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Festival Cinémas & Cultures d'Asie, Lyon 2004
Critiques des films 4/4 - Page 5
Infos
Auteur(s) : Bastian Meiresonne
Date : 20/11/2004
Type(s) : Critique
Compte rendu
 
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Page 4 : Films Coréens


‘'15'' de Royston Tan

Singapour – 2003 – 1h33
Inédit
Second prix du jury Presse à l'Asiexpo 2004
MA NOTE : 5 / 10

« 15 » narre le quotidien de cinq adolescents en marge du système singapourien à travers trois histoires s'entrecroisant. La première met en scène deux jeunes passant le plus clair de leur temps à sécher les cours pour répéter une chanson-manifeste, qu'ils souhaiteront interpréter au bal de fin d'année pour faire virer la principale. L'un semble attiré sexuellement par l'autre, qui n'arrive pas à oublier un tiers. Ce dernier est le protagoniste de la seconde histoire. De physique androgyne, il est respecté en tant que chef de bande. Après avoir sauvé deux jeunes impliqués dans une bagarre, il leur demande de bien vouloir l'aider à trouver l'immeuble idéal pour se jeter dans le vide. Les deux jeunes seront finalement les protagonistes de la troisième histoire. Vivant ensemble dans un appartement spartiate, ils parlent de tout et de rien. De temps à autre, l'un de deux se rend en Malaisie pour ramener d'importantes quantités de drogues pour les revendre et pour faire la fête… Tous idéalisent le suicide et se demandent bien ce qu'ils font sur cette Terre…

Premier long métrage du jeune et prolifique Royston Tan (28 ans), ‘'15'' est l'adaptation de son court-métrage homonyme (diffusé sur ARTE), rallongé de deux autres histoires.

Mélangeant habilement l'audace visuelle d'un Darren Arronofsky avec l'univers particulier d'un Larry Clarke, ce film est un véritable manifeste contre le lisse système singapourien et il est même étonnant, que la censure n'ait pas simplement interdit toute diffusion de cette œuvre. Des scènes très dures montrent des jeunes se taillader les bras à coups de cutter ; de tenter d'avaler des préservatifs bourrés de pilules; s'affronter dans le métro.

Singapour est un état disciplinaire, réprimant par de lourdes peines le simple fait de cracher dans la rue ou de jeter un mégot par terre. Les triades ou gangs de rue ont été longuement traqués et le mot d'ordre est à la discipline et à la rigueur.

Les jeunes du film tranchent singulièrement avec l'image proprette que le gouvernement tente d'exporter. Couverts de tatouages et de bleus, piercés de partout, ils ressemblent à ce que l'on pourrait appeler de nouveaux punks ; à la différence près, qu'ils n'ont plus d'idéal pour lequel se battre. Ils ne voient aucune perspective d'avenir, attendant que les journées se passent et réfléchissent comment faire pour que leur suicide fasse parler d'eux. Parents (et filles) sont totalement absents du film. Clairement en manque affectif, Tan n'hésite pas à filmer des moments de doute, des larmes ou des tentatives de quelque gauche enlacement et réussit dans ces rares moments à se rapprocher au plus près de ses personnages ; car il faut reconnaître, que leur air distancié, cette cool attitude rend toute identification difficile. Dérapant parfois dans de la provocation gratuite (piercings en gros plans ; trop longue scène d'avalement des capotes), Tan manque encore d'une certaine maturité pour réaliser le parfait film coup de poing. Il n'a pas su suffisamment s'effacer derrière son sujet et donne ainsi dans quelque complaisance juvénile. En revanche, il serait intéressant de savoir, si ces jeunes jouent leur propre rôle. Au générique, leurs prénoms fictifs sont également ceux dans la vraie vie et vue les piercings et tatouages arborés, l'on peut se poser franchement la question, si Tan s'est inspiré de leur vie réelle pour son scénario.

Autre défaut, inhérent au genre choisi : à quoi sert de filmer un tel sujet ? Ces jeunes ne représentent qu'une infime minorité ; or le film donne parfois l'impression de vouloir par trop généraliser le phénomène. Il est également bien facile de dénoncer, sans proposer des solutions…Le genre laisse ainsi dubitatif : certes réalisé avec beaucoup de maestria, jouant de l'émotion du spectateur, l'intérêt reste finalement limité. Film engagé, Tan manque encore de maturité pour pleinement pouvoir s'exprimer ; en revanche son talent est bien réel et indéniable.

A noter, que le jeune réalisateur a depuis tourné un court-métrage féroce, s'en prenant directement à la responsable singapourienne de la censure dans l'audiovisuel. Il a dû payer le prix fort, désormais interdit de tournage et même de pouvoir quitter le pays pour présenter ses films à l'étranger. Tremblez, l'Asie s'éveille !

