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Story Of A Discharged Prisoner : les lendemains sont-ils meilleurs ?
Le film qui a inspiré John Woo 1/1 - Page 1
Infos
Auteur(s) : Arnaud Lanuque
Date : 22/12/2004
Type(s) : Critique
Information
 
 Liens du texte  
Personnes :
Connie Chan Po Chu
Patsy Ka Ling
Sek Kin
Ti Lung
Patrick Tse Yin
Walter Tso Tat Wah
Tsui Hark
John Woo
Films :
Le Syndicat du crime
Buddha's Palm
Story Of A Discharged Prisoner
Zu les guerriers de la montagne magique
Studios :
Cathay Asia Films
Shaw Brothers
Lexique :
Wong Fei-hong
Wu Xia Pian
 
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Page 2 : Des thèmes éternels


Alors que nous avons la chance de pouvoir redécouvrir tout un pan du cinéma Hong Kongais à travers les ressorties des films de la Shaw Brothers et de la Cathay, un pan entier de l'univers cinématographique de l'ex-colonie britannique demeure quasi invisible. Il s'agit de l'univers des films cantonais des années 50/60 dont l'influence sur le cinéma de Hong Kong tel qu'on le connaît aujourd'hui est pourtant indéniable. Parmi les œuvres emblématiques de ce courant, on trouve la série des Wong Fei-hong, Buddha's Palm ou l'excellent Story of a Discharged Prisonner, surtout connu des amateurs Occidentaux pour être la matrice du cultissime A Better Tomorrow de John Woo.

Les aventuriers du film perdu…

Le cinéma cantonais des années 50/60 recèle bon nombre de petites perles pour la plupart inconnues du public Occidental. La méconnaissance de ce pan entier de cinéma tient à la fois au manque de curiosité des fans (bloqués soit dans les années 70, soit dans les années 80) et à l'absence de sous-titres anglais sur les rares VCDs à être commercialisés. Le cinéma de Hong Kong doit pourtant beaucoup à cet héritage. Nombre d'acteurs, de réalisateurs ou de chorégraphes majeurs y ont officiés, certains genres spécifiques s'y sont développés (les Wu Xia Pian fantastiques, les films de Kung Fu, les comédies basées sur la recherche du profit…)… Les grandes caractéristiques du cinéma de Hong Kong des années 80/90 étaient déjà toutes là.

Certains producteurs/réalisateurs de l'ex-colonie sont conscients de l'importance de cet héritage. Et surtout l'un d'entre eux : Tsui Hark. Nombre de ses travaux s'inspirent des plus grands classiques du cinéma cantonais des années 50/60. Citons ainsi Zu, bâti sur le modèle des Wu Xia Pian avec Walter Tso ou Connie Chan. C'est aussi dans ce cadre que s'inscrit sa production A Better Tomorrow (Le Syndicat du Crime), confiée aux bons soins de John Woo. Le film est en fait un remake de Story Of a Discharged Prisoner. L'énorme succès du film de Woo a poussé certains critiques et fans occidentaux à se pencher sur l'œuvre originale. On ne peut que s'en féliciter car le film a de belles qualités… Qu'on ne peut apprécier qu'après de longues recherches car l'animal est difficile à dénicher.

Evidemment, le premier réflexe qui vient en regardant le film, c'est de le comparer à A Better Tomorrow. Les deux oeuvres ont assurément de nombreux points en communs mais chacun des réalisateurs a su apporter sa marque personnelle à son oeuvre.

Les retrouvailles des deux frères


Une affaire de famille

Le point commun principal, c'est l'accent mis sur le drame familial. Que ce soit Ti Lung ou Patrick Tse, l'ancien délinquant ne veut que le meilleur pour ses proches, souhaitant leur épargner l'opprobre que son statut de criminel lui apporte. Patrick Tse est certainement celui qui a l'approche la plus extrême pour cela, se coupant de tous contact avec sa famille. Un comportement qui correspond bien au personnage. Tse est en pleine repentance, conscient de ses mauvaises action dans le passé, il accepte d'endurer de nombreuses souffrances (aussi bien physiques que morales) afin d'expier ce difficile vécu. Le jeu de l'acteur retranscrit parfaitement cette dimension. Derrière l'attitude nonchalante de Tse (une de ses marques de fabrique), on sent une puissante tristesse qui habite tout son être. L'ancien délinquant intériorise constamment, fataliste et résigné. Les moments où il exprime sa rage, à la force des poings, n'en apparaissent que plus intenses.

