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Interview Jean-François Rauger : Rétro Johnnie To à la Cinémathèque française
Johnnie To à la Cinémathèque française 1/2 - Page 1
Infos
Auteur(s) : Van-Thuan LY
Date : 2/4/2008
Type(s) : Interview
Analyse
 
 Liens du texte  
Personnes :
Ringo Lam Ling Tung
Johnnie To Kei Fung
Tsui Hark
Films :
Election 1
The Enigmatic Case
Exilé
Mad Detective
The Mission
Triangle
Studios :
Shaw Brothers
 
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Page 2 : Un certain regard sur l’œuvre de Johnnie To


La rétrospective organisée par la Cinémathèque française en début de 2008 a parachevé la reconnaissance de l’œuvre de Johnnie To en Occident. Peut-être plus que ses derniers films personnels, cet événement a été le point culminant d’une carrière entamée il y a plus de 30 ans. Johnnie To a reconnu lui-même qu’il y aura désormais un avant et un après « Rétrospective ». Si cet hommage a permis au cinéaste hongkongais de se rapprocher plus de son public occidental, il a aussi marqué un tournant dans sa carrière, qui le voit se rapprocher du cinéma occidental lui-même. En effet, après des années passées à observer l’expérience en terre étrangère de ses illustres confrères John Woo, Tsui Hark ou encore Ringo Lam, Johnnie To a décidé de se lancer à son tour dans l’aventure des productions hollywoodiennes et européennes, en s’efforçant d’éviter les contraintes et les pièges qui ont miné le travail de ses prédécesseurs. Symboliquement, ce tournant dans la carrière du maître hongkongais est annoncé par la nouvelle version qu’il va donner au Cercle Rouge de Jean-Pierre Melville, si cher aux cinéphiles français.

Nous avons soutenu cette rétrospective à la Cinémathèque avec enthousiasme ; elle nous a fait vivre et revivre de très grands moments devant un grand écran. A cette occasion, nous avons pu discuter longuement avec Johnnie To. Nous avons ensuite rencontré Jean-François Rauger, le directeur de la programmation à la Cinémathèque, l’homme qui est à l’origine de cet événement. Fin connaisseur du cinéma de genre (bien qu’il n’aime pas ce terme), Jean-François Rauger nous a apporté un très intéressant éclairage sur l’œuvre de Johnnie To, en le re-situant dans l’histoire du cinéma de Hong Kong telle qu’on la connaît en Occident. Temple de la cinéphilie, la Cinémathèque française a depuis longtemps accordé une place de choix aux différentes cinématographies d’Asie. Nouvelles vagues hongkongaise et taiwanaise, les films de la Shaw Brothers, les hommages à Hou Hsiao-hsien ou à Tsui Hark, les rétrospectives de grands maîtres japonais, l’histoire du cinéma chinois, japonais ou coréen… c’est à la Cinémathèque française que des générations de cinéphiles ont pu découvrir les différents visages du cinéma d’Extrême-Orient. Le rôle, la place et l’avenir de cette noble institution dans l’environnement des pratiques de la cinéphilie d’aujourd’hui ne peuvent que nous intéresser aussi.

La rétrospective Johnnie To à la Cinémathèque française

HKCinemagic : Qui a eu l’idée de cette « rétrospective Johnnie To » ?

Jean-François Rauger : Je dois dire que c’est moi. Ce projet m’est apparu indispensable quand on a montré en avant-première Election 1 & 2 en présence de Johnnie To [Au début de l’année 2007, Ndr]. Quand j’ai présenté ces deux films, je me suis lancé dans la promesse d’une « rétrospective Johnnie To ».

Cette rétrospective me paraissait s’imposer pour deux raisons. La première était que lui consacrer une rétrospective, c’était le désigner comme un cinéaste important, un vrai auteur. La deuxième raison était qu’il a fait beaucoup de films ; une rétrospective était une occasion de montrer ses films inédits en France, ceux qui ne sont pas sortis au cinéma ou en vidéo.

 
HKCinemagic : Avez-vous demandé l’accord de Johnnie To avant de monter cette rétrospective ? A-t-il eu son mot à dire ?
Jean-François Rauger : On lui a dit qu’on voulait faire une rétrospective de son œuvre lors de sa venue à cette avant-première. Il était d’accord. On l’a recroisé, Olivier Père [qui fait partie de l’équipe de la programmation de la Cinémathèque, Ndr] et moi-même, au Festival de Cannes où il présentait Triangle[En compagnie de Tsui Hark et de Ringo Lam, Ndr]. On a passé un petit moment avec lui, on lui a reparlé du projet. Il nous a reconfirmé les moments qui, pour lui, étaient les plus favorables dans l’année pour qu’il puisse venir à Paris. Quand on a monté la rétrospective, son équipe, son assistant notamment [Shawn Ding Yun Shan, Ndr], a été très efficace. Ils nous ont aidés à localiser certaines copies rares. Les gens de son équipe ont suivi de près l’avancée du projet.
 