 

‘'Terre et Cendres'' d'Atiq Rahimi

France-Afghanistan – 2004 – 1h45
Avant-Première Française
Premier Prix Du Jury Presse
MA NOTE : 7/10

Dastaguir et son petit-fils sont les uniques survivants de la famille après le bombardement de leur village. Ensemble, ils entament un fastidieux voyage à travers un Afghanistan meurtri pour tenter de rejoindre le fils / le père, afin de lui annoncer la terrible nouvelle.

Lors du dernier festival de Cannes, Quentin Tarantino avait dit vouloir privilégier les films réalisés avec les tripes pour composer le palmarès gagnant final. Il aurait très certainement beaucoup aimé ce métrage, sélectionné d'ailleurs dans la section ‘'Un Certain Regard''.

‘'Terre et Cendres'' est un film qui respire à chaque plan la volonté de toute une équipe de réaliser une œuvre parfaite. Atiq Rahimi s'est d'ailleurs longuement battu pour mener son projet (l'adaptation libre de l'un de ses propres livres) à bien. Produit dans un premier temps par une société iranienne, il a failli tout arrêter quand on lui imposait de tourner son film en Iran. Rahimi est une personne fière de son pays et il avait une réelle volonté de le mettre en images tout en employant une équipe de techniciens quasi exclusivement composée d'afghans. C'est finalement un producteur français qui lui donnera l'opportunité de réaliser son rêve et le résultat est à la hauteur de ses ambitions.

A la différence de son livre, Rahimi ne place plus son récit au sein du terrible conflit opposant les afghans aux russes dans les années 80s, mais choisit - au contraire – de donner un côté intemporel à son histoire. Aucune date n'est donnée, aucun ennemi responsable des bombardements est clairement désigné. Il pourrait s'agir des russes, comme des américains, comme des guérillas afghans mettant encore aujourd'hui les terres à feu et à sang.

Le titre résume d'ailleurs parfaitement le film. La Terre Afghane, magnifiquement photographiée par le chef-opérateur français Eric Guichard (‘'Himalaya'', ‘'Gadjo Dilo''…) et dont les vastes plaines auraient certainement inspirées Sergio Leone, est à la fois de toute beauté et terriblement hostile. Hostile de par sa nature ne permettant pas grande culture des terres ; hostile de par les hommes s'y déchirant, pillant et détruisant de nombreux villages et posant des mines au hasard.

Au milieu du chaos, Rahimi brosse le sensible portrait d'un vieil homme et de son petit-fils. Leur périple est fait de nombreuses rencontres, souvent douloureuses, parfois optimistes, comme lorsque tout le monde s'organise pour veiller sur l'enfant.

Lent et contemplatif, le film n'est pourtant jamais ennuyeux, mais exerce un pouvoir fascinant sur le spectateur. Quelques redites inutiles, ainsi que l'intégration maladroite de flash-backs et des séquences oniriques n'entravent en rien la beauté de l'œuvre.

La mise en scène est parfaite et étonnante pour un premier film réalisé dans des conditions difficiles : aucune société n'était prête à assurer le film, qui s'est faite sous la haute surveillance de plusieurs chefs de guérillas afghanes. Chaque lieu de tournage a été passé au peigne fin pour enlever toutes les mines cachées. La reconstruction partielle d'une ville bombardée a créée des émeutes, lorsque l'équipe a voulu la détruire à nouveau pour les besoins d'une scène. Non seulement les habitants auraient préféré y élire domicile, mais en plus les techniciens ont mis le feu au décor d'une mosquée, alors qu'ils étaient à la veille du ramadan. Paradoxalement, les scènes montrant une femme entièrement nue ont été parfaitement tolérées par la population et par le gouvernement, aussi bien lors du tournage, que lors de la sortie en salles en Afghanistan.

Un film d'une rare beauté, dont le sujet et le mérite d'avoir été réalisé font que l'on ait forcément envie de le défendre.

 

‘'The Police'' de Gautham Menon

Inde – 2003 – 2h33
Première Internationale (montrée pour la première fois hors de son pays d'origine)
3/10
MA
NOTE : 2/10

Anbuselvan est un policier aux manières particulièrement expéditives. En compagnie de trois collègues, il préfère envoyer les criminels ad padrès à coups de revolvers ou de poings, plutôt que de les traîner en justice. Solitaire endurci, se consacrant totalement à son métier et craignant de mettre en péril un proche entourage en s'attaquant aux criminels, il tombe pourtant éperdument amoureux de la jeune Maya. Leur idylle ne sera que de courte durée, après qu'un malfrat particulièrement dangereux ait enlevé la femme.

Polar musclé, ‘'The Police'' accumule tous les poncifs du cinéma indien : des protagonistes principaux adulés dans leur pays d'origine et mis en scène de manière valorisante ; une intrigue sommaire et lourdement explicite, entrecoupée des scènes musicales (superbes) obligatoires bien qu'apparaissant à des moments les plus saugrenues.

