sang et violence balancés sans beaucoup de raisons à l’écran ne sont pas des motifs suffisants pour vous pousser vers un film, celui-ci risque de vous ennuyer fortement.
Florent d'Azevedo 11/12/2004 - haut

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 11/12/2004 Florent d...

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