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Critiques Express

La Fureur du manchot    (1971)
A ma gauche Zatoichi, icône du cinéma de genre japonais, pour sa 22ème aventure sur le grand écran et toujours interprété par Shintarô Katsu ; à ma droite Wang Kang, le One-Armed Swordsman, star de 3 films hongkongais, créé et personnifié à deux reprises par Jimmy Wang Yu.
Après avoir croisé le chemin de Yojimbo, qu’interprétait le grand Toshiro Mifune (reprenant là le rôle tenu dans le film éponyme d’Akira Kurosawa), la saga Zatoichi, dans sa quête incessante d’un nouveau souffle, décide de faire se rencontrer deux monstres sacrés de l’imagerie populaire de ces pays asiatiques souvent rivaux, deux combattants faisant fi de leur handicap physique (le premier est aveugle tandis que le second est manchot) pour décimer tous ceux qui auront l’audace de se mettre sur leur chemin.

Le One-Armed Swordsman (Jimmy Wang Yu) se réfugie au Japon afin de se retirer du monde des arts martiaux et mener une vie paisible. Sur son chemin, il prend la défense d'une famille d'immigrés chinois face aux soldats du potentat local : sa tête sera alors mise à prix.
Pendant sa fuite, il croise un sabreur aveugle (Shintarô Katsu) qu'il prend bientôt pour un mouchard...

C’est un « cross over » inattendu à plus d’un titre : chinois et japonais sont des peuples qui, historiquement et culturellement s’apprécient peu (les exactions japonaises en Mandchourie durant la Seconde Guerre Mondiale n’ont certainement rien fait pour arranger les choses…) et sont souvent opposés dans les films d’arts martiaux (les méchants ninjas viennent fréquemment semer la désolation dans de paisibles villages chinois). De plus, la question de savoir quel est l’art martial ultime vient souvent tarauder les pratiquants des deux puissances. Jimmy Wang Yu, par exemple, s’est d’ailleurs forgé (malgré lui ?) une image de metteur en scène quasiment raciste et haineux en se faisant une spécialité de ces affrontements : The Chinese Boxer et Beach Of The War Gods représentent, pour qui réfléchit un peu trop rapidement, de vraies profession de foi anti-japonaises. La bataille ne se situe plus au niveau des clans ou des personnalités : elle est montée d’un cran et semble maintenant opposer la culture nippone à la culture chinoise !
Mais Zatoichi Meets The One-Armed Swordsman est-il un film nationaliste pour autant ? Même si les producteurs ont décidé de tourner deux fins - l’une montrant la victoire de Zatoichi, l’autre de l’épéiste manchot -, dans le but de recueillir le maximum de suffrages (et surtout d’entrées !) dans leur pays respectif, les deux héros sont victimes d’un malentendu qui s’avèrera fatal et non de leur racines.
Si leçon ou message il y a, ils seraient plutôt à chercher du côté de la tolérance entre les nations et, voie royale pour ce faire, d’un effort de communication et de compréhension. Si Zatoichi et Wang Kang s’opposent, c’est parce qu’ils n’arrivent pas à se parler et qu’ils sont de la sorte le jouet de leurs ennemis communs. Il n’y a aucune barrière culturelle, nationale, raciste : tout juste un problème de langage et de communication.
Par cette astuce, les scénaristes ont ajouté un handicap supplémentaire à nos deux héros, handicap qu’ils n’arriveront pas à surmonter et qui s’avèrera fatal : la parole ! En plus d’être aveugle ou manchot, Zatoichi et Wang Kang sont muets lorsqu’il s’agit de mener à bien leur relation !

Zatoichi Meets The One-Armed Swordsman est-elle une œuvre hybride ? Ressemble-t-elle plus à un épisode de la série Zatoichi ou à un nouveau film mettant en vedette l’épéiste manchot ?
Peut-être est-ce dû au déroulement du récit sur le sol nippon ou à la production de la Daiei, mais le résultat s’intègre parfaitement à la saga du masseur aveugle alors qu’on sent un décalage avec une production hongkongaise typique de l’époque : Wang Kang est un invité dans le monde de Zatoichi (c’est un peu normal, d’ailleurs, puisque l’action se déroule sur le sol japonais où notre héros chinois est venu pour trouver la paix).
Zatoichi Meets The One-Armed Swordsman réunit ainsi toutes les caractéristiques des films du justicier japonais : humour noir, lenteur, dialogues, profondeur des personnages, humanisme : tout ce qui oppose un Shintarô Katsu d’un Jimmy Wang Yu !
De la même façon, les scènes d’action sont de celles qu’on retrouve dans bon nombre de chambaras et entièrement chorégraphiées comme telles. Parcimonieuses, rapides, impressionnantes et graphiques (on y reconnaît les flots de sang chers à Chang Cheh), elles ne prennent jamais le pas sur le récit mais viennent à point nommé pour effectuer transitions et conclusions.
Les amateurs sont prévenus : la confrontation entre deux des plus fines lames d’Asie ne donne pas lieu à un duel non stop ! Pire, les scènes ou nos deux héros se croisent sont somme toute assez rares…

Un des enjeux de Zatoichi Meets The One-Armed Swordsman, comme c’est si bien résumé dans le titre anglais (le titre français, la Fureur du manchot, est une fois n’est pas coutume un peu racoleur), se situe dans la confrontation des deux personnages. Alors, qui est le méchant, qui est le plus fort ? Ces questions, qui viennent légitimement à l’esprit des spectateurs avant la vision du film et excitent son imagination, ne seront ironiquement pas résolues à l’écran ! Chacun pourra donc se faire sa propre idée…
Du reste, si Wang Kang n’apparaît finalement pas comme le pire ennemi de Zatoichi, au sens physique et technique, il demeure incontestablement un des plus dangereux. En effet, le Japonais sait qu’il existe un malentendu entre lui et le Chinois, malentendu qu’il est incapable de lever. Il lui est donc impossible de se jeter corps et âme dans la bataille et ce handicap moral lui pèse sûrement beaucoup plus que son absence de vision.

On notera aussi qu’à l’opposé du wu xia pian, le chambara ne fait pas la part belle aux guerrières. Si les femmes, reléguées au rang d’épouses, de maîtresses, d’intrigantes, d’amoureuses éplorées ou de traîtresses, ont une responsabilité importante dans l’évolution du récit, leur moyen d’action ne se situe pas dans les armes mais dans la parole. Tout le contraire de la paire Zatoichi / Wang Kang, incapables de communiquer !

En conclusion, Zatoichi Meets The One-Armed Swordsman apparaît plus comme une énième tentative de Jimmy Wang Yu de se réapproprier le personnage qu’il avait créé à la Shaw Brothers et, par là même, de relancer une carrière sur le déclin (mise à mal par l’explosion de la star Golden Harvest Bruce Lee dans The Big Boss !), que comme une pièce maîtresse du film d’arts martiaux. Soyons cependant honnêtes, ce film reste bien supérieur à The One Armed Boxer, tourné la même année avec un acteur-réalisateur en roue libre. Un grand merci à la partie japonaise de l’équipe pour avoir su canaliser le bouillonnant Jimmy !
David-Olivier Vidouze 12/3/2004 - haut

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