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Huo Yuanjia
Maître Huo Yuan-jia 2/3 - Page 3
Infos
Auteur(s) : Yves Gendron
Date : 7/11/2004
Type(s) : Information
Critique
 
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une mort mysterieuse

La mort subite de Maître Huo causa un émoi considérable. La Chine venait enfin de trouver un héros, et voilà qu'il était partit aussi subitement qu'il était venu. La disparition d'un maître aussi valeureux et charismatique était une perte irremplaçable.

Tout autant que la désolation, la mort brutale et inattendue de Maître Huo, suscita aussi beaucoup d'incrédulité. Comment un maître martial de haut niveau et qui était encore relativement jeune pouvait t'il disparaître aussi subitement de maladie. Très vite certaines rumeurs coururent. On mentionna entre autre que peut-être Maître Huo s'était entraîné un peu trop vigoureusement. La plupart des ouï-dire cependant tournèrent autour du dernier challenger ayant affronté Maître Huo, ainsi que du docteur qui l'avait soigné dans sa dernière maladie et qui étaient tout deux, troublante coïncidence, des japonais.

 

des sources divergeantes sur sa mort

Presque 100 ans après les faits presque toutes les sources consultées portant sur Huo Yuan-jia attribuent sa mort à un complot de conspirateurs japonais. Le désir d'éliminer le nouveau héros national chinois est le mobile attribué aux empoisonneurs nippons qui revient le plus fréquemment donnant une dimension politique au crime, mais des raisons plus mesquines ont aussi été mises en avant. Ainsi les maîtres d'une école martiale japonaise installée à Shanghai auraient décidé la mort de Huo Yuan-jia pour venger la défaite ignominieuse d'un judoka aux mains du maître. Il y a deux versions pour expliquer comment ils s'y seraient pris pour commettre leur crime. Dans l'une, Huo Yuan-jia fut empoisonné lors d'un banquet de réconciliation organisé par des hôtes japonais après un tournoi amical. Dans l'autre, Maître Huo fut tué par son propre médecin d'origine japonaise qui lui fit prendre à son insu des médicaments empoisonnés.

Il est notoire qu'à une certaine époque des agents agissant pour le compte du Japon et son agenda militariste ont effectivement conduit quantités d'opérations clandestines un peu partout en Asie allant du sabotage à l'assassinat en passant par l'espionnage (1). L'idée que Huo Yuan-jia aurait put être effectivement empoisonné a donc au moins une certaine plausibilité circonstancielle. Ceci dit, on n'a jamais tenu d'enquête officielle sur la mort supposément suspecte de Maître Huo; et aucune preuve concrète n'est jamais venu étayer les graves soupçons de meurtre. De plus, autant les mobiles que les supposées circonstances incriminant des conspirateurs japonais demeurent vagues à l'extrême. Le fait qu'on ne s'entende même pas sur la méthode du crime (empoisonnement par le docteur ou lors d'un banquet) suggèrent amplement que les supposées certitudes entourant la mort de Huo Yuan-jia trouvent leurs origines que dans de simples spéculations qui se seront développées en ragots. Comme c'est souvent le cas, de simples ont dit ont alors grandi et grandi au fil des années pour devenir de véritables contes élaborés et sulfureux et qui ensuite deviennent partie de l'histoire officielle tant leur notoriété est établie et peu contestée. Huo Yuan-jia fut-il seulement vraiment soigné par un docteur japonais, ou est ce que même cela était une rumeur au départ? A presque un siècle de distance qui peut vraiment dire.

En vérité bien qu'il ait été un boxeur robuste Maître Huo semble avoir été de constitution fragile souffrant même de quelques malaises chroniques. D'ailleurs si on le surnomma le "Tigre à Face Jaune" c'est à cause de son teint conséquent à la jaunisse dont il était atteint. Vue objectivement, ce que cette histoire de japonais empoisonneurs reflète surtout, c'est la méfiance aiguë voire même la xénophobie paranoïaque des chinois. C'est néanmoins un sentiment bien compréhensible vues les visées impérialistes du Japon envers la Chine qui si elles ont abouti dans une guerre de conquête dans les années 30 et 40 étaient déjà bien en évidence dès la première décennie du vingtième siècle. Par la suite le refus du Japon à faire des excuses officielles à la Chine, le refus même de reconnaître certaines atrocités n'ont fait qu'accentuer la défiance des chinois et de voir les japonais sous un jour des plus sombre et perfides imaginable. C'est pourquoi malgré le manque total de véritables preuves le mythe que Huo Yuan-jia ait été tué par des japonais demeure très vivace et semble être considéré comme vrai par une grande partie sinon la plupart des Chinois.

 

Les jeunes années d'un maître

L'empoisonnement fatal de Huo Yuan-jia n'est que l'une des nombreuses légendes entourant sa personne, il y a plusieurs autres mettant en valeur son courage et sa valeur martiale. L'une d'elle veut que comme son enfant était trop faible et chétif, son père ait refusé de lui enseigner les techniques de combat familiales. Le jeune Huo observa alors en cachette son père et ses frères pratiquer les arts martiaux et apprit à imiter leurs mouvements. Quelques années plus tard un maître martial vint défier les boxeurs de la famille Huo. Il défia les frères de Huo Yuanjia un à un mais lorsque vint son tour c'est lui qui jeta son adversaire à terre d'un rapide coup de pied à la grande stupéfaction de sa propre famille.

C'est là une bien belle histoire mainte fois répétée dans les nombreuses sources biographique portant sur Huo Yuan-jia. Mais le fait que les détails varient de sources en sources et que cette anecdote de l'apprentissage en cachette soit typique du folklore martial, tout cela suggère qu'il s'agit fort vraisemblablement plus d'un conte que d'un fait authentique. Vrai ou faux il n'en n'est pas moins vrai que cette histoire ajoute beaucoup de pittoresque à la légende Huo Yuan-jia.