HKCinemagic : Comment s’est faite la sélection des films ?
Jean-François Rauger : D’abord, il fallait montrer tous les films qui ont connu une distribution en France. Ce sont souvent des films importants de son œuvre, comme les Election 1 & 2. Ensuite, je me suis souvenu de certains films vus dans des festivals mais qui sont restés inédits chez nous. J’ai aussi acheté beaucoup de DVD d’importation de ses films ; j’en ai fait un tri. Et puis il y avait aussi une sélection naturelle : on voulait certains films mais leur copie était soit abîmée, soit introuvable, parfois elle était bloquée par ses ayant-droits. Donc la liste finale est un mélange de recherches, de choix et de sélection naturelle.
HKCinemagic : Vous n’avez pas pu avoir son premier film, The Enigmatic Case ?
Jean-François Rauger : Non.
 
HKCinemagic : La copie n’existait plus ?
Jean-François Rauger : Dans mes souvenirs, la copie était incomplète. Il manquait des éléments.
 
HKCinemagic : Est-ce que les détenteurs de droits à Hong Kong et en France vous ont facilité la tâche ?
Jean-François Rauger : En France, il n’y a eu aucun problème. On a de bonnes relations avec les distributeurs français. La plupart des détenteurs de droits chinois ne nous ont pas non plus posé de problèmes. Dans mon souvenir, il y en avait un, qui n’avait rien à faire de notre rétrospective et qui n’a donc pas donné l’autorisation de sortir une copie de ses archives. Cependant, certains ayant-droits chinois nous ont demandé un prix de location assez élevé, car pour eux c’était une affaire comme une autre. Je crois qu’il y avait eu un distributeur qui était assez difficile économiquement. Mais le jeu en valait la chandelle car la copie était très rare. Certains ayant-droits chinois ne voyaient pas très bien la réalité de cette rétrospective ; ils ont alors considéré ça comme une occasion de louer leurs copies pour une exploitation commerciale, c’est tout. Chez certains, il n’y avait pas cette idée de valorisation culturelle, artistique, d’un cinéaste par le biais d’une rétrospective à la Cinémathèque qui serait comme une exposition dans un musée.
 
HKCinemagic : Vous avez demandé l’aide des Archives du Film de Hong Kong [la Cinémathèque hongkongaise, Ndr] ?
Jean-François Rauger : On n’a pas eu affaire à eux. Soit parce qu’ils n’avaient pas les copies qui nous intéressaient, soit parce qu’on avait déjà trouvé les copies ailleurs, chez les ayant-droits.
 
HKCinemagic : D’une manière générale, quand vous organisez une rétrospective comme celle-ci, vous louez les copies ? Ou ça se passe autrement ?
Jean-François Rauger : On loue les copies, bien sûr. On paie les droits de passage. On peut aussi participer à des frais techniques de sortie. En général, on rémunère l’ayant-droit d’une copie qu’on obtient. On ne paie pas quand on emprunte les copies à d’autres Cinémathèques : c’est un échange de bons procédés car on leur prête aussi gratuitement nos copies. Il peut aussi arriver qu’on paie un ayant-droit même si la copie ne provient pas de lui.
 
HKCinemagic : Vous avez songé à passer des séries télévisées auxquelles avait participé Johnnie To ?
Jean-François Rauger : Non, dans la mesure où on essayait déjà d’avoir une vision un peu plus large de ses films de cinéma. C’est vrai qu’on n’a pas fait des recherches au niveau de la télévision. Peut-être que, d’ici quelques années, on pourra de nouveau se poser la question…
HKCinemagic : Cette rétrospective a t-elle rencontré son public ?
Jean-François Rauger : Oui, elle a plutôt un bon succès. Avec cette nuance près qu’on voit bien que c’est un public qui est connaisseur de l’œuvre de Johnnie To ou du cinéma d’action hongkongais ou asiatique. C’est un public qui, pour certains, connaissait déjà ses films inédits en France, parce qu’il les a vus en DVD. C’est un public consommateur de DVD. Comparé au public d’autres rétrospectives, celui-ci est assez jeune, au courant des nouveaux supports, des nouvelles technologies, connaisseur et plutôt masculin. Il y avait donc des gens qui venaient revoir des films qu’ils connaissaient, mais devant un grand écran de cinéma. Voir The Mission ou Exilé dans une grande salle de 400 places, à la Cinémathèque française, avec un son Dolby, etc. est une expérience qu’on aime bien renouveler. En plus le cinéma de Johnnie To est construit comme un jeu, on s’amuse en le voyant, on retrouve du plaisir en le revoyant. Ce plaisir est décuplé par le fait qu’on se trouve dans une grande salle, moderne.

 

 

HKCinemagic : Vous avez des retours de la part de ce public ? Des réactions ?
Jean-François Rauger : Oui, des réactions plutôt positives. On a aussi eu des retours positifs des gens qui ne connaissaient pas Johnnie To et qui l’ont découvert à l’occasion de cette rétrospective. Je pense notamment à ceux qui ont vu les deux premiers jours de cette rétrospective Mad Detective[présenté en avant-première, Ndr] – qui est vraiment un drôle de film ! - et The Mission : ils ont été sidérés par la liberté, par la virtuosité, par l’intelligence de ce cinéaste.
 
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