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34ème HKIFF et HKFM 2010
Préservation d’une identité hongkongaise ? 2/2 - Page 4
Infos
Auteur(s) : Arnaud Lanuque
Date : 19/5/2010
Type(s) : Compte rendu
Critique
Reflexion
 
 Liens du texte  
Personnes :
Kenneth Bi
Clement Cheng Sze Kit
Mabel Cheung Yueng Ting
Samson Chiu Leung Chun
Buzz Chung Shiu Tiu
Teddy Robin Kwan
Derek Kwok Tse Kin
Andy Lau Tak Wah
Lau Ching Wan
Alex Law Kai Yui
Bruce Leung Siu Lung
Edmond Pang Ho Cheung
Billy Tang Hin Sing
Johnnie To Kei Fung
Wai Ka Fai
Wong You Nam
Herman Yau Lai To
Miriam Yeung Chin Wah
Shawn Yue Man Lok
Yuen Tak
Films :
Dr. Lamb
The Drummer
Echoes Of The Rainbow
Kung-Fu Masters
Girl$
Love In A Puff
True Women For Sale
Whispers And Moans
Written By
Yesteryou, Yesterme, Yesterday
 
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 Notes  
Photographies par Yannick Langevin


Vainqueur du Festival de Berlin, Echoes of the Rainbow est le succès critique et commercial surprise de l’année 2010. C’est aussi le retour du duo Alex Law/Mabel Cheung qui n’avait plus officié à Hong Kong depuis 2003.


Le film a pour principal protagoniste Big Ears (Buzz Chung), un jeune garçon turbulent dont le rêve est de devenir astronaute. Big Ears vit avec ses parents et son frère dans un appartement de Sham Shui Po dans le Hong Kong des années 60 et découvre peu à peu la difficulté de la vie dans cet environnement.
Echoes of the Rainbow est une œuvre partiellement autobiographique pour son réalisateur Alex Law. L’occasion d’évoquer un Hong Kong aujourd’hui presque entièrement disparu et une époque agitée pour la colonie Britannique (mouvements insurrectionnels, omniprésence de la corruption, conditions de vie difficile…). Law fait cependant le choix de ne pas s’appesantir sur ces points. Il s’agit plus d’un arrière fonds partiellement fantasmé, donnant lieu à une belle reconstitution de l’époque et des petites habitudes de la vie de tous les jours mais duquel les aspects les plus durs ont été volontairement écartés. Une approche justifiée par le jeune âge du garçon. A la place, Law se concentre sur l’essentiel : Les rapports familiaux et l’entrée dans l’âge adulte de Big Ears et son frère. Des thèmes universels et qui avait déjà été évoqués (avec succès) par d’autres réalisateurs de Hong Kong comme Samson Chiuavec son Yesteryou, Yesterme, Yesterday. Dans ce registre, le metteur en scène n’invente rien de nouveau. On est en terrain connu dés le départ. Mais la sincérité de la démarche, la justesse des émotions et des situations, l’excellence des acteurs (aussi bien des vétérans que des petits nouveaux) permettent à l’œuvre d’atteindre son but.
A noter que l’impact du film fut tel qu’un surprenant mouvement populaire eut lieu afin de sauvegarder la rue de Central qui servit de lieu de tournage à Echoes of the Rainbow. Une preuve supplémentaire que ce type de long métrages nostalgiques, jouant sur un passé et une identité commune propre à l’ancienne colonie, aura toujours sa place à Hong Kong.

