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Critiques Express

Bastard Swordsman    (1983)
Tony Liu Jun Guk est arrivé à la Shaw Brothers au moment où celle-ci était en très net déclin, ne sachant plus trop comment se positionner et attirer un public de plus en plus volatile. Coupant net avec l’ancienne garde, le jeune réalisateur, qui a commencé sa carrière en « simple » acteur, décide de moderniser les films d’arts martiaux en mettant à l’écran de nouveaux visages (Norman Chu, Alex Man, Leung Kar Yan…), en utilisant des effets spéciaux (alors) modernes, en donnant un rythme survitaminé au récit et en refusant de sacrifier totalement le scénario à l’action. Regroupant toutes ces qualités, Bastard Swordsman est un des fleurons de sa filmographie.

Yun Fei Yang (Norman Chu) est le souffre douleur du clan Wudang, auquel il appartient depuis qu’enfant abandonné il y a été recueilli. Il aime en secret la nièce du chef, la belle Lun Wan Er (Lau Suet Wah), et ne peut lui dévoiler qu’un mystérieux maître l’initie chaque nuit aux arts martiaux du clan.
Tous les dix ans, le chef du clan Wudang (Wong Yung) est défié par le chef du clan Invincible, Wu Di (Alex Man). L’échéance approche et, une fois de plus, il est rapidement défait. Wu Di lui accorde alors deux années pour perfectionner son art… ou causer la perte du Wudang. Sur le chemin du retour, le chef démoralisé est attaqué par trois assassins qui ont sans peine le dessus. Un chevalier, Fu Yu Xue (Anthony Lau Wing), lui vient en aide et le raccompagne au clan. Aussitôt adopté par l’ensemble des membres, il s’avère bien vite ne pas être aussi chevaleresque qu’il en a l’air…

Bastard Swordsman est le récit riche en rebondissements d’un homme (Norman Chu) qui, du statut de bâtard (il ignore qui sont ses parents et a été recueilli par le clan Wudang pour être serviteur, voire cible vivante pour les entraînements !), va devenir le sauveur de sa maison. Entre-temps, une partie des fidèles aura trahi, un perfide chevalier aura volé les secrets martiaux Wudang et réussi un véritable putsch, le chef aura succombé et le bâtard, Yun Fei Yang saura tout de ses origines. En moins de 90 minutes, Tony Liu fera évoluer son héros et le fera sortir de sa chrysalide (même si l’ultime connaissance martiale réside dans la maîtrise de la technique du ver à soie !).

Bastard Swordsman n’est pas une étude psychologique, ni un véritable drame (il eût pourtant été facile d’aller dans cette direction), mais un film nerveux au rythme trépidant, à l’image du Secret Service Of The Imperial Court du même réalisateur. Les scènes intimistes sont traitées rapidement sans être pour autant bâclées : elles ont une utilité pour faire avancer le récit mais ne doivent en aucun cas en casser la dynamique. En quelques phrases, quelques mouvements (un porte-monnaie ramassé discrètement, un plat qui tombe, etc.), le réalisateur parvient à faire passer les bons messages. Le reste du temps sera consacré à l’action.
Et de l’action, il y en a dans Bastard Swordsman ! Nous sommes en 1984 et de l’eau a coulé sous les ponts depuis les premiers films d’arts martiaux réalistes de Lau Kar Leung. Désormais, ce sont l’extravagance et la démesure qui sont les maîtres mots du genre : Tony Liu et Yuen Tak s’attachent ainsi à créer des combats mêlant magie (avec rayons laser et boules de feu), forces invisibles (des objets restent en suspension dans l’air pendant que les hommes s’assaillent), câbles (la maîtrise n’est pas parfaite mais s’en approche), accélérations, affrontements à mains nues ou avec des armes (une tenture roulée devient une lance !), etc. Même si le spectateur n’est plus en mesure d’admirer des techniques de combats ancestrales, il n’en demeure pas moins qu’il prend un plaisir indéniable devant la richesse visuelle et l’inventivité des joutes martiales.
On pourra toutefois regretter que dans cette quête du rythme, certains pans du récit restent dans l’ombre ou ne soient pas plus développés. Ainsi, la relation entre le chef du clan Wudang (Wong Yung) et Yun Fei Yang n’est pas suffisamment décrite pour que la révélation qui survient à la moitié du film prenne toute son ampleur. De plus, les motivations de Wu Di (Alex Man), qui laisse chaque fois repartir son ennemi héréditaire après chacun de leur affrontement décennal, ne sont pas totalement claires. Alors qu’il devrait incarner avec puissance un des deux méchants du film (l’autre étant Fu Yu Xue, interprété par Anthony Lau Wing), il apparaît au final plutôt sympathique : on lui enlèvera jusqu’à la satisfaction de tuer lui-même le chef du clan Wudang ! Volonté du réalisateur ou dérive scénaristique, c’est même ce dernier qui nous semble finalement assez peu sympathique : éternel perdant, naïf (il se fait facilement manœuvrer par Fu Yu Xue), séducteur qui n’assume pas ouvertement ses actes (il préfère abandonner femme et enfant plutôt que de renoncer aux fonctions de chef, qui exigent la virginité de celui qui les assume), en un mot, un perdant.

Bastard Swordsman est également l’occasion d’apprécier le talent de Norman Chu, à l’époque jeune vedette de la Shaw Brothers qui essayait de continuer à attirer de nouvelles recrues. Bon acteur et artiste martial convaincant, il percera malheureusement trop tard dans le monde du cinéma, au moment où les films de kung-fu commencèrent à ne plus intéresser grand monde (il aura tout de même le temps de laisser derrière lui quelques œuvres aujourd’hui classiques)… Si Lau Suet Wah a un rôle ingrat et ne donne pas vraiment la mesure de son talent (son personnage est plutôt antipathique et très en retrait), la belle Yeung Jing Jing se montre formidable et pleine d’énergie. De démonstrations martiales en scènes plus intimistes, elle est une partenaire à la hauteur de Norman Chu. A ce titre, les séquences nocturnes dans la forêt de bambous, alors que Yun Fei Yang hésite à se rendre au clan Invincible, sont magnifiques.

Sans être un chef-d’œuvre, Bastard Swordsman est très certainement une des dernières très bonnes surprises que la Shaw Brothers aura à offrir à son public avant de fermer boutique. Succès au box office local, une suite sera réalisée avec la même équipe deux ans plus tard. Mais malheureusement, Return Of The Bastard Swordsman ne sera pas aussi bon que l’original…
David-Olivier Vidouze 12/14/2005 - haut

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