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Interview Gordon Chan Kar Shan, de The Big Heat à A-1
Final Option, SDU, Michael Wong 1/1 - Page 6
Infos
Auteur(s) : Thomas Podvin
David Vivier
Date : 13/1/2005
Type(s) : Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Jackie Chan
Peter Chan Ho Sun
Raymond Chow Man Wai
Lee Chi Ngai
Tsui Hark
Michael Wong Man Tak
John Woo
Films :
Le Syndicat du crime
Fight Back To School
Final Option
Heart To Hearts
King Of Beggars
Tom, Dick And Hairy
Studios :
Golden Harvest
Lexique :
Gweilo
 
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Page 7 : First Option, The New Option


HKCinemagic: Votre grand film d'action était Final Option in 1994.
Gordon Chan: En réalité, c'était le premier film d'action que j'ai fait. Si vous appelez King of Beggars (1992) un film d'action, cela me convient, mais King Of Beggars reste une comédie mélangée avec du kung fu, une kung fu comédie.

Final Option était une histoire très difficile à finaliser. Le scénario original, le premier jet, a été écrit très rapidement. On a mis deux ans à développer ce scénario ; c’était juste après avoir tourné King Of Beggars. Je ne voulais plus faire de film de kung fu alors, mais un film d'action, un film sur les SDU (Special Duty Unit). Parce que j'ai fait beaucoup de recherches sur les SDU pour la série des Fight Back to School et que nous visitions déjà les compagnies d'armes à feu avec lesquelles nous sommes devenus familiers. Je commençais à emmagasiner toutes ces recherches. Mais la société de production ne s'attendait pas à ce que je fasse un film d'action pur. Je me souviens avoir demandé "est-ce que je peux faire un film sur les SDU ?" "Oui, pourquoi pas. Avec Stephen ?" J'ai dit "Non, pas ce genre de film sur les SDU. Je veux un vrai film d’action. »

HKCinemagic: En fait, Final Option est un film d'action mais vous avez aussi développé une trame plus dramatique. Une grande partie du film a été consacrée au développement des personnages et à leurs émotions.
Gordon Chan: Oui, c'était vraiment rare à HK, personne ne l'avait fait auparavant. L’habitude était surtout de faire des films d'action divertissants.

HKCinemagic: Pensez-vous que ce soit cette trame dramatique supplémentaire qui en ait fait un succès ?
Gordon Chan: Je ne pense pas. Les recettes au box-office n'étaient pas aussi bonnes que cela. C'était vraiment réussi dans le sens où j’ai pu prouver que je pouvais m’essayer à l'action. Et c'est tout. [Final Option a réalisé un chiffre d'affaires de 11,2 millions HKD en 49 jours du 17/03/94 à 04/05/94 et a été classé 19ème cette année-là sur les 141 films classés, ndlr]. C’était une manière de filmer des scènes impliquant des armes à feu autres que celles de John Woo. Après John Woo, tout le monde copiait ses films. Quand on regarde les films d’alors, tous ne faisaient que reproduire A Better Tomorrow. Ou dans les autres films on utilisait juste ses poings. Jackie Chan a toujours excellé dans la conception de scènes où on jette les armes et où le combat à mains nues prédomine.

Donc j'essayais juste de faire quelque chose de très différent. Je pense que c'était amusant. Mais ce film était tout de même difficile pour moi. En fait, ce café même où on fait cette interview [au Landmark, à Central, ndlr] est l'endroit où j'ai convaincu Raymond Chow de la Golden Harvest de me laisser tourner ce film à la condition que je ne serais pas payé si ce film était un échec. Ce qui voulait dire que si ce film ne faisait aucun bénéfice je n’obtinderais pas un dollar. Et je lui ai promis "laissez-moi le faire, laissez-moi juste le faire." C’était un an et demi après avoir touné King of Beggars. Les producteurs me demandaient à chaque fois de réaliser des films de kung fu mais j'ai continué à refuser.

