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Teddy Girls    (1969)
Patrick Lung ne jouit pas encore dans nos contrées de la réputation des grands maîtres du cinéma de Hong Kong. La faute ? Sûrement un désintérêt de la critique française pour le cinéma local avant que la vague kung fu post-Bruce Lee et évidemment les Cahiers du cinéma de 1984 n'ouvrent quelque peu la voie. Mais là où le cinéma japonais (popularisé en occident dès le début des années 50, après Rashômon) a permis aux critiques de redécouvrir la cinématographie nationale, remontant jusqu'à des cinéastes tels que Shozô Makino, Daisuke Itô, voire même beaucoup plus tôt avec Tsunekichi Shibata, toute la cinématographie hongkongaise "pré-Shaw Brothers-couleur-arts-martiaux-King Hu-Chang Cheh" n'a pas encore véritablement trouvé de public (même de niche) et encore moins de diffuseurs. La Cathay ? La Union Film ? La Great Wall ? On attend encore leurs rétrospectives à la cinémathèque (monsieur Rauger, si vous me lisez...). Alors, il est certain qu'une grande partie de la production a disparu, mais il reste toujours des choses à dire sur ces centaines de films restant. Et de ce côté là, le cinéma urbain et le polar des années 60 et 70 reste grandement oublié. Dommage pour Patrick Lung, c'était un des meilleurs artisans du genre.

Teddy Girls commence pourtant fort. Dès les premiers plans, le spectateur est plongé dans les swinging sixties : boule à facette, musique rock, coiffures Vidal Sassoon, tout est là pour nous donner envie de se déhancher. Pour se faire une idée, imaginez l'ambiance pop du Temptress of a Thousand Faces de Jeong Chang-Hwa, mais avec les décors de studio de la Shaw Brothers en moins. Ici, Hong Kong, on vous le montre ! Josephine Siao, tête d'affiche du film, arbore un regard affuté. Enfant à problème, elle exprime par un regard que sous ses allures de fille sage (jolie robe jaune pastel, queue de cheval bien nouée) elle est aussi enragée que la Meiko Kaji des Stray Cat Rock. Il ne suffit que d'une étincelle, un soir, un homme venant peloter son amie dans un nightclub, pour que la féline explose et fasse jaillir la rage qu'elle renferme. A comportement violent, environnement adapté : la voilà envoyée en centre de correction pour jeunes délinquants. A partir de là, nous voilà dans un gentil "women in prison" (tiens tiens! Dire que Stray Cat Rock: Sex Hunter date de 1970 et La femme scorpion de 1972. Je dis ça, je ne dis rien!) où la jeune fille se fait dans un premier temps accueillir avec tous les honneurs du nouveau venu (on est cependant encore loin des touches sadiques du film de David Lam). Elle devient donc la cible de Nancy Sit. Mais attention, en 1969, la victimisation ne vas pas plus loin que de se faire coller un papier dans le dos et jeter du riz au visage (bon, et peut-être se fait-elle tabasser une ou deux fois).

Par la suite, tout devient plus relax, des amitiés se forgent (notons la présence de la réservée, mais un peu peau de vache quand même, Lydia Shum). Le film fait presque penser à du Inspector Wears Skirts. Pour preuve, les recrues... pardon, les pensionnaires font un défilé de mode printemps/été 69. Tout ça, probablement parce que Kenneth Tsang, ici directeur de la prison, a toujours été un mec sympa. Heureusement, il reste quand même une enflure dans cette histoire: Lung Kong himself ! Cela tombe bien, puisque grâce à lui, le dernier acte du film sera une vraie tragédie. Pendant que le père de Josephine Siao se meurt sur son lit de mort (c'est le lit tout indiqué pour mourir, pas moyen de se tromper), sa chère épouse se trouve dans le lit conjugal avec Patrick Lung (on ne meurt pas là où l'on dort, ça devrait se savoir!). Plus loin dans le film, c'est au tour de la veuve de se donner la mort. Pas de doute, pour Josephine (c'est aussi le prénom de l'héroïne du film), c'est ce vieux loup de Lung Kong qui la lui a donné. A partir de là, évasion, vengeance et tout le toutime. Au milieu de tout cela, le réalisateur et scénariste glisse une réflexion, discrète certes, mais présente. Questionnant le système, Patrick Lung interroge la pertinence des centres correctionnels pour délinquants juvéniles mais également les inégalités devant la loi mais surtout la pression exercée par l'environnement social. Tout cela s'achève par un regard entre stupéfaction et perplexité, constatant l'impuissance de la société à remédier à ses propres maux. Cela n'évite cependant pas quelques facilités dont un monologue très didactique de Kenneth Tsang évoquant les conséquences de la société industrielle.

Évidemment, ce qui interpelle dans ce film, c'est sa maitrise formelle. Et à ce jeu là, il est nécessaire d'évoquer le monteur, un certain Yeung Pak-Wing, qui, peut-être sous l'impulsion de Patrick Lung (historiens du cinéma, voilà une enquête à mener!), maîtrise l'art du montage cut et de la répétition. Les scènes d'euphorie sont proprement incroyables pour l'époque. La danse comme la violence. Lors de certaines scènes de combat, on pense parfois à la crudité jazzy de Kinji Fukasaku. Hélas, tout n'est pas toujours maîtrisé et certains affrontements relèvent plus du tirage de maillots et des éclaboussures que de la brutalité. Mais le film ne se distingue pas que par son hystérie. Dans l'ensemble, c'est même un film très intériorisé, qui se contient avant d'exploser. Pour donner corps à ces pulsions latentes, Patrick Lung démontre une réelle maîtrise de la mise en scène. Certains plans sont proprement hallucinants. Pour introduire un flashback, le réalisateur choisit de plonger Josephine dans ses souvenirs. Pour cela, elle fixe la télévision où deux amants s'embrassent. La caméra traverse alors l'écran de télé (un cadre se tenant entre la caméra et le plateau) pour nous faire plonger avec Joséphine dans ses traumas. Un choix de mise en scène audacieux (ou dépassé, pour certains abreuvés aux CGI), mais qui synthétise totalement la psychologie du personnage.

Teddy Girls est une œuvre importante. Des films de jeunes délinquants, il y en a eu une pelleté à l'époque, à Hong Kong (The Delinquent de Chang Cheh et Kuei Chih Hung) comme au Japon (Crazed Fruit, qui déjà surfait sur la mode des films de jeunes rebelles américains) et celui-ci fait partie des pépites quelque peu oubliées. Il serait donc bien dommage de passer à côté d'un des meilleurs films du réalisateur de Story of a Discharged Prisoner.
Anel Dragic 6/27/2012 - haut

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 6/27/2012 Anel Dragi...

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