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Interview Law Kar : l'historien du cinéma de Hong Kong
Les genres de films à HK 1/1 - Page 3
Infos
Auteur(s) : Thomas Podvin
David Vivier
Date : 12/1/2005
Type(s) : Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Jackie Chan
Chang Cheh
Stephen Chow Sing Chi
Bruce Lee
Bruce Lee
Run Run Shaw
Patrick Tam Kar Ming
Tsui Hark
John Woo
Films :
Le Syndicat du crime
The Burning Of The Red Lotus Temple
Butterfly Murders
Un Seul bras les tua tous
The Sword
Lexique :
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Huangmei Diao
Kung Fu Comedy
Mo Lai To
Nouvelle Vague
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Mode ou genre ?
HKCinemagic : Parlez-nous des genres spécifiques au cinéma de Hong Kong.
Law Kar : Comment définir un "genre" au sens chinois du terme ? Dans le cinéma de HK et le cinéma en langue chinoise, il y a toujours eu ce débat, voire cette dispute, même entre amis et critiques de HK.

Vous êtes habitués au sens occidental du terme "genre", comme les films d'horreur, l'action, la comédie, les films à grand spectacle, ce genre de chose. A HK, nous n'avons pas beaucoup de films à grand spectacle. Pour les comédies, nous en avons de plusieurs types, comme le "mo lei tau" ou comédies non-sensiques. Pour les films d'action, à une époque nous avions le "heroic bloodshed", à un autre moment, il y avait les films de détective, donc c'est vraiment très mélangé pour nous Chinois.

Parfois on prend une mode pour un genre. Comme le heroic bloodshed, qui est plus une mode qu'un genre. C'est classé dans le genre action ou genre "film de gangsters", et c'est une mode. Cette mode a commencé avec John Woo et son A Better Tomorrow (1986). Pendant quelques années nous avons eu beaucoup de films du type "heroic bloodshed". Parfois ce ne sont que des films de gangsters mais plus violent dans certaines scènes d'action. Certains d'entres-eux ne sont pas trop violents. Mais pendant des années, et même à HK nous les appelions des fims "heroic bloodshed". Ils sont passés de mode et ont été remplacés par les films de détectives.


Ti Lung, Dean Shek et Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime 2

En fait, ce sont des modes.

Le premier genre que nous avons est le ‘wuxiapian’ (film de chevalerie chinoise) ou films d'arts martiaux, ce qui inclus les films de wuxia et de kung fu. Je pense que films d'arts martiaux est un nom plus raisonnable pour ce genre, c'est un nom occidental. Mais les films d'arts martiaux comprennent les films de sabres (avec des combats utilisant toutes sortes d'armes) et les films de kung fu ou de combats à mains nues.

En fait, il y a eu beaucoup de genres de films à HK et ce à n'importe quelle époque. Les cinéastes de HK ne considèrent pas les genres de la même manière que les occidentaux. Ils ont tendance à plus définir les films par des modes plutôt que par des genres.

Donc cette fois nous avons des films de kung fu. En fait, nous avons toujours eu des films d'arts martiaux, même dans les années 1930, 1940 et 1950. Même actuellement nous avons des films de kung fu mais basés dans un environnement contemporain. Mais les cinéastes de HK et les gens de HK, quand ils parlent des films de kung fu de Hong Kong, ils parlent des années Bruce Lee, au début des années 1970. Cette période n'a duré que quelques années. Et plus tard, nous avons appelé les films d'arts martiaux contemporains des films d'action, et non plus des films de kung fu. Donc on a utilisé le terme [films de kung fu] plus comme une mode que comme un genre.


Jimmy Wang Yu dans Return of the One-armed Swordsman

Les deux genres principaux qui ont perduré sont les wuxiapian, ou les films d'arts martiaux, et les comédies. Ceux sont les deux genres principaux depuis les années 1960 jusqu'à maintenant et qui reviennent quand on évoque le cinéma de HK.

