D'habitude je visionne les films avec un certain détachement pour mieux les évaluer intellectuellement et je ne m'excite pas facilement. De temps en temps toutefois je tombe sur un film qui réussit à m'enthousiasmer et m'émouvoir pleinement. Cette année : trois films coup de coeur m'auront emporter de cette façon.

L'ayant déjà vu deux fois à la TV, je n'avais pas de grande attente envers The One Armed Boxer. (Le Boxeur Manchot) Toutefois, un troisième visionnage sur grand écran m'aura permit de constater que malgré ses exagérations saugrenues (le lama gonflable, le duel sur un doigt), ce film de Jimmy Wang Yu est superbement mis en scène, d'une indéniable intensité et rempli de bonne idées (le casting « international » des méchants par exemple). Voir le film dans une grande salle avec plusieurs centaines de fans enthousiastes fait aussi toute une différence et l'atmosphère qui en résulte m'aura vraiment emporté. Ce fut là un des meilleurs moments du festival qui aura compensé le manque de film kung-fu old school cette année.

Memories of Matsuko, c'est un peu l'Amélie Poulain nippon : même type d'héroïne aussi mignonne qu'enjouée, même ton pimpant et même esthétisme imaginatif et coloré. Excepté qu'ici Matsuko vit une vie aussi tragique que sordide marquée par la déchéance et la solitude. Malgré les coups du sort qui lui tombe constamment sur la tête, elle ne se décourage presque jamais et continue d'aller de l'avant. Il en résulte un récit aussi drôle que touchant qui m'aura beaucoup ému, plus que n'importe quel autre film à Fantasia. L'actrice qui joue Matsuko, Niki Nakatani, est une véritable révélation, elle joue, chante, danse et n'arrête pas de se transformer au fur et à mesure que son personnage évolue. D'enseignante modèle à danseuse à gogo, yakuza girl et clocharde disjonctée. J'ai quand même un regret envers ce film : présenté de manière élogieuse dans le catalogue du festival, Memories of Matsuko n'aura pas offert de véritable surprise puisque j'étais prévenu d'avance de son sujet et son traitement. D'un autre coté, si le film n'avait pas été présenté de manière aussi convaincante, peut-être que je ne me serais pas dérangé pour le voir, et cela aurait été une opportunité manquée des plus regrettable.

Si Memories of Matsuko était le coup de coeur attendu, le film Coréen Like a Virgin est lui le coup de coeur surprise car je n'ai décidé de voir ce film qu'une journée ou deux à l'avance, ayant été initialement rebuté par la bande annonce du film. Si la prémisse du film (un jeune étudiant efféminé s'engage dans une école du lutte coréenne afin de remporter un prix qui financera une opération transsexuelle) l'humanité sympathique des personnages et l'humour loufoque pince sans rire de la trame eurent tôt fait de me charmer complètement. Véritable perle, Like a Virgin est le film du festival qui m'apporte le plus de joie et de satisfaction. Quand je pense que j'ai failli le manquer...

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