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Critiques Express

The Girlie Bar    (1976)
Si il y a bien un genre où le cinéma HK n’a jamais brillé, c’est bien l’érotisme. Alors que la culture Chinoise dispose de quelques œuvres littéraires ou picturales marquantes dans l’art du sexe, le cinéma de l’ex-colonie britannique n’est parvenu qu’à accumuler vulgarité crasse et exploitation bon marché. Il est vrai que l’orientation essentiellement commerciale de l’industrie cumulé aux penchants misogynes de la culture Chinoise conservatrice n’aide pas à proposer de longs métrages sensuels et élaborés dans ce registre. Mais, aussi peu artistique que soient les films du genre, ils se sont quasiment toujours révélés des sources de profits faciles : Investissement minimum pour un retour de fonds forcément supérieur au box office. Une logique qui ne pouvait que séduire les producteurs de Hong Kong ! C’est pourquoi à partir des années 70, à partir du moment où une relative libéralisation des mœurs a permis l’émergence du softcore grand public, les films de sexploitation ont commencé à envahir les grands écrans de HK. Sir Run Run Shaw, le vénérable leader de la Shaw Brothers, n’a pas été le dernier à s’engouffrer dans le filon. Bien au contraire même, les films érotiques devinrent quasiment une spécialité de sa compagnie au même titre que les Wu Xia Pian et les drames en costumes. Au milieu de la médiocrité ambiante du genre (et le fait que les films soient estampillés « Shaw Brothers » ne les empêchent pas d’être mauvais), on trouve quelques œuvres un peu plus ambitieuses comme ce Girlie Bar du polyvalent John Law Ma.

Niveau sexe, The Girlie Bar ne se distingue pas vraiment des autres films érotiques de la période. Vulgarité et situations stéréotypées sont la norme. Il est vrai que le contexte du film (situé à 50 % dans un lupanar) ne permettait pas une grande originalité dans les situations. Mais cela n’excuse pas cette étalage de fesses molles, de jouissances mal simulées (mention spéciale à Chen Ping lors de son strip tease sur la plage : Une publicité pour un Yahourt est plus sexy !) et de machisme bon teint.
Au détour de quelques plans, à travers un cadrage un peu plus travaillé que d’habitude, on sent Law Ma chercher un moyen de dynamiser et de rendre plus esthétiques ces passages pseudo érotiques mais ces tentatives sont à chaque fois mises en échec par le coté vulgos des situations. Peine perdue, même bien cadré et mise en valeur, une merde restera ce qu’elle est.
Pourquoi une telle incapacité Hong Kongaise à livrer des séquences érotiques correctes ? La nature profondément mercantile de l’industrie est, comme relevée plus haut, la raison essentielle. L’industrie du film de HK a pour habitude de ne pas s’opposer à son public. Afin d’obtenir un box office maximal, on préfère caresser les spectateurs dans le sens du poil plutôt que de combattre ses convictions. Or, le public Hong Kongais est essentiellement conservateur et voit le sexe comme quelque chose de tabou. Paradoxalement, le sujet est on ne peut plus populaire que ce soit dans les journaux (Voici rules !) ou dans la vie courante des Hong Kongais. Les producteurs de cinéma ne pouvaient ignorer cet étonnant paradoxe et se sont donc appliqués à fournir les œuvres les plus à même de ne pas heurter cette façon de voir les choses, le tout dans une optique essentiellement masculine (le cœur de cible de ce genre de spectacles). C’est pourquoi les femmes dans les films érotiques des années 70 (et bien souvent dans les œuvres du même genre des décennies suivantes) sont essentiellement soumises aux hommes, le type de cliché que le public male souhaitait voir. Et quand apparaît une femme à la personnalité plus forte, elle sera forcément remise au pas, humiliée pour sa rébellion envers le genre dominant (c’est le cas de Chen Ping avec Tony Liu ici). A partir de tels postulats, il n’y a rien d’étonnant que le genre versant Hong Kongais ne soit caractérisé que par sa vulgarité et son absence quasi-totale de qualités artistiques. Tout l’inverse du mouvement Pinku qui se développa au Japon à la même période.

Néanmoins, The Girlie Bar se distingue de la masse du tout venant des productions érotiques des années 70 à travers son mélodramatisme extrême, non sans rappeler certains films cantonais des années 50. Dès le début, le ton du film est donné avec la longue litanie des malheurs qui se sont accumulés sur la famille, les obligeant à se livrer à la prostitution pour survire. La formule mise en place par Law Ma (à l’origine de l’histoire en plus de son rôle de réalisateur) est classique mais bien rodée. Bien que l’on sache d’entrée de jeu que l’histoire va se terminer de la manière la plus tragique possible, il parvient à rendre ses personnages vivants et leur ménagent suffisamment de lueurs d’espoirs pour qu’on s’intéresse au récit.
Les protagonistes sont régulièrement confrontés à des questionnements moraux déchirants dont ils ne peuvent que sortir perdants. C’est tout particulièrement le cas du patriarche. Personnage brisé par la vie, il ne voit plus que dans la prostitution le seul moyen de permettre à sa petite famille de survivre. Mais il est aussi bien conscient du coté infamant de l’activité (aux yeux des gens mais également de ses propres filles) et répugne à les faire travailler de la sorte. Un dilemme qui habite constamment le personnage et le rend finalement attachant, malgré sa grande passivité (il prend un peu trop facilement le partie de ses clients les plus rudes que celui de ses enfants). La prestation en retenue de Ng Wai Gwok sert adéquatement le personnage. On notera d’ailleurs la bonne tenue générale des acteurs de Girlie Bar (petit bémol pour Chen Ping).
La réalisation du Lo Mar est à l’image de son traitement de l’histoire : Classique mais efficace. Il profite du shawscope pour utiliser des couleurs bien vives mais ne se limite pas aux aspects les plus attendus des productions Shaw Brothers et fait réguliérement usage d’extérieurs. Son film bénéficie également d’une jolie composition de l’inusable Joseph Koo, totalement en phase avec l’esprit mélodramatique du film. Il permet de faire des moments les plus « clichés » du récit (les passages musicaux romantiques) parmi les meilleurs moments du film ! Notons enfin deux séquences de combats, probablement prises en charge par Tony Liu, aux chorégraphies correctes. Voila qui ajoute encore un peu de valeur ajouté au film !

Aussi mauvais film érotique qu’il est un drame efficace, ce Girlie Bar s’avère plutôt accueillant. Tant qu’à se lancer dans la rude exploration du monde erotico-laid de la Shaw Brothers, autant commencer par l’œuvre de Law Ma Sharif.
Arnaud Lanuque 4/19/2005 - haut

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 4/19/2005 Arnaud Lan...

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