On peut les mélanger et créer d'autres genres comme la kung fu comédie ou comme les films d'action modernes ou comme les films de Jackie Chan. Ceux sont en fait des fillms de kung fu et des films comiques de kung fu dans un environnement contemporain.

A part les films d'arts martiaux et les comédies, nous avons des spécialités. Nous avons une sorte de comédie musicale et avant cela, nous avions le "wenyi pian" une sorte de genre opposé au wuxiapian. En Chine, nous avons deux notions opposées, le wen et le wu, le littéraire et le martial. Ils sont comme le ying et le yang. Au sens très large, les wenyipian sont des films "littéraires". Cela comprend en fait les films réalistes, les histoires d'amour, les films sociaux ; tous ces films sans jamais trop d'action. Pour ces films littéraires nous avons les critiques sociales, les romances, les comédies légères et diverses comédies musicales. Dans la catégorie des films martiaux, ou wuxiapian, nous avons les kung fu, les films de sabres, et même des films d'opéra, et des films d'action modernes.

 
HKCinemagic : Comment classer les films d'opéra Huangmei diao ?
Law Kar : Le Huangmei diao appartient au groupe wen.
 
Un mélange de genres.
HKCinemagic : A HK, il est plutôt typique de mélanger tous les genres ou les modes dans un seul et même film. Un film peut commencer par une enquête sérieuse puis montrer des signes de comédie non-sensique pour finalement se terminer en drame. Pourquoi y-a-t-il un tel mélange dans les films de HK ?
Law Kar : Je pense que c'est parce que HK est ouvert à toutes les influences du monde entier. C'est la condition hongkongaise, nous sommes bons quand il s'agit de pêcher les idées à droite et à gauche, d'être influencé par le reste du monde et de créer quelque chose de très local avec cela. On peut voir d'où viennent ces idées, mais cela ressemble à quelque chose de hongkongais. C'est ce qui est intéressant. Et parfois c'est critiqué comme un cinéma d'occasion car ces idées ne sont pas vraiment originales. Car nous n'avons pas une culture forte, nous n'avons pas un grand sens de la nationalité, vous savez, après avoir été dominé par ce pays [la Grande-Bretagne, ndlr], et ce genre de culture. Donc ce qui est intéressant avec le cinéma de Hong Kong c'est que tout est mélangé, c'est un agglomérat de choses d'ici et là. On peut y voir des influences de tous les pays.
 
Autres genres
HKCinemagic : Les films Huangmei diao étaient très populaires à Hong Kong et dans le reste de l'Asie. Peut-on considérer ces films comme formant une mode importante dans l'Histoire du cinéma de Hong Kong, même si l'engouement pour ce type de films n'a duré que quelques années.
Law Kar : Je ne sais pas si les spectateurs en dehors des pays sinophones ont apprécié ces films ou pas. Mais en Chine, à HK et à Taïwan, ils ont beaucoup aimé, c'était de la folie pendant quelques années. Puisqu'il s'agit de chants, pas de danse ni d'action, ce genre n'est pas connu ou reconnu internationalement. C'est un art traditionnel, un art raffiné du même ordre que l'Opéra de Pékin.
 
HKCinemagic : Parlons des autres genres filmiques dans la liste que je vous ai remise. Commençons avec les films de Category III.
Law Kar : Les films de Category III sont des films de soft porn et soft core. Ils n'ont été populaires que pendant quelques années. Maintenant il est plus facile d'obtenir des films plus explicites, même des films de category 4 ou 5, disponibles en DVD partout dans le monde. Les films de Category III n'existent plus. Personne ne va plus au cinéma pour voir ces films, au lieu de cela, les gens achètent plus de DVD et regardent chez eux. C'est plus privé et ils apprécient d'avantage.
 