Dans un registre plus dur, Girl$ par Kenneth Bi se consacre à la prostitution adolescente au sein de la très capitaliste Perle d’Asie. Le film était présenté en avant première lors du festival. L’approche choisie par le réalisateur de The Drummer est réaliste et sans concessions, poursuivant ainsi les thématiques développées par Herman Yau avec Whispers and Moans et True Women For Sale mais avec un petit twist catégorie III en plus. La pratique du « Enjo Kosai » [prostitution des ados] dans la SAR avait été mis en lumière en 2008 après qu’une adolescente de 16 ans du nom de Wong Ka Mui ait été brutalement assassinée par un de ses clients (le modus operandi du tueur n’était d’ailleurs pas sans rappeler celui de Lam Kor Wan, dont les macabres exploits furent adaptés par Billy Tang dans Dr Lamb). C’est de ce fait divers horrible qui sert de base au metteur en scène et de conclusion au long métrage. Kenneth Bi use de la structure classique de bons nombres de films traitant de la prostitution avec quatre personnages différents, chacun illustrant différentes facettes de l’Enjo Kosai. Une méthode rodée, efficace, qui permet au réalisateur de décrire avec précision les différents processus en jeu dans cette nouvelle (?) forme de prostitution. Que ce soit les motifs des jeunes adolescentes, leurs méthodes d’action (omniprésence d’internet), les conséquences aussi bien positives que négatives, la plupart des sujets sont couverts par Kenneth Bi. Toutefois, si le travail de recherche préparatoire a été indéniablement bien fait, la construction dramatique du récit pêche. La personnalité des 4 quatre héroïnes manque étonnamment de développement, certains personnages secondaires sont inexploités… Comme si tout à sa volonté d’évoquer les différentes facettes de l’Enjo Kosai, il en avait oublié l’essentiel en chemin. Cela ne fait en rien de Girl$ un mauvais film mais l’empêche de concrétiser son plein potentiel. Heureusement, un excellent casting de jeunes espoirs prometteuses, une mise en scène énergique, font oublier ce désagréable défaut et permettent au spectateur de ne pas s’ennuyer et de comprendre mieux une des inquiétantes nouvelles formes de prostitution en cours de développement à travers l’Asie et le monde.

Written By est probablement une des œuvres les plus originales à avoir été produite dans la SAR en 2009. Le film est l’œuvre de Wai Ka Fai, (le collaborateur attitré de Johnnie To) à la fois producteur, scénariste et réalisateur. On y suit une famille victime d’un accident de la circulation. Le père (Lau Ching Wan) meurt sur le coup tandis que la fille devient aveugle. Anéantis par l’épreuve, les rescapés décident d’apaiser leur douleur en écrivant une nouvelle où les rôles sont inversés, c’est le père qui a survécu à l’accident et les autres membres de la famille qui sont décédés.
Written By part d’une idée originale et traite de sujets adultes tout à fait fascinants. La puissance de l’imagination et de l’écriture, la difficulté à assumer la mort d’un proche sont au cœur de l’œuvre. Wai Ka Fai y ajoute ses propres caractéristiques stylistiques et thématiques habituelles, en tête le poids du destin et une structure narrative complexe faite d’allers et retours entre monde réel, monde créé et au delà.
Mais l’ambition et les bonnes intentions de l’auteur ne suffisent pas à compenser ses habituels défauts, lesquels prennent de plus en plus d’importance au fur et à mesure que le film progresse. Ainsi, la fascinante structure du film devient très vite quasi incompréhensible au point qu’on se demande si Wai lui-même sait bien où il veut aller. Comme pour certains de ses polars pour To, l’exercice d’écriture finit par tourner à vide. De même, les malheurs qui s’abattent sur les personnages aboutissent à un dangereux misérabilisme (la séquence où la fille aveugle essaye de ranger l’appartement de son père) rendu d’autant plus désagréable qu’on parvient que difficilement à sympathiser avec eux.
L’originalité de l’œuvre justifie pleinement sa présence au sein du panorama Hong Kong 2009 mais parler d’une franche réussite serait bien exagéré.