 
HKCinemagic: Vous ne vouliez pas être assimilé à une tendance.
Gordon Chan: En réalité je ne crois pas en ces modes à suivre. C’est bien de faire la mode et d'être le premier, mais pourquoi rester en arrière après ? Si tout le monde suit la même voie, je ne pense pas que cela reste aussi intéressant. Il faut trouver des choses nouvelles et je pense que c’est aussi ce que recherche le public. À cette époque-là, toutes les comédies HK comprenaient une séquence de kung fu. J'étais presque le seul cinéaste à apporter alors quelque chose de différent. Toujours à cette époque, il y avait le film dePeter Chan et Lee Chi Ngai, Tom, Dick & Hairy (1993), qui était une comédie et dont j'étais le producteur. C'était ce que nous faisions; on essayait d’échapper aux modes et on suppliait tout le monde de nous laisser apporter un peu de nouveauté.
 
HKCinemagic: Revenons sur Final Option, vous avez fait beaucoup de recherches sur les SDU ?
Gordon Chan: Oui, cela a pris plus de deux ans.
 
HKCinemagic: Vous avez rencontré de vrais officiers du SDU ?
Gordon Chan: Oui et c'était drôle. Les policiers n'osaient pas me parler directement parce que j'étais un peu connu à l’époque. Ils avaient peur d’être … Bon, en fait c'est illégal pour eux de donner des informations sur les SDU. Et quand on les a rencontrés c’était comme une réunion d'une triade. On était assis à des tables différentes [en prétendant ne pas se connaître].

Je ne pouvais pas prendre de notes alors j’ai essayé de me rappeler de tout. On a eu un tuyau sur l’endroit où ils allaient faire leur entrainement alors on les a suivi pour jeter un coup d'oeil. C'était amusant. Et après ce premier film, ils ont commencé à me faire confiance et j’ai pu ainsi compter sur le support du département de police.

HKCinemagic: À la fin du générique de Final Option, vous remerciez beaucoup la police, donc vous aviez déjà un certain support de leur part.
Gordon Chan: C'était l'armée - l'Armée britannique. Ils quittaient HK alors et ils m’ont dit : "aucun problème de toute façon on quitte HK….alors faisons le film !" (Rire).
 
HKCinemagic: : Vous avez donné à Michael Wong, l’un de ses meilleurs rôles à ce jour, pourquoi l'avez-vous engagé ?
Gordon Chan: Parce que je voulais un Caucasien.
HKCinemagic: Les policiers à cette époque étaient tous caucasiens ?
Gordon Chan: Oui, dans l'unité des SDU, ils étaient tous caucasiens. Il y avait très peu de chinois alors. À cause du S.A.S. aussi. SDU vient du S.A.S. [le Service Aérien Spécial (S.A.S.) est un régiment de forces spéciales dans l'Armée britannique, ndlr]. Les instructeurs à l’origine venaient tous du S.A.S.
 
HKCinemagic: Vous attachez beaucoup d'importance au réalisme du film et des personnages.
Gordon Chan: Je n'étais pas réalisateur de films d'action au début et tous ont été surpris lorsqu’ils ont su que j'allais tourner ce film. J'avais besoin d’un certain réalisme aussi, faire quelque chose de différent. La langue anglaise faisait partie de l'équation. C'était un risque aussi. Avant on doublait les étrangers et les dialogues anglais, personne ne parlait anglais dans les films. Les producteurs ne croyaient pas en cette nouvelle idée, c’était impossible pour eux de survivre à cela. Mais je leur ai apporté les rushes et dit : « Hé, je ne peux pas y renoncer, ils doivent parler anglais » J’ai donc gardé l’histoire originale et essayé et ça a marché…j’ai eu de la chance.
 
HKCinemagic: Michael Wong parle aussi bien anglais que cantonais.
Gordon Chan: Oui, et il l'a fait pour le public de HK. Ils ont vu que ce gweilo parlait le cantonais. C'était bien.
 
