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Tsui Hark : portrait d'un enfant gâté
Origines et débuts 1/1 - Page 1
Infos
Auteur(s) : Philippe Quevillart
Date : 1/4/2003
Type(s) : Information
Critique
 
 Liens du texte  
Personnes :
Kenny Bee
Sylvia Chang Ai Chi
Christophe Gans
Sam Hui Koon Kit
Teddy Robin Kwan
Brigitte Lin Ching Hsia
Karl Maka
Ng See Yuen
Shi Nansun
Eric Tsang Chi Wai
Tsui Hark
John Woo
Sally Yeh Tse Man
Films :
Mad Mission
All The Wrong Clues For The Right Solution
All The Wrong Spies
Butterfly Murders
L' Enfer des armes
The Gold Dagger Romance
Peking Opera Blues
Run Tiger Run
Shanghai Blues
Histoires de cannibales
Working Class
Zu les guerriers de la montagne magique
Studios :
Cinema City & Films Co.
Film Workshop
Film Workshop
Lexique :
Wu Xia Pian
 
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Page 2 : John Woo et le producteur


"Il est excellent dans son genre, mais il travaille très très vite, souvent trop vite..." Leslie Cheung

"Ses films revisitent les grands mythes de la culture chinoise en utilisant des moyens techniques proches du cinéma occidental" James Wong

"Il pense beaucoup plus vite qu'il ne parle..." Maggie Cheung

"Le problème avec Tsui est qu'il a toujours des millions d'idées et une vision bien à lui des films qu'il produit" Kirk Wong

"Il est partout à la fois" Julien Carbon et Laurent Courtiaud

"... Tsui est un réalisateur exceptionnel, mais c'est aussi un type hypersensible, toujours sur la défensive, à la limite de la paranoïa " Terence Chang

Voilà quelques phrases qui résument plutôt bien la personnalité de celui qui a donné au cinéma de Hong Kong ses plus beaux joyaux cinématographiques. A la fois auteur, producteur, réalisateur, acteur de ses histoires il a fait la pluie et le beau temps dans l'ex-colonie. Tantôt vénéré, tantôt décrié, l'homme à la barbichette est un personnage hors pair qui a su alimenter l'industrie d'une véritable manne d'inspiration. John Woo, Ching Siu-Tung, pour ne citer que ces deux-là ont signé leurs plus grands films sous le patronage de Tsui Hark. Zu, Il Etait Une Fois En Chine, L'Enfer Des Armes, Butterfly Murders, Green Snake, The Lovers ... autant de titres indispensables, autant d'œuvres essentielles qui on fait, font et continueront toujours de nous faire rêver.

 
Les Origines

Tsui Hark est né au Vietnam en Février 1951 dans une famille chinoise. Ses parents souhaitent le diriger vers des études en pharmacie, mais ce dernier passe son temps dans les salles de cinéma et tourne rapidement des films en super 8. Il partira faire ses études supérieures aux États-Unis, à l'université du Texas. En tant qu'immigré il se met à s'interroger sur ses origines, ce qui débouchera sur deux courts-métrages documentaires. Le premier projet, parlant des premières vagues d'immigrés chinois aux États-Unis, avortera. Le second, narrant la construction du chemin de fer américain par des chinois portant le titre de From Spikes To Spindles.

Se sentant en mal de sa propre culture, en perte de contact avec ses origines, il décide de repartir à Hong Kong en 1977. La télévision hongkongaise est alors en plein essor et les opportunités d'y entrer sont très importantes. Les chaînes recherchent de nouveaux talents pour mettre en scène des épisodes de leur soap-opera cantonais, les séries comme The Family, The Tycoon, Love Little Of The Big Boss, etc... C'est sur ce genre de produits que Tsui fera ses premières armes, il collabore à plusieurs épisodes de la série en costumes Gold Dagger Romance.

 
Les debuts

Sa première incursion sur grand écran, il l'a fait avec un film en costumes sur fond de mystères et d'agressions animales. Il s'agit de Butterfly Murders, une production Ng See Yuen. Mélangeant subtilement plusieurs influences occidentales en les formatant à la sauce hongkongaise, il réussit un curieux mélange de thriller médiéval et de wu xia pian traditionnel. Le film est un échec au box-office. Malgré ce premier revers, il est remarqué par la critique.

