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32e Festival du Film International de Hong Kong (HKIFF 2008)
Retrospective Eric Tsang 1/2 - Page 8
Infos
Auteur(s) : Arnaud Lanuque
Date : 3/5/2008
Type(s) : Compte rendu
Critique
Interview
 
 Liens du texte  
Personnes :
Michael Chan Wai Man
David Chiang Da Wei
Stephen Chow Sing Chi
Norman Chu Siu Keung
Chu Yuan
Lau Kar Leung
Jamie Luk Kim Ming
Szeto Cheuk Hon
Patrick Tam Kar Ming
Eric Tsang Chi Wai
Tsui Hark
Wong Kar Wai
Derek Yee Tung Sing
Films :
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The Big Deal
The Challenger
Fatal Vacation
The Final Victory
Legend Of The Owl
Little Cop
The Loot
A Mad World Of Fools
Le Flic de Hong Kong
Lexique :
Mo Lai To
Nouvelle Vague
Triades
Wu Xia Pian
 
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 Notes  
1ere photo par Arnaud Lanuque pour HKCInemagic.com.


Après avoir mis à l'honneur Herman Yau l'année dernière, le HKIFF a décidé de rendre hommage à une personnalité multiforme de l'industrie Hongkongaise : L'incontournable Eric Tsang.

Au sein d'une filmographie riche d'une impressionnante quantité de titres (à tous les postes imaginables), il est difficile de résumer la carrière du petit homme en une poignée de films. C'est pourtant ce à quoi est parvenu tant bien que mal le festival en choisissant à chaque fois une œuvre synthétisant/symbolisant un grand moment de la carrière de Tsang.

Legend of the Owl

Les débuts chaotiques d'Eric Tsang dans l'industrie sont symbolisés par le parodique Legend of the Owl dans lequel il tient un second rôle et est aussi en charge de la production et du scénario (non crédité). Aujourd'hui tombé totalement dans l'oubli, le long métrage de David Chiang est pourtant une petite perle de la comédie cantonaise.

La référence affichée de ce Legend of the Owl, ce sont les Wu Xia Pian de Chor Yuen dont il reprend toutes les ficelles (titre, méchant masqué dont il faut découvrir l'identité, héros enquêteurs, forteresse remplie de passages secrets…). Mais Derek Yee, Jamie Luk et Eric Tsang reprennent les codes du genre pour mieux les dynamiter par une avalanche d'absurde et de non sens. En cela, ils sont parmi les précurseurs du Mo Lai To qui deviendra si apprécié du public au début des années 90.

Legend of the Owl affiche donc la structure classique de ce type de métrage avec la présentation du méchant et de ses plans, l'implication des héros et leur investigation pour atteindre le repaire de leur Némésis jusqu'à l'affrontement final. Mais ces séquences types sont à chaque fois l'occasion de parodies (Jaws/Les Dents de la Mer, Mission Impossible, Star Wars, les Lau Kar Leung…), de références anachroniques, de jeux de mots (noms des personnages) et autres détournements comiques des habitudes du genre (le combat de fin est interrompu par des infirmiers qui ramassent les blessés ou les pièges du repaire de la Chouette sont tributaires des capacités des employés de les utiliser). Le résultat est détonant, rythmé et constamment drôle, digne de ce que feraient les ZAZ avec un tel matériel (un gag est d'ailleurs repris tel dans Airplane/Y'a t-il un pilote dans l'avion ?).

David Chiang était alors dans une période déclinante de sa carrière et prêt à jouer n'importe quel rôle. La star n'était cependant pas à son premier coup d'essai en matière d'auto parodie. Sa première réalisation, A Mad World of Fools, se jouait déjà de son image héroïque et il le fait à nouveau avec naturel et talent pour Legend of the Owl. Tsang était lui au tout début du meilleur de sa carrière, ayant abandonné le travail ingrat du simple cascadeur, pour se consacrer aux taches hors caméras (scénario et réalisation). Legend of the Owl porte en partie sa marque comique, également à l'œuvre sur certaines de ses réalisations et productions postérieures. Mais c'est surtout les débuts pour l'homme en tant qu'amuseur public. Bien qu'il manque encore quelques unes de ses caractéristiques essentielles (la voix), Tsang sait déjà mettre en avant son physique rondouillet et son visage expressif pour attirer la sympathie et les rires. Il affinera son style avec le succès qu'on connaît les années suivantes.