Une autre histoire, elle aussi plus ou moins vérifiable, veut que O'Brian n'ait pas été le premier occidental contre lequel Maître Huo ait été appelé à se mesurer. En effet en 1901 un autre fier à bras fort en gueule, d'origine russe celui là, visitant Tianjin se serait proclamé « l'homme le plus fort de Chine », ce qui amena Huo Yuan-jia à contester cette vantardise. Les sources diffèrent sur se qui se passa par la suite. Selon certains, Maître Huo battit le russe à plate couture, alors que d'autres affirment qu'avant le début du combat il se mit à sévèrement réprimander le Russe pour sa bravade. Suffisamment impressionné ou intimidé ce dernier présenta alors ces excuses en expliquant qu'il n'avait lancé ce défit que pour pouvoir gagner sa vie. Si cette anecdote est vraie et qu'elle ait été connue des gens de Shanghai, cela expliquerait pourquoi on songea à Huo Yuan-jia pour combattre O'Brian en 1910.

 
Retour au tournoi de Shanghai

Dans les récits portant sur Huo Yuan-jia O'Brian est habituellement présenté comme un fier à bras venu exprès en Chine pour « casser du jaune » afin d'intimité et d'humilier « les hommes malades d'Asie » encore davantage. En fait il semblerait que O'Brian n'ait été ni un boxeur, ni un lutteur mais un homme fort. Bien que depuis longtemps passé de mode de nos jours, les exhibitions d'homme fort étaient très courues à une certaine époque. Certain d'entre eux pouvait même devenir des vedettes très riches, entreprenant des tournées à travers le monde de l'Europe à l'Amérique et même se rendre aussi loin que l'Australie. Les spectacles d'homme fort devaient être encore une nouveauté en Chine au début du vingtième siècle cependant et lorsque O'Brian arriva à Shanghai en 1909 sa venu a due constituer tout un événement.

Dans leurs numéros les hommes forts tirait ou soulevait des poids et brisait des chaînes. Certains pouvaient aussi invité des spectateurs à venir se mesurer à eux dans un ring. Ce défi juger si insultant par les chinois, O'Brian l'avait probablement lancé à d'autres endroits et à d'autres spectateurs que des chinois. Si il est fort possible qu'O'Brian ait agit d'une manière jugée provocantes par les chinois, il est plus que douteux par contre qu'il est vraiment eut toutes les intentions belliqueuses qu'on lui ai attribué. Toutefois, dans le climat tendus de l'époque ou la Chine et les Chinois se trouvait à la merci de nations étrangères impérialistes et de leurs citoyens fier à bras, il n'ai pas étonnant que le défi d' O'Brian soit paru insultant pour les chinois et qu'on ait fait de lui un émissaire venu prouvé la suprématie des blancs sur les jaunes.

Si la grande force de O'Brian lui permettait de confronter des individus de taille normale il est probable qu'il n'était pas un véritable combattant ou que c'est qualifications dans ce domaine soit limiter. On peut mieux comprendre alors pourquoi O'Brian s'est montré réticent a vouloir affronter Huo Yuan-jia. Il est également possible que l'envergure et l'intense engouement populaire entourant le tournoi l'ai intimidé. Pas étonnant qu'il ait préférer filer en douce.

Considérer un héros suite au tournoi de Shanghai, Huo Yuan-jia devint une légende suite à sa mort soudaine. Or toute légende à sa part d'exagération, de simplification et de déformation pour agrandir davantage le héros de même que rendre ces exploits plus extraordinaires et plus nobles. Séparer la véritable histoire de la légende dans le cas de maître Huo est chose difficile de nos jours presque un siècle après les fait. Ce qui est indéniable cependant c'est ce que Huo Yuan-jia est venu à représenter pour les chinois; le symbole héroïque d'un peuple trop longtemps opprimé et bafoué.

 

Notes

(1) Opérations clandestines Japonaises les plus connues :

- En Corée en 1895 des assassins à la solde du Japon, envahissent le palais impérial et y assassinent l'impératrice Min vue comme un obstacle aux visées impérialistes du Japon dans ce pays. La Corée sera ultérieurement annexée au Japon en 1910.

- 4 Juin 1928, Assassinat du puissant seigneur de guerre Chang Tso-lin dans un attentat à la bombe mené par des agents japonais

– 18 Septembre 1931 Incident de Mukden. Des agents japonais sabotent une ligne ferroviaire en Manchourie du Sud. Un crime attribué a des révolutionnaire chinois, le gouvernement militariste japonais envoie ses armées envahir la Chine du Nord sous prétexte d'y prétablir l'ordre. L'attentat et ses conséquences sont amplement illustrés par Hergé dans le Lotus Bleu .

- Une théorie controversée voudrait que le fondateur du Judo Maître Jigoro Kano ait été lui aussi victime d'un complot d'empoisonnement. À la fin des années trente, le régime militaire alors en place voulait que l'école de Judo fondée par maître Kano le Kodokan soit transformée en académie militaire. Or Maitre Kano s'est toujours opposé à ce que son école soit intégré dans la mouvance militariste dominant la société Japonaise d'alors. Mais voilà qu'il meurt inopinément en 1938 au retour d'une conférence internationale olympique dans un croiseur de la flotte navale niponne chargé de le ramener au pays. Officiellement Maître Kano serait mort de pneumonie mais la théorie voudrait qu'il ait été empoisonné au cours de son voyage. Kano disparu, le Kadokan fut transformé en académie militaire. Toutefois tout comme avec la légende de l'empoissonnement de Huo Yuan-jia, aucune preuve ne viendrait étayer cette hypothèse, non appuyée par les faits.

 
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