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Critiques Express

Asia-Pol    (1967)
Dès le milieu des années 50, l’alors nommée Shaw And Sons, Ltd s’était lancée dans des co-productions pan asiatiques. Sortirent ainsi de ces associations l’Impératrice Yang Kui Fei en 1955 (co-production avec la japonaise Daiei, mise en scène par Kenji Mizoguchi), Madam White Snake en 1956 (co-production avec la japonaise Toho) et Love With An Alien en 1958 (co-production avec la Corée du Sud). Malgré le relatif insuccès au box office local de ces expériences, les années 60 sont le témoin de nouvelles tentatives. En 1961, peu de temps après sa création, la Shaw Brothers co-produit avec la Toho Three Dolls In Hong Kong.
Six ans plus tard, Run Run Shaw se tourne vers un des grands studios nippons, vénérable (sa naissance date de l’avènement du cinéma) et emblématique d’un certain renouveau, la Nikkatsu. Cette compagnie japonaise, victime de la crise du cinéma (incursion de la télévision au sein des familles nippones) et du poids grandissant des productions américaines, s’est spécialisée depuis la fin des années 50 dans les films de genre, et tout particulièrement les films de yakuzas. La figure majeure en est Jo Shishido, comédien charismatique qui n’hésita pas à passer sous les coups bistouri de chirurgiens pour se parer de joues saillantes, devenues très rapidement sa marque de fabrique. C’est ce même Jo Shishido que l’on retrouve au générique d’Asia-Pol, avec une vedette asiatique en devenir, Jimmy Wang Yu.

Yang Ming Xuan (Jimmy Wang Yu) est un agent secret japonais d’origine chinoise, rattaché à l’organisation Asia-Pol. Il enquête sur des trafiquants qui tentent de faire rentrer sur le territoire japonais de l’or caché dans des équipements hi fi. Alors qu’il est sur le point d’intercepter un chargement après une course poursuite, un hélicoptère apparaît soudain et bombarde marchandise, mauvais garçons et agents secrets. Le co-équipier de Yang Ming Xuan est tué dans l’attaque tandis que ce dernier est identifié par George (Jo Shishido), organisateur du trafic, comme son nouveau « meilleur ennemi ».
Peu de temps après ces échauffourées, George commandite l’assassinat de Yang Zhang Qing (?M6070 Fei Lian), un homme fortuné soupçonné d’être à la tête de l’organisation pour la branche hongkongaise. Le jeune agent secret demande à être chargé de l’enquête car il pense que la victime était peut-être son véritable père et doute de sa culpabilité. Arrivé dans l’ancienne colonie, il fait la connaissance de Ming Hua, une belle jeune femme…

Asia-Pol se positionne sans ambages dans la mouvance des imitations des films de James Bond qui fleurirent tout au long des années 60 (de l’hexagonal OSS117 à l’Américain Flynt, en passant par Matt Helm et Des agents très spéciaux / The Men Fom UNCLE). La Shaw Brothers exploitait déjà le filon, citons les réalisations de Lo Wei Angel With The Iron Fists, Summons To Death et The Golden Buddha, avec plus ou moins de bonheur. Mais profitant de son statut enviable de co-production entre le Japon et Hong Kong, Asia-Pol se démarque de ces œuvres par une vitalité, un rythme et une richesse visuelle bien supérieurs. Finis les studios étriqués, les reconstitutions de rues artificielles, les lumières irréelles… l’intrigue prend place dans trois pays, le Japon, Macao et Hong Kong, utilisant à bon escient de vrais décors et d’intéressants points de vue (voir le final dans l’ancienne colonie portugaise !). On notera une belle utilisation des rues, scènes de poursuites en voitures, fusillades, explosions et filatures, typique des productions Nikkatsu de l’époque et sans nul doute dû à la présence de techniciens nippons au générique.
Autre apport de la Nikkatsu via un de ses directeurs photo attitrés (Kazumi Iwasa), de superbes images en cinémascope qui mettent formidablement en valeur les décors et l’action.
Une partie des clichés habituellement associés aux « sous-James Bond » se retrouve dans Asia Pol : la belle secrétaire (Asaoka Ruriko), sorte de Moneypenny nippone amoureuse de l’agent secret, le patron dur mais paternel, les gadgets (en quantité modérée), les entrées naïvement camouflées (pour pénétrer dans les locaux de l’organisation policière, par exemple), la femme fatale, les belles voitures, les costumes soignés, un élégant méchant glacial et psychotique… Dans un texte célèbre et très drôle, Umberto Eco avait analysé la trame récurrente d’un James Bond : « générique ; M confie une mission à Bond ; Bond rencontre le méchant ; Bond inflige un premier échec au méchant ; Bond rencontre la femme puis la séduit ; Bond est capturé puis torturé par le méchant ; Bond bat le méchant ; Bond couche avec la femme ». Asia-Pol ne faillit que très légèrement à la règle et le spectateur s’amusera à identifier les moments clés en commun !
On doit le scénario d’Asia-Pol au vétéran Gan Yamazaki, déjà responsable de celui des superbes Detective Bureau 23 / Tantei jimusho 23: Kutabare akuto-domo de Seijun Suzuki et Les Menottes rouges / Akai hankachi de Toshio Masuda. Sa principale faiblesse est la superposition d’une histoire familiale tirée par les cheveux (Chinois orphelin adopté par un couple de Japonais, Yang Ming Xuan retrouve père et sœur dans le même sac de nœuds…) et d’une classique – mais bien menée - intrigue policière.
Si Jo Shishido est parfait dans le rôle du chef des méchants, il faut bien reconnaître que Jimmy Wang Yu, encore peu connu à l’époque (One Armed Swordsman, le film qui le lança véritablement, sortira la même année) fait bien pâle figure. Dénué d’humour – ne parlons même pas de second degré -, quasiment asexué (il met près d’une heure et quart avant d’embrasser l’héroïne), physiquement peu imposant, un profil d’adolescent… tout le contraire de James Bond ! A ce titre, Tang Ching et Paul Chang Chung étaient plus convaincants dans les « bonderies » de Lo Wei.

Loin d’un ratage mais forcément décevant étant donné les promesses du casting et des studios, Asia-Pol est un film distrayant qui ravira les amoureux des années 60 et des films d’espionnage désuets.

NB : Parallèlement à cette version, le réalisateur Akinori Mastuo (à qui l'on doit également The Lady Professional) tourna une version destinée au marché japonais avec Akira Kobayashi dans le rôle titre.
David-Olivier Vidouze 1/31/2008 - haut

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