En revanche, tout l'échec du film tient de par le personnage principal. Abduselvan est une sorte de ‘'Dirty Harry'' à l'indienne, aux interventions musclées et faisant fi des législations en vigueur ; mais si Clint Eastwood avait su donner un charisme et de la consistance à son personnage, celui d'Abdu est irrémédiablement antipathique. Macho et égocentrique, il se complaît à descendre systématiquement tout criminel croisant sa route, peu importe si ce dernier n'est qu'une petite frappe ou serait même prêt à se rendre. Il justifie ses faits en expliquant à ses collègues qu'une balle ne lui coûte que 50 roupies, alors qu'une procédure législative est longue, coûteuse pour les contribuables et risque d'aboutir à une peine bien trop légère. Les criminels n'ont que ce qu'ils méritent.

Si le fait de tuer les méchants sans se poser de questions est aujourd'hui le propre de tout film d'action, le fait de le souligner et de le justifier ouvertement à plusieurs reprises est bien plus dérangeant. Du coup, le réalisateur en profite pour surenchérir dans des scènes de violence complaisantes pour composer un protagoniste principal aux méthodes radicales, puis se retrouve bien obligé d'avoir à dépeindre des vilains encore plus féroces. La romance d'avec Maya et les scènes musicales clipesques ne sauront contrebalancer cet état de fait et le malaise ambiant subsistera bien au-delà l'affrontement final particulièrement sauvage.

 

‘'The Uninvited'' de Bappaditya Roy

Inde – 2004 – 1h50
Première Mondiale
MA
NOTE : 5/10

Vikrant Pradhan est un riche industriel. Il habite une grande demeure bourgeoise en compagnie de sa femme, de son fils et de sa fille fraîchement fiancée. Une famille apparemment sans reproches, mais où des tensions sont sensibles entre les différents individus.

Une nuit débarque le mystérieux inspecteur VIVEK. Prétextant enquêter sur le suicide d'une jeune femme enceinte, il va interroger tous les membres de la famille et percer à jour bien des secrets.

Le premier film du publiciste Bappaditya Roy a bien du mérite.

Bien que produisant près de 900 films par an, dont seule une minime partie est véritablement rentable, toute l'industrie du cinéma indienne est entre les mains de quatre grands producteurs. Ces derniers contrôlent l'ensemble des salles et n'accordent aucune place à tout film n'obéissant pas au genre imposé de leur production. C'est ainsi, que chaque nouveau film n'est qu'une infime variation de ses prédécesseurs et se doit de comporter son lot de séquences musicales obligatoires.

Faisant partie de la nouvelle génération de ces jeunes réalisateurs refusant de se soumettre aux poncifs du genre typiquement bollywoodien, Roy ose encore s'aventurer plus loin en proposant une véritable réflexion sur les travers de la société indienne, voire mondiale. Métaphore sur le suicide, chaque segment concernant l'un des personnages du film égratigne ainsi l'Inde : que ce soit faire fi de ses principes et outrepasser l'autre au profit du succès et de l'argent ; l'infidélité ; l'alcool et la non-assistance de personne en danger ou la différence des castes / milieux. Inutile de préciser, que le film n'a jusqu'à présent eu droit à aucune diffusion en salles en Inde et qu'il a été présenté au festival en première mondiale.

Il est pourtant à espérer, que le film connaisse une sortie dans son pays ou ailleurs dans le monde, car il s'agit d'un véritable film d'auteur, autant dans la forme que dans le fond.

Librement inspiré de la pièce de théâtre anglaise ‘'When the Inspector Calls'' de 1947, dénonçant la différence des milieux sociaux de l'Empire britannique sous la Révolution Industrielle à la fin du XIXe siècle, Roy adapte uniquement l'approche théâtrale en-dehors de la révélation finale. Les personnages évoluent ainsi pour la plupart du temps en huis-clos et jouent de manière exagérée. Ce qui peut agacer trouve son entière justification dans le coup d'éclat final, tout comme l'histoire aux ficelles apparemment énormes. Tout n'est qu'apparence, telle la façade que se sont constitués les différents protagonistes pour cacher leurs lourds secrets…

Visuellement, le film est un régal. La lumière est magnifique, jouant constamment sur les éclairages et les zones d'ombres. Les cadrages sont adéquats, mais c'est véritablement au niveau du langage cinématographique, que Roy fait preuve d'une maturité étonnante. Les jeux de miroir sont repris de quelques classiques, mais ont rarement été utilisés à si bon escient. Tout est dans le paraître et les personnages se reflètent constamment dans quelque miroir (donc ne sont pas eux-mêmes, mais l'image qu'ils renvoient). Le père de famille va même jusqu'à se cogner dans une glace, tant il est obnubilé par sa propre image. En fin de film, des bouts de verre reflètent l'image de la famille fracturée.

Autre détail : plusieurs horloges indiquent les fuseaux horaires de différents pays dans le monde ; métaphore de l'universalité des thèmes abordés à travers les personnages.

Au premier abord ridicule et sur-joué, le film ne prend tout son sens que vers la fin du film et en hantant la mémoire longtemps après l'avoir vu.

Une œuvre immensément riche, méritant d'être découvert et surtout de ne pas enterrer une carrière que l'on imaginerait plus que prometteuse de la part de son réalisateur.

 
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