 

Final Victory

C'est après avoir joué d'innombrables fois le bouffon de service dans une large quantité de comédie à succès que Tsang se voit donner l'occasion de faire évoluer son image et son jeu. Cette opportunité, il la doit au réalisateur de la nouvelle vague Patrick Tam.

Final Victory est une love story sur fond de triades. Mais contrairement à ce qui deviendra la mode quelques années plus tard, le principal protagoniste de Tam (et de son scénariste Wong Kar Wai) n'est pas un personnage cool et passionné mais un anti-héros, couard et constamment abusé. Sur ce scénario à contre courant, maniant aussi bien la comédie que la romance ou le thriller, Tam peut déployer à plein son talent pour le romantisme et les ambiances stylisées. Il réussit à rendre ses personnages de " petits ", losers ou paumés, attachants, touchant dans leur fragilité et aspirations simples. Il prouve également une nouvelle fois maîtriser le medium cinématographique à travers un montage travaillé, des effets de style bien sentis et une bande son adaptée.

Ce sont sous les instructions exigeantes de Tam que les acteurs de Final Victory parviennent à donner le meilleur d'eux-mêmes et rendre les émotions de leurs personnages si palpables. Cela n'allait pas de soi car, à l'image du scénario, la distribution va totalement à l'opposée des conventions en la matière. Tsui Hark écope ainsi de son rôle le plus abouti en tant que caïd des triades ultra menaçant. Un rôle qui en tant normal aurait été attribué à quelqu'un comme Michael Chan ou Norman Chu mais que le réalisateur parvient à rendre crédible de bout en bout. Eric Tsang a beau être physiquement parfait pour jouer le rôle de Hung, celui-ci va à l'opposée de l'image uniquement comique que l'acteur avait jusqu'ici bâti auprès du public. D'autant plus que l'acteur avait pris des habitudes de surjeu et d'exagération pour les besoins des comédies auxquelles il participait, pouvant faire douter de son talent dans d'autres registres. Le comédien ne cache d'ailleurs pas qu'il fut au début difficile pour lui de s'adapter aux exigences du réalisateur : " Patrick Tam a changé la façon dont je jouais […] Il lui a donné de la consistance […] Ces instructions peuvent sembler abusives parfois mais ça marche " (1). Et le résultat est il est vrai bluffant. Tsang est parfaitement dans le ton dans la peau de cette petite frappe un peu peureuse qui ne sait pas comment gérer tous les événements qui lui tombent dessus. Sa performance rend bien les différentes émotions contradictoires qui assaillent le petit homme, le rendant extrêmement attachant. Tsang lui-même considère le film comme un tournant dans sa carrière d'acteur. On ne le contredira pas.

(1) Extrait du livre Filmmaker in Focus Eric Tsang édité par le HKIFF. Une lecture évidemment chaudement recommandée pour les amateurs d'Eric Tsang.

 

little cop

Alors que sa carrière de comédien et de producteur monte inexorablement en puissance, Eric Tsang réalisateur commence lui à connaître des difficultés. Les débuts avaient pourtant été prometteurs. The Challenger et The Loot, ses deux petits Kung Fu indépendants des tous débuts avaient rapportés un peu d'argent et réussis à se démarquer (en bien !) du tout venant de la production de l'époque. Par la suite, le réalisateur alterna grosses productions de groupes (Aces Go Places/Mad Mission, My Lucky Stars/Le Flic de Hong Kong, Armour of God) et petites comédies à succès. A la fin des années 80, il décide de réaliser une poignée de films portant davantage sa marque personnelle. Malheureusement, le public ne suivra pas autant qu'il l'avait espéré.

