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2014 : le retour de la revanche du cinéma HK ?
Les tigres se déchaînent 1/1 - Page 2
Infos
Auteur(s) : Laurent Henry
Date : 20/10/2014
 
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Personnes :
Jackie Chan
Stephen Chow Sing Chi
Jet Li
Maggie Q
Johnnie To Kei Fung
Tsui Hark
Wong Jing
Wong Kar Wai
John Woo
Films :
The Monkey King
Running Man
So Young
 
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2014 aura été une année de tous les symboles pour le marché chinois. C'est d'abord le blockbuster américain Transformer 4 qui a obtenu de meilleurs résultats sur le marché chinois que sur le marché américain. C'est aussi cette même année que deux réalisateurs emblématiques du cinéma de Hong Kong des années 80, John Woo et Tsui Hark, sortent, pratiquement en même temps, au mois de décembre, leur dernier film. Ces deux événements illustrent la formidable explosion d'un marché qui est en train de changer le cinéma mondial.

Une expansion rapide

Avec 9 salles de cinéma construites par jour (1), la Chine se dote, à une vitesse incroyable, d'un parc de multiplexes qui compte déjà plus 23 600 écrans de cinéma (2). Cette croissance s'accompagne d'une montée en puissance rapide des entrées. A ce titre, la franchise Transformers est emblématique du goût des chinois pour le cinéma. En 2007 le premier Transformers rapportait 37 millions de dollars. En 2009, le deuxième opus engrangeait 68 millions de dollars. En 2011 le numéro 3 écrasait la concurrence avec 179 millions. Enfin le Transformers 4 est devenu le plus gros succès de tous les temps sur le marché chinois avec 301 millions. En 2014, le marché a progressé de 36 % par rapport à l'année précédente. Sur les 40 plus gros succès du box office chinois que recense le site wikipedia, 17 sont sortis en 2014 ! A ce rythme la Chine est déjà le 2ème marché au monde et devrait en moins de 10 ans ravir la première place aux USA.

Cette expansion rapide se déroule sur un modèle des plus libérale sur le plan économique. Certes le protectionnisme limite pour l'instant l'exploitation du nombre de films étrangers sur le territoire chinois. Mais en dehors de cette contrainte, tout est libre au niveau de la distribution. Les dates de sorties des films ne sont pas concentrées sur une journée, si bien que les nouveautés peuvent sortir n'importe qu'elle jour de la semaine. Dans les faits, on observe surtout deux périodes. Soit les films sortent en milieu de semaine, soit ils débutent leur carrière le week-end. Comme chez nous cette carrière est très courte. Ce sont les premiers jours qui font le succès ou non du film, le public passant très vite à un autre film. Les prix des places sont également très fluctuants. En fonction du prestige, de la 3D… les prix varient globalement de 5 à 7$. En outre les films en fin de carrière voient souvent leur prix diminuer pour essayer d'attirer quelques spectateurs supplémentaires.

(1) source : podcast n°04 du site Capture Mag
(2) source : french.china.org

 
Un public toujours plus jeune

Ce nouveau public est essentiellement composé de jeunes chinois. L'âge moyen du spectateur est estimé à 21,4 ans (3) et continue à décroître. Ce jeune public conditionne évidemment fortement le marché. Bien que censurés, les blockbusters américains sont plébiscités, sauvant parfois la carrière de certains films, victimes de contre performances sur le marché américain. En 2013, Pacific Rim, Expandable 3 en 2014, ont pu ainsi limiter la casse grâce au box office chinois.

A côté du cinéma américain, qui occupe près de 50 % du marché, le cinéma local séduit ce nouveau public chinois avec 2 types de film. Les premiers mettent en scène le quotidien et les préoccupations de la jeunesse. Années lycée, université, entrée dans la vie active, amours, séparations constituent les thèmes principaux qui intéresse ce jeune public. Souvent réalisés par des acteurs, ces films oscillent entre la franche comédie exubérante ou des comédies dramatiques. Les films So Young (2013) et Fleet Of Time (2014) ou Breakup Buddies (2014), incarne parfaitement cette tendance.

L'autre tendance forte repose sur des adaptations de jeux ou de séries tv. Si l'adaptation de série TV à succès nous est familier, l'adaptation de jeux ou de télés réalités est un phénomène qui n'existe pas chez nous. Imaginez une version grand écran de Koh Lanta avec des anonymes. Absurde ? Les chinois le font ! Dans Where Are We Going, Dad? Des pères de famille promènent leur progénitures, vont voir des animaux, le tout filmé en caméra portée. Ou alors le jeu est rescénarisé avec des acteurs, comme dans le film Running Man (2015), une sorte de Peking Express.