Un film de Category III : Dr. Lamb avec Simon Yam

 
COMEDIES, "MOLEITAU"
HKCinemagic : Je sais que les comédies non-sensiques, ou "moleitau” comme on dit en cantonais, sont très populaires à HK.
Pour ce qui est des comédies non-sensiques, il s'agit aussi d'une mode. C'est une forme de comédie qui a été poussée à l'extrême. Ils utilisent des dialogues et des actions non-sensiques qui font référence au contexte social à HK, et ce dans le but de provoquer une réaction chez le spectateur. Car les gens qui font ces films, ne croient pas en la communication entre HK et Pékin, et ne croient pas à la rhétorique de leurs dirigeants politiques. Donc, en ce cas, ils se jouent du langage. “Si les dirigeants peuvent jouer sur les mots, nous le pouvons aussi. C'est intéressant car nos jeux de mots ont plus de sens que les leurs." Si vous associez les comédies de Stephen Chow aux événements sociaux et politiques du pays de l'époque, vous y verrez plus clair. Parfois ces films ne sont pas si non-sensiques, parfois ils sont plutôt sensés. Ils offrent une sorte de réaction, de protestation contre la réalité.
 
HKCinemagic : Cette mode a commencé avec les frères Hui dans les années 1970, il me semble.

Law Kar: Ce type de protestation et d'absurdités dans les films des frères Hui n'étaient pas aussi importantes que ceux dans les films de Stephen Chow.

 
HKCinemagic : Mais il s'agissait des débuts du genre, ils abordaient déjà des questions sociales.
Law Kar :Oui. Même au milieu des années 1960, ce type de comédies commençait à être populaire. [Les réalisateurs de ces films] utilisaient des situations quotidiennes pour parodier et ridiculiser le gouvernement ou les groupes d'influence ou des phénomènes de société. Plus tard, Stephen Chow a poussé cela à l'extrême, vers le non-sensique.
 
HKCinemagic : Donc en un sens on peut dire que cette mode est politique ? C'est surprenant.…
Law Kar : Oui, politique, mais les spectateurs ne le voient jamais ainsi. Ils prennent seulement du bon temps. Et ils s'attachent au film car ils ne savent pas qu'ils étaient tracassés par les dirigeants politiques ou d'autres problèmes. Ces spectateurs apprécient ces films car ils ressent un besoin d'agir contre des groupes au pouvoir ou le gouvernement ou une forme de pouvoir politique. Avec les films de Stephen Chow, le spectateur a trouvé un exutoire pour se libérer de sa rage et addresser ses plaintes, bien qu'il ne s'en rende pas compte lui-même.
 
HKCinemagic : On dit que les films de HK sont en général apolitiques.…
Law Kar : Ils ne sont pas politiques de façon directe. Il s'agit plus d'une sorte d'allégorie politique, ils ne sont pas comme le “Z” de Costa-Gavras, ce genre de film politique. Bien sûr. Les cinéastes de HK ne prennent pas pour cible un problème de société pour éveiller les consciences du plus grand nombre. C'est plutôt inconsciemment qu'ils informent et impliquent les spectateurs. Et en même temps leurs films amusent les gens et leur laissent avoir une sorte d'exutoire pour se libérer de leur rage et leurs revendications.
 