Le traitement du drame familial proprement dit doit beaucoup à la tradition mélodramatique des films cantonais des années 50. On sent cette influence dans l'importance donnée aux aînés, et plus précisément dans Story Of a Discharged Prisoner au personnage de la mère. Dans A Better Tomorrow, le père (amusant de constater que Woo préfère masculiniser le personnage) n'a aucun rôle actif, tout au plus, sa mort sert à sceller le conflit entre les deux frères. Dans Story Of a Discharged Prisoner, la mère représente le bon sens traditionnel. Son point de vue sert de référent pour une bonne partie du public Hong Kongais. Le retour de Tse n'est donc pas une bonne chose à ses yeux, son passé l'a discrédité au plus haut point et, s'il était un fils raisonnable, il devrait éviter d'apporter le malheur à sa famille. Exactement ce que souhaite justement Tse mais le manque de communication et les malentendus règnent dans la famille déchirée. Mais une fois qu'elle réalise la bonne volonté de son fils, son amour pour ses proches et donc, par extension, son acceptation des valeurs traditionnelles, alors elle peut lui accorder son pardon, tout comme le peut la société Hong Kongaise (le public) dans son ensemble. Toutefois, il devra l'exprimer de la manière la plus extrême possible histoire que le drame prenne toute son ampleur. Ainsi va la vie dans l'univers du drame Cantonais…

Une mère qui ne pardonne pas facilement

 

Un meilleur lendemain ?

Un autre aspect que A Better Tpmorrow doit à son illustre prédécesseur, c'est sa dimension sociale. Si John Woo allait directement à l'essentiel en montrant à travers quelques scènes la difficulté de se réinsérer de Ti Lung, Patrick Lung s'attarde davantage sur cet aspect de son histoire. La vision qu'il donne de Hong Kong est contradictoire, à l'image des différentes forces qui traversent sa société. Les deux courants majeurs sont clairement établis et traités de manière on ne peut plus simple. D'un coté, on a le pôle négatif, à savoir One Eyed Jack, le patron du crime (un Sek Kin magistral), responsable de biens des malheurs de Tse. De l'autre, on trouve Ka Ling, en charge de la réinsertion des anciens prisonniers, personnage éminemment positif. Mais ce manichéisme apparent est rendu plus flou grâce à un troisième personnage, ni blanc, ni noir, celui de l'inspecteur (joué par le réalisateur, tout comme le fera Woo 19 ans plus tard) où s'incarne la réflexion de l'auteur. En tant que policier, Lung Kong représente l'ordre. Pourtant, sa méfiance envers l'ancien délinquant agit à contrario, posant de sérieuses difficultés à sa réinsertion. Le paradoxe de ce personnage, à la fonction « bonne » mais aux actions « négatives », renvoi à la situation que connaît Patrick Tse, jugé non pas pour qui il est mais pour qui il était (voir la scène où il utilise ses talents d'ancien voleur pour aider une collègue et où il est immédiatement suspecté des pires intentions). Et c'est bien là le problème de toute la société que met en lumière Patrick Lung, société où les apparences (à travers le métier, le passé, le nom…) règnent au mépris des vrais individualités. Patrick Tse, même devenu quelqu'un de bon, doit porter la croix de son passé... Indéfiniment.

 

Un inspecteur implacable

Le dortoir des assistés sociaux, l'autre réalité de Hong Kong

 

Patrick Lung se contente t-il de ce constat ou propose t-il une solution ? Rien n'est dit de manière directe mais on peut trouver quelques éléments de réflexion dans Story Of a Discharged Prisoner. Evidemment, il faut que l'ancien délinquant se soit amendé et ait accepté de jouer selon les règles de la société (même si celles-ci lui sont très défavorables comme on l'a vu plus tôt). A travers l'importance donnée au drame familial dans le récit, on peut également en déduire l'importance de cette cellule pour pouvoir s'épanouir au mieux. Avec un entourage solide qu'il soit familial (en premier lieu), amical ou professionnel (Ka Ling ou les autres anciens délinquants), le mur des apparences peut être partiellement brisé.

Le choix des lieux de tournage renforce encore l'aspect social du film. Contrairement aux productions en mandarin de la même époque où on évolue dans une Chine idéalisé, le Hong Kong qui nous est présenté ici n'a rien de glamour. Taudis, terrains désaffectés, friches industrielles appartements miteux sont le type d'environnements dans lesquels évolue Patrick Tse. En cela, le film est bien le reflet d'une certaine réalité de l'époque (la même année, la colonie connaîtra des émeutes liés aux conditions de vie difficile d'une partie de la population). Le Hong Kong de 1967 n'est pas que réussites commerciale et vie facile…

 
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