(3) source : china.engroup

 
Un jeune public amateur d'écran géant et de 3D

Face au piratage vidéo, l'industrie chinoise a appliqué la même méthode que les producteurs américains à la fin des années 50, quand la concurrence de la télévision mettait en péril leur économie. Si les américains avaient conçu à l'époque le cinémascope, les chinois ont joué la carte des multiplexes luxueux, des écrans IMAX et de la 3D. La formule s'est avérée gagnante. Le cinéma est devenu une sortie appréciée des chinois. La 3D est même une obligation pour les productions locales et internationales.

Soutenue par des réalisateurs comme Cameron ou Zemeckis, mais encore considérée comme un gadget par une bonne partie du public occidental, cette technologie trouve donc grâce à la Chine, le moyen de se développer. L'engouement est telle que certains films en 2D ressortent convertis en 3D comme le Kung Fu Hustle 3D de Stephen Chow qui a rapporté 4 millions de dollars ou encore The GrandMaster 3D qui a engrangé près de 10 millions supplémentaires par rapport à sa sortie en 2D.

 
Goodbye Hong Kong

A côté du cinéma continental, l'industrie du cinéma de Hong Kong essaie, depuis des années, de trouver sa place dans ce marché naissant que représente la Chine. Si les débuts ont été pour le moins chaotiques, depuis 2010, la coopération a laissé place à une véritable implantation. Bénéficiant d'un marché plus ouvert et plus vaste, les réalisateurs et producteurs hongkongais ont surtout fini par accepter de s'adapter aux goût du public local, quitte à se couper de leur public originel. Il faut dire que le plus gros succès au box office hongkongais en 2014, Golden Chickensss a rapporté 5 millions de dollars. Une paille au regard des 167 millions engrangés par Monkey King, le plus gros succès hongkongais de 2014 en Chine.

Dans ce contexte, depuis 2 ans environ, tous les noms marquants du cinéma de Hong Kong des années 80-90 ont sorti un film à destination du marché chinois. Jackie Chan, Stephen Chow, Tsui Hark, Wong Jing ou Wong Kar-wai ont connu de jolis succès. A l'inverse, Johnnie To et John Woo ont eu plus de difficulté à séduire le public continental.

En tout état de cause, le déséquilibre entre le marché local de Hong Kong et le gigantesque marché chinois devrait à terme reléguer le cinéma de Hong Kong à un cinéma de quartier, voire de le faire disparaître.

 
Transformer 4

La dernière réalisation de Michael Bay est un film symbolique à plus d'un titre. D'abord parce que c'est le premier film qui a rapporté plus d'argent sur le marché chinois que sur le marché américain. Ensuite parce que ce film est une coproduction sino-américaine. Cette alliance permet de contourner la politique des quotas en garantissant un accès plus facile au marché chinois pour un film étranger. Mais surtout parce que le film intègre pleinement qu'il s'adresse à ce marché. La structure du récit qui débute au Texas (région symbole de l'Amérique profonde) et qui s'achève à Hong Kong (ville symbole de la modernité asiatique), suit le centre de gravité de l'industrie du cinéma qui est en train de se déplacer vers la Chine.

Enfin parce que des actrices et des acteurs chinois font partie du casting, mais le scénario prend bien soin de les mettre en valeur. Fini le Jet Li fourbe de l' Arme Fatale 4 ou la Maggie Q sadique de Die Hard 4 : Retour en enfer, les acteurs chinois ont des rôles positifs. Si pour l'instant les films occidentaux sont remontés pour le marché chinois, il est fort possible que dans le futur, ils intègrent davantage les contraintes de la censure chinoise pour faciliter encore plus leur conformité au marché chinois.

 

La Chine est en train de bouleverser l'ordre du cinéma mondial. Retour du cinéma de Hong Kong à un cinéma ultra localisé, injection massive de capitaux, redéfinition des blockbuster mondialisés… Mais le défi le plus important est toujours à venir : favoriser le développement d'une génération de réalisateurs capables de proposer une vision moderne et ambitieuse du cinéma populaire chinois. Et pour l'instant, ce sont encore les vieilles gloires de Hong Kong qui mènent la danse.

 
 
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