Les WUXIAPIAN
HKCinemagic : Voyons l'évolution du genre du wuxiapian au cours du dernier siècle.
Law Kar : À HK et en Chine, on utilise surtout ce terme wuxiapian, pour ce type de films. On l'a d'abord utilisé dans les années 1920, avec des films comme The Burning of the Red Lotus Temple (Zhang Shi Chuan, 1928). Ce sont des films jouées en costumes, qui se déroulent dans la Chine Ancienne et où on utilise des armes comme des sabres et des couteaux. Ces films mettent en scène des experts en arts martiaux qui utilisent leurs talents dans des récits chevaleresques avec de l'action, pour sauver les opprimés, rendre justice, repayer de bonnes actions, assassiner un dictateur, etc. Bref, ils sont au service du peuple et de la justice.
À cette époque, ce type de films s'appelait "wuxiapian". Plus tard, dû à certains facteurs, ces films ont dégénéré en films plus fantastiques. Ces chevaliers savent non seulement manier l'épée, mais aussi ont des sortes de pouvoirs surhumains. Ils utilisent des épées qui volent dans les airs et tuent à des kilomètres de distance. Ils utilisent le pouvoir de la paume. Les cinéastes se sont mis à imaginer beaucoup de gadgets pour plaire aux spectateurs. C'est une conséquence de la compétition grandissante entre sociétés de production. Il ne s'agit plus d'arts martiaux. Nous sommes loin des arts martiaux. Il ne s'agit que de fantastique. Ces films ont été inclus dans la catégorie des wuxiapian à cette époque. On appelait cela des "wuxiapian fantastiques”. Après les années 1950, il y a eu à HK un revival de ce qui se faisait à Shanghai dans les années 1920, c'est exactement la même chose. À la différence près que les effets spéciaux se sont améliorés, les films avaient de meilleurs animations, on a ajouté des couleurs, utilisé des câbles et le vol dans les airs, ce qui a rendu ces films plus palpitants.

Au début des années 1960, on a remis au goût du jour cette tradition filmique du Shanghai des années 1920, et créer une nouvelle mode de films d'arts martiaux fantastiques qui intègrent des effets spéciaux artisanaux.

Buddha’s Palm, un wuxiapian avec des effets très spéciaux. Ici on voit le pouvoir de la paume

Ensuite, vers le milieu des années 1960, Run Run Shaw, Chang Cheh et d'autres ont tenté d'explorer de nouvelles directions. Ils ont tenté de créer une nouvelle mode en faisant des wuxiapian plus réalistes. Plus réalistes, mais aussi plus violents. Il ne s'agit plus seulement de combats avec le pouvoir de la paume et les épées volantes, mais les protagonistes se battent vraiment et mourraient. On peut les voir périr sous l'épée. De plus ces films se basent davantage sur les relations humaines. Les protagonistes ne sont plus seulement des figures héroïques, ils ont leurs moments de faiblesse, une psychologie plus développée et plus d'épaisseur. Donc ils sont plus réalistes de cette façon. Ils sont plus réalistes en terme de scènes de combat, de l'exploration de la nature humaine et de la psychologie des personnages. Ces films sont différents des films fantastiques précédents qui utilisaient beaucoup de gadgets. Cette mode a été un grand succès pendant plus de dix ans, avec des films comme The One-Armed Swordsman.

Puis dans les années 1970, les films de Bruce Lee ont créé une autre mode.

Par la suite, vers la fin des années 1970, la "Nouvelle Vague" est apparue avec des films comme The Sword de Patrick Tam et Butterfly Murders de Tsui Hark. Tous deux sont des films de la première heure de la nouvelle vague [hongkongaise]. Les réalisateurs respectifs ont tenté d'absorber l'influence des films japonais et des films européens, et la retranscrire dans ce genre chinois pour créer quelque chose de plus surprenant [pour le spectateur]. Ce que nous appelons "nouvelle vague" est par exemple l'influence de Jean-Pierre Melville que l'on peut sentir dans le film de Patrick Tam. Ces films présentent une dichotomie entres les scènes statiques et les scènes dynamiques ou d'action. Les réalisateurs de Hong Kong ont commencé à utiliser ce tempo, ce genre de techniques dans des wuxiapian produits localement. Vous pouvez voir que cela leur était assez nouveau. Ils ont essayé de contrôler les moments statiques et dynamiques, ce tempo est plutôt un truc européen. Et aussi, comme dans le film de Tsui Hark, Butterfly Murders, les réalisateurs ont essayé d'incorporer des éléments de science fiction occidentaux et des mangas japonais, le tout dans ce type de truc futuristes. Il ne s'agit plus de wuxiapian traditionnel. C'est ce que nous appelons des "films d'arts martiaux new wave" ou peut-être des "wuxiapian new wave".

The Sword de Patrick Tam, avec Adam Cheng

 
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