Un des plus gros buzzs du festival est venu du Gallants de Derek Kwok et Clement Cheng. Cette comédie tournant autour du Kung Fu et produite par Andy Lau fut dévoilée en avant-première pour le festival.
Gallants suit Cheung (Wong You Nam), un petit loser envoyé dans une des petites villes des Nouveaux Territoires afin de faciliter le développement d’un nouveau projet immobilier dans le secteur. Là, il rencontre Tiger (Bruce Leung), un disciple de Sifu Ben Law (Teddy Robin Kwan). Ce dernier étant dans le coma depuis des années, Tiger et les autres disciples ont reconverti l’école en une maison de thé en attendant le réveil de Maître Law. Mais c’est justement cet établissement dont Cheung doit faire partir les occupants.
Authentique fan des films de Kung Fu des années 70, Kwok et Cheng truffent leur film de références à ce cinéma. Que ce soit dans la réalisation (utilisation de zooms), dans le casting (les vétérans du genre sont nombreux) ou dans certaines signatures stylistiques (les noms des acteurs qui apparaissent à l’écran lors de leurs premières apparitions). De quoi enthousiasmer les amateurs du genre ! Heureusement, Gallants n’est pas que cela. Le film porte en lui des thèmes plus universels, en phase avec l’esprit martial omniprésent. Les concepts de courage, d’effort et de travail sur soi dominent l’œuvre. Une approche manifestement destinée à redonner de l’espoir au public confronté à la mauvaise situation économique globale.
Attraction ultime du film, la présence du vétéran Teddy Robin Kwan. Chanteur, producteur, réalisateur, acteur, l’homme a tout fait au sein de l’industrie et a une part ou une autre dans nombre de chefs d’œuvre en provenance de la SAR. Gallants est un come back en grande pompe. Chacune de ses apparitions le voit manger l’écran et prendre naturellement l’ascendant sur ses partenaires. Touchant, drôle, fascinant, c’est un grand « Teddy Robin Kwan show » !
Si la comédie est assurément une réussite, l’action n’est pas en reste. Kwok et Cheng se sont assurés les services d’un des vétérans du métier, le trop sous-estimé Yuen Tak. Ce dernier a opté pour un style réaliste, sans câbles, conformément à l’orientation « old school » du film. Le résultat est très réussi, les chorégraphies sont rythmées et puissantes. Les deux réalisateurs y ajoutent leur touche personnelle via la présence de séquences animées, une idée tout à fait réjouissante qui contribue à leur dynamisme.
Assurément une des réussites majeures de l’année 2010, Gallants devrait séduire tous les amoureux de ce cinéma d’action aujourd’hui disparu.

Edmond Pang est un de ces réalisateurs demeurant à Hong Kong qui parvient à maintenir une qualité constante dans ses œuvres tout en conservant une identité très locale à ses films. Love in a Puff, présenté en avant première au festival, maintient la tendance. Derrière ce catégorie III se cache une bonne vieille romance dont l’originalité principale réside dans l’omniprésence de la cigarette et sa fonction de lien social. Un concept plutôt bien vu en ces temps où le tabac et ses consommateurs sont mis au ban de la société.
Miriam Yeung y interprète Cherie, une vendeuse de cosmétiques, qui s’est liée d’amitié avec un groupe de fumeurs travaillant tous aux alentours. Chaque jour, ils partagent quelques cigarettes et discutent des derniers ragots. C’est durant un de ces moments nicotinés qu’elle fait la connaissance de Jimmy (Shawn Yue) avec qui le courant passe aussitôt.
Love in a Puff utilise adroitement les fameuses pauses cigarettes pour construire son scénario. Ces quelques minutes sont décrites comme des instants cruciaux de la vie des personnages, ceux durant lesquels toute leur vie sociale tourne (c’est là que sont organisées les sorties du soir, qu’ils peuvent développer leurs sentiments les uns pour les autres). Le film ne va guère plus loin que son concept original mais c’est justement ce qui fait sa force : sans prétention ou ambitions mal placées, il va à l’essentiel avec fluidité et naturel. Toujours en phase avec la ville dans laquelle il vit, Pang décrit de manière réaliste et amusante le comportement de ces fumeurs hongkongais, faisant preuve d’un bel équilibre dans la gestion de ces deux facettes. Argot, téléphone portable, 7 Eleven, karaoke, tout dans le film correspond à un quotidien éminemment local lequel est utilisé avec habileté pour alimenter les idées comiques. Les prestations de l’ensemble du casting s’inscrivent parfaitement dans l’esprit du film, à la fois naturelles et énergiques, et renforcent le charme discret de l’œuvre. Plus surprenant au vu de l’identité purement hongkongaise du métrage, on sent également une influence française marquée que ce soit dans les goûts des personnages ou dans certains choix de mise en scène.
Cette parfaite retranscription de la vie hongkongaise ne pourra que séduire les amoureux de la perle d’Asie, tout comme la vision positive de la cigarette devrait plaire aux aficionados de la nicotine. Ceux qui ne présentent aucune de ces caractéristiques devraient tout de même pouvoir apprécier l’intelligence comique de cette œuvre, pas si mineure, d'Edmond Pang.

 
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