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Viva Erotica
2ème lecture : l’industrie du film à HK 1/1 - Page 3
Infos
Auteur(s) : Bastian Meiresonne
Date : 22/2/2004
Type(s) : Critique
 
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Personnes :
David Chiang Da Wei
Lau Ching Wan
Wong Kar Wai
Derek Yee Tung Sing
Films :
Les Anges Déchus
Full Throttle
Lexique :
Triades
 
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La deuxième lecture est bien plus complexe et aborde l'industrie cinématographique en général, et celle de HK en particulier. Comment concilier un semblant de courant artistique dans un milieu essentiellement basé sur la rentabilité ? Derek Yee Tung Sing a dû se poser cette question plus d'une fois, enchaînant oeuvres personnelles et commerciales, passant d'un C'est la vie mon Chérie à Full Throttle. Sing, le réalisateur, est constamment tiraillé entre le désir de vouloir faire une œuvre personnelle, tout en étant obligé de faire du commercial. Il a eu l'occasion par le passé de réaliser deux films d'auteur, métrages qui ont essuyé de lourds échecs au box-office, le dé-crédibilisant aux yeux des producteurs. Le rêve de Sing de pouvoir tourner un " polar esthétisant " (sans doute un clin d'œil aux Fallen Angels de Wong Kar Wai, pur projet commercial, finalement considéré art et essai) se transforme en un cauchemar ultime pour chaque réalisateur en se voyant dépossédé de son projet, pire, d'avoir à le transformer en quelque chose de fauché et indigeste ! Yee et Law se penchent donc sur le cas délicat entre " faire un film d'auteur " ou " faire un film commercial ". Et d'épingler par la même occasion tous les producteurs du monde, qui suivent les tendances actuelles et décident de ce qu'ils pensent que les " spectateurs ont envie de voir " ; en l'occurrence, du sexe.

Véritable réflexion poussé encore plus loin au cours du film de par la personnification d'un alter ego de Derek Yee en la personne de Lau Ching Wan, jouant un réalisateur nommé … Derek Yee. Alors que la sortie d'un film de catégorie 3 affiche complet et amasse plus d'un million de dollars HK en une nuit, le nouveau métrage du Yee " fictif " fait un bide total. Titre de son film : A Streetcar named no wheels, bien évidemment une allusion au grand classique de la littérature A Streetcar named desire / Un tramway nommé désir et de son adaptation cinématographique ; mais également allusion à Full Throttle, premier véritable film commercial du Yee " réel " avant Viva Erotica.

La personnification de Yee à l'écran donne lieu à une autre scène intéressante, toujours ancrée dans la réflexion du cinéma : le Yee " fictif " va tomber sur un groupe de jeunes gens tournant une fiction en 8 mm dans la rue ; alors que les jeunes filment une poursuite, Yee engage une course sur un pont parallèle, les doublant, pour finalement se jeter tête la première dans la mer et ainsi se suicider. Après sa mort, son film connaîtra un succès inespéré. Plusieurs choses peuvent être interprétées de cette magnifique séquence inattendue : d'une part, le vrai " Yee " y met en opposition le tournage léger, joyeux et libre des jeunes cinéastes à celui lourd, pesant et sous pression de Sing. On pourrait également y voir par extension une note nostalgique des premiers pas de Yee dans la réalisation avant qu'il ne se professionnalise (caméra 8mm), ainsi que l'espoir d'un re-nouvellement de génération de réalisateurs par des jeunes, libres et indépendants (ce qui ne s'est toujours pas réalisé depuis). D'autre part, Yee y décrit certainement la " course " du réalisateur à toujours devoir se surpasser, à devancer son public (les jeunes) au risque d'y laisser sa peau…implicitement, Yee semble nous dire qu'à l'instar de Van Gogh, le succès n'adviendrait qu'à la mort de l'artiste.



Yee, réalisateur de soft porn

Lau Ching Wan, l'alter ego de Derek Yee

 

Au cours de cette deuxième lecture, deux autres faits notoires, plus typiques du cinéma HK: d'une part le gros problème du piratage VCD (évoqué par un producteur, chagriné de voir sa dernière production vendue dans les rues avant même que le film ne soit sorti en salles) et d'autre part l'implication des triades dans la production de films de cinéma. Alors que le piratage est toujours d'actualité de nos jours, bien que de larges progrès ont été effectués pour contrer le problème (développement de l'industrie du VCD original pour donner une alternative au DVD plus cher ; sorties en VCD/DVD peu de temps après leur sortie en salles ; lutte réelle et efficace de la part des autorités contre les trafiquants de piratage organisés, …), l'évocation et la tournure en dérision de la part des triades est assez étonnante, bien que salutaire. D'autant plus étonnante, que Derek Yee est affilié à David Chiang, qui est dit avoir de nombreuses affinités avec les triades, notamment en ce qui concerne ses réalisations.

 
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