L'année suivante, en 1980, il revient avec un film d'horreur tragi-comique avec un titre qui sent fortement la provocation, We're Going To Eat You(Histoire de cannibales). Une question qu'il semble poser au spectateur, l'invitant volontiers à un festin dans lequel les protagonistes se délectent de viande… humaine ! On sent une nouvelle fois les influences occidentales dans un film profondément nihiliste au final saisissant, allant complètement à contre-sens de l'attente du public. Il lui fait offrande, un cœur arraché encore battant… le nihilisme atteint son sommet, et c'est désormais une certitude, Tsui Hark est un fou génial.

Son troisième film est qualitativement, et d'assez loin, son meilleur et son plus abouti. C'est également son plus jusqu'au-boutiste. Un film quasiment inclassable, socialement très tendancieux, et traité sans aucune concession, son titre : Dangerous Encounter 1st Kind, rebaptisé chez nous L'Enfer Des Armes. A noter que c'est l'éditeur Scherzo qui sous l'égide d'un certain Christophe Gans aura le courage de l'éditer en vidéo. A mi-chemin entre le polar dur et le pamphlet anarchiste, ce film fait un véritable scandale et la censure a tôt fait de l'interdire purement et simplement. Ce n'est pas tant la violence, qui même si elle est présente, pourrait paraître aujourd'hui bien timide, qui fera se tirer les cheveux des gens de la censure, mais le fait de montrer de jeunes gens commettre des actes de terrorisme.

Afin d'éviter un fiasco, économiquement parlant, Tsui sera obligé de retourner quelques scènes et de recentrer l'intrigue. Malgré cela, le film reste d'une très grande puissance et conserve actuellement encore toute sa portée dramatique. Dès à présent, Tsui Hark est considéré comme un auteur à part entière, une sorte d'empêcheur de tourner en rond qui a décidé de bousculer les conventions et il le fait savoir. Quand Tsui est en colère, il est capable de tout…

 
Et zuuuuuuuu
En 1981, un certain Karl Maka par le biais de sa maison de production Cinema City propose à Tsui Hark de réaliser une comédie All The Wrong Clues avec l'acteur Teddy Robin Kwan. Loin d'être un chef d'œuvre, cette comédie a au moins le mérite de relancer la côte de rentabilité de Tsui. Le film est un énorme succès au box-office et c'est paradoxalement sur un film disons plus standardisé qu'il décroche un trophée, un Golden Horse de meilleur réalisateur.

Entre temps, il aura fait une rencontre déterminante dans sa vie, puisqu'il épousera la productrice Nansun Chi, qui deviendra non seulement sa compagne, mais également la co-fondatrice de la future Film Workshop.

En 1983, le choc naîtra avec un film qui va déchaîner les passions, il s'agit d'un film d'heroic-fantasy qui se veut la réponse chinoise au Star Wars de George Lucas. Son titre sonne comme un cri de guerre Zu, Warriors From The Magic Mountain, le film par lequel arriva la folie. Vous est-il déjà arrivé de vous prendre une mouche à 150 km/h en pleine figure ? Ou de vous lancer dans un grand huit sans être préalablement attaché… Tel fût ce que reçut à la face le public qui à l'époque pu découvrir cet OFNI complètement hallucinant. Une vitesse de narration qui peut être fatale aux non-initiés, des chorégraphies ahurissantes, des couleurs flamboyantes, un monde dans lequel des chevaliers volent et manient l'épée à une vitesse foudroyante. Tel est l'univers de Zu, un subtil et génial mélange de films de sabres traditionnels et de fantastique avec monstres et sorcières. Le merveilleux côtoie l'extraordinaire dans ce film révolutionnaire qui deviendra une sorte de mètre étalon pour tout ce qui se fera après. A Hong Kong, il y aura un avant et un après Zu.

Malheureusement, le film qui aura coûté une fortune (on parle du plus gros budget de l'histoire du cinéma hongkongais), ayant bénéficié entre-autres des services de techniciens des effets spéciaux américains ayant officié sur Star Wars, sera un nouvel échec au box-office. Tsui Hark sera obligé de tourner une nouvelle comédie afin de redorer son blason.

 
Karl maka

Entre temps, il aura fait l'acteur chez son ami, l'acteur réalisateur et ex-star du rock des sixties Teddy Robin Kwan. Une autre comédie All The Wrong Spies, assez fine, produite également par la Cinema City de Karl Maka.