Le premier d'entre eux, Little Cop, avait pourtant tout pour être un succès : Un casting composé d'acteurs les plus populaires de leur temps, un budget léger et donc facile à rembourser, une orientation comique assumée… Mais, à la surprise de son auteur, le film fut un relatif échec. Cette désaffection du public, certes saturé en offre de films à cette période, sera une source de grande déception pour Tsang. Car avec Little Cop, le petit amuseur public a poussé encore davantage le principe du Mo Lei Tau mis en place avec Legend of the Owl. C'est à un festival d'absurde, à une avalanche de gags non sensiques que Tsang nous convie, authentique prélude à certains Stephen Chow ou au cultissime The Big Deal.

Tsang et Szeto Cheuk On privilégient l'inventivité et le rire instantané à une structure scénaristique classique. Little Cop a donc des allures d'enchaînement de sketchs, à peine reliés par un vague fil rouge (la capture d'un criminel appelé 1000 Visages). Dès la séquence d'ouverture le ton délirant et créatif est donnée, on y voit Eric Tsang torturé, les crédits " imprimés " sur son corps au fur et à mesure de l'interrogatoire. La suite enchaînera les séquences sans queue ni tête destinés à arracher les rires aux spectateurs (et y parvenant régulièrement) : Un enterrement se transforme en un quasi spectacle de cabaret, 1000 Visages en change tellement qu'il ne sait plus qui est qui…

Avec Little Cop, Tsang démontrait pouvoir réaliser davantage que des comédies génériques et prévisibles mais bien des œuvres comiques créatrice et à la pointe de leur époque. Faute de suivi du public, et de sa propre évolution d'acteur et producteurs, il ne poussera malheureusement pas dans cette voie.

 
Fatal Vacation

Si Little Cops est amusant et léger, Fatal Vacation est tout l'inverse. Véritable incarnation du côté obscure du petit homme, le long métrage est ce qu'il signera de plus abouti dans sa carrière de réalisateur.

Fatal Vacation nous invite à suivre un petit groupe de touristes Hongkongais à la découverte des Philippines. Le tour vire au désastre quand ceux-ci sont pris en otage par la guérilla communiste locale. Ce qui pourrait tourner en une farce exploitationiste se révèle un drame poignant grâce au sérieux sans faille dont fait preuve Tsang. A travers un casting intelligent (peu de célébrités mais des acteurs convaincants), une caractérisation simple et efficace (chaque catégorie sociale et d'age est représenté), le réalisateur/comédien nous associe aux évènements et nous fait partager les émotions extrêmes auxquels sont soumises le petit groupe de civil Hong Kongais. Ce qui intéresse Tsang dans cette configuration, c'est de pouvoir montrer la nature profonde de chacun des personnages, révélées par ces circonstances particulières. Les violents membres des triades perdent de leur arrogance, l'énervante grand-mère se révèle courageuse et digne de confiance… Le pire et le meilleur de l'humain sont présents.

Le choix du contexte est un évident moyen pour Tsang de réagir aux événements de Tian An Men, la rétrocession et le futur de Hong Kong en général. Au cours d'une séquence entre lui et Irene Wan, le petit homme exprime clairement son amour pour la ville et sa confiance envers la capacité de ses habitants à survivre à toutes les situations. Il n'empêche que, comme une grande majorité des Hongkongais, le massacre de 1989 l'avait ébranlé et explique la noirceur de certaines séquences de Fatal Vacation (la variation de la scène de roulette russe empruntée à Voyage au Bout de l'Enfer tout spécialement). Il est cependant difficile de cerner quelle est la propre opinion de l'Homme envers le communisme au vu du film. Ses guérilleros sont décrits comme cruels mais aussi comme un ensemble hétérogène bénéficiant du soutien d'une partie de la population locale. Il est encore plus difficile de tirer des conclusions en raison de l'inévitable nécessité de divertissement qui vient parasiter le récit lors du dernier tiers du film. Fusillade, poursuites et explosions occupent l'essentiel de la fin de Fatal Vacation empêchant Tsang de pousser plus loin les thèmes mis en avant pendant le reste du film.

 
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