HKCinemagic: Il est aussi bâti comme un officier du SDU, il est fait pour ça.
Gordon Chan: Oui et je pense aussi que le succès du film, en partie, vient du fait que c'était le premier film d'action filmé en son synchrone. Heart to Hearts était le premier film avec le son synchrone [le son enregistré pendant le tournage]. Avant cela, personne ne tournait avec un dialogue synchronisé. Le doublage était la norme. Alors j'ai essayé de convaincre tout le monde de me laisser tourner en son synchronisé en même temps. Ils pensaient que pour des films d'action c’était une perte de temps parce que ce serait doublé par la suite. Finalement ils m’ont laissé filmer comme je voulais. J'ai insisté pour tourner avec le sons synchrone pendant les scènes de fusillade. C'était si différent des films de John Woo. Regarder Final Option, c’est comme regarder un documentaire.
 
HKCinemagic: En effet et le film raconte les débuts du SDU à HK. Est-ce là la véritable histoire ?
Gordon Chan: Oui, et c'était presque comme regarder un documentaire ayant pour but d’impressionner et c'était quelque chose de différent alors. De temps en temps, il faut apporter quelque chose de neuf. Mais c'est une chose très dure à dire aux investisseurs parce qu’ils suivent toujours les modes. C'est pourquoi je suis fier de dire que je suis le disciple de Tsui Hark, parce que j'essaye toujours des choses différentes. Même Tsui Hark a été très surpris quand il a vu le film Heart to Hearts.
 

 
HKCinemagic: Dans Final Option, vous montrez beaucoup de tactiques de combats, des armes à feu, etc. Pourquoi ? Il semble que vous tenez à montrer beaucoup de techniques.
Gordon Chan: Oui, en fait à cette époque-là tout le monde filmait des épées, des choses irréelles. Pour mon film, une bande d'acteurs a été formée pendant un mois et demi avec les vrais SDU. Tous les jours, ils prenaient leurs armes et tiraient pour comprendre et apprécier au mieux ces armes. Pour les gens de HK, c'est une chose très rare. Ils étaient très impressionnés de voir des acteurs capables de charger et décharger des armes à feu eux-mêmes.
 
HKCinemagic: En réalité dans les films de John Woo, ils ne rechargent jamais…
Gordon Chan: Ils les tiennent juste comme ça : "et qu’est-ce que je fais avec ça ?" Mes acteurs étaient si bons qu'après leur entrainement ils pouvaient réparer, démonter des armes, ils savaient tout faire. En fait, leur expérience avec des armes à feu était beaucoup plus complète que celui d'un policier ordinaire qu’on voit dans la rue. Donc ça faisait parti de mon processus pour impressionner tout le monde.

Si vous vous rappelez la scène après la fusillade, ils reviennent et déchargent leurs armes. Il y a toujours une balle restante dans la chambre qu’ils éjectent d’un coup, ils la saisissent en plein vol d'une seule main. Eh bien, ce n'était pas la procédure standard des SDU. C'était juste pour le côté fun du film. Il y a deux ou trois ans, je suis allé à Pékin et des gens m'ont montré un documentaire sur les Forces Spéciales de l'Aéroport de Pékin. Et eux aussi, ils attrapent la balle en plein vol à chaque fois! (Rire)

 
HKCinemagic: Parce qu'ils ont vu votre film !
Gordon Chan: Et ça ne faisait pas partie de l’entrainement à l’origine. Donc j'étais quasiment sûr que ça venait de mon film. J'étais si heureux. En Chine, ils n'avaient pas d’entrainement dans les Forces Spéciales, donc ils pouvaient se référer uniquement qu’à mon film.

Les acteurs ont beaucoup appris et ont vraiment travaillé durement, ils étaient très fiers. En fait, la même bande d'acteurs, même s’ils ne sont pas célèbres, joue dans la majeure partie des films d'action de HK de nos jours. Tous les types des Forces Spéciales dans les films, si vous regardez soigneusement ce sont eux. Il y en a encore plus aujourd’hui, parce qu'après Final Option, les films sur les Forces Spéciales sont devenus une vraie tendance à HK. Mais ils sont toujours dans l'industrie et ils enseignent ce qu’ils ont appris pendant cette formation d’un mois et demi.

 
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