En 1984, toujours sous l'égide du producteur et acteur chauve, il mettra en boîte le troisième volet de la série des Aces Go Places. Une suite alimentaire aux deux premiers épisodes signés Eric Tsang. Dans ce pastiche des films de James Bond à la sauce comique, l'acteur-chanteur Sam Hui interprète le rôle principal aux côtés de Karl Maka alias Kody Jack, l'acteur américain Richard Kiel (le géant aux dents d'acier, Jaws dans Moonraker) et même Peter Graves de la série TV Mission Impossible.

Sylvia Chiang, Karl Maka, Sam Hui et Peter Graves

Tsui étant un instable, et surtout peu décidé à ne pas être décisionnaire à 100 % sur ses réalisations se fâche avec ses producteurs et quitte le tournage du film en cours. Il claque la porte, il est encore en colère.

 
La Film Workshop

C'est donc en Avril 1984 qu'avec son épouse, il décide de créer sa propre maison de production qu'il définit lui-même comme un véritable atelier de travail donnant libre cours à l'imagination des réalisateurs et toute latitude de s'exprimer… simple discours d'intention. Lorsque Tsui Hark est en colère, il fonde la Film Workshop, et les autres n'ont qu'à bien se tenir.

Il s'accaparera de toutes les forces vives du cinéma de la colonie, tous les créateurs, tous les grands courants se devront de passer par lui. Tsui Hark deviendra quasiment à lui seul, le cinéma de Hong Kong.

Sylvia Chiang et Sally Yeh dans Shanghai Blues

Son premier film pour sa toute nouvelle maison de production est un délicieux mélange de mélodrame, de comédie dramatique et de comédie musicale. Shanghai Blues qui réunit les actrices Sylvia Chang et Sally Yeh, ainsi que l'acteur Kenny Bee est non seulement une très grande réussite formelle, mais également artistiquement parlant. Il relate l'histoire de trois personnages, une chanteuse de cabaret, une paysanne et un chanteur de cabaret dans le Shanghai des années 20, qui se croiseront et s'entrecroiseront dans un triangle amoureux magnifiquement mis en scène. Esthétiquement, on touche à la perfection avec ce film qui se veut un hommage à la comédie musicale américaine. Très remarqué dans divers festivals du monde, ce film entérinera définitivement la réputation d'auteur de Tsui Hark. La Film Workshop vivra…

L'année suivante, afin d'être sûr de rentrer dans ses frais, il mettra en scène une comédie sur fond de lutte des classes avec Sam Hui, Teddy Robin Kwan et lui-même. Working Class est traité sur un ton beaucoup trop léger, et rate le coche. Bien que ne révolutionnant pas la comédie, son film est tout de même un véritable pamphlet pro-Marxiste, revoyez-le, les messages sont flagrants.

Sam Hui, Tsui Hark et Teddy Robin Kwan dans Working Class

 

Nous sommes en 1985, et Tsui fait une rencontre capitale avec le futur maître du héro-movie, il s'agit de John Woo. Il interprète l'un des rôles principaux d'une comédie pas très marrante signé par le future réalisateur de The Killer. Son titre Run, Tiger Run... et surtout ne t'arrêtes pas !

 
Pekin Opera Blues

Il y a des œuvres qui marquent la carrière d'un réalisateur. Pour leurs qualités, ces œuvres sont reconnues non seulement par les fans, mais aussi des hésitants et des détracteurs qui refusent parfois d'ouvrir les yeux. Peking Opera Bluesest un film qui prouve que Tsui Hark est un grand réalisateur. Une preuve indéniable de ses grands talents à fabriquer de l'image avec toujours un sens affûté et une grande maîtrise de l'esthétisme. Rarement un film n'aura réussi avec autant de bonheur le mélange des genres que ce Peking Opera Blues. Narrant les aventures de trois magnifiques personnages féminins dans la Chine post révolutionnaire de 1913, ce flamboyant panaché de comédie et d'aventure toujours esthétisant, fait naître une véritable émotion. Les interprètes sont justes et beaux, et une immense actrice apparaît plus belle que jamais. Véritable idéal féminin, élégante et gracieuse, ancienne princesse des glaces dans le monde de Zu, la belle Brigitte Lin Ching-hsia marque cette œuvre forte, véritable trésor du cinéma de Hong Kong et du cinéma tout court.


Brigitte Lin, Cherie Chung et Sally Yeh

Un film qui prend toute sa dimension après 10 projections, et ainsi de suite. Un chef d'œuvre qui rend heureux, car la beauté est palpable, et cette musique… enivrante…

 
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