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Critiques Express

Bruce contre attaque    (1982)
Au tournant des années 1980, l’acteur Bruce Le décide de se démarquer de tous les autres faux Bruce Lee en tentant sa chance internationalement. Challenge of the tiger, par exemple, se déroule en partie en Europe, Bruce est accompagné dans l’aventure par l’acteur bis Richard Harrison et plusieurs séquences sexy sont proposées au spectateur. Bruce Le, certainement lassé de tourner dans des productions fauchées et bas de gamme, tente alors de faire décoller sa carrière par des films un brin plus ambitieux.
Contre toute attente, un Français va l’aider dans cette démarche. André Koob, par l’intermédiaire de sa société de production Eurogroup, spécialisée dans la distribution d’œuvres appartenant au cinéma de genre, va se mettre à produire des films avec en vedette Bruce Le, croyant tenir un filon juteux.
Bruce contre attaque (Bruce strikes back), réalisé en 1982, sera la première œuvre à naître de cette saugrenue mais alléchante association. Aidé dans la mise en place du projet par d’autres producteurs occidentaux comme Dick Randall, André Koob a conçu un script bancal remplit d’idées, de lieux, de personnages mais qui ne fait qu’esquisser les différentes intrigues du film.
Pour lancer Bruce Le sur le marché international, André Koob décide que son intrigue se déroulera en Italie, en France et à Hong-Kong, multiplie les ennemis et dénude souvent ses actrices. En somme de l’exploitation, qui bien emballée, peut généreusement satisfaire.
Crédité comme réalisateur, André Koob n’a en fait pas tourné le film. Trois personnes ont dirigé conjointement le métrage : Bruce Le, un de ses collaborateurs, Joseph Kong et Dick Randall. Aucun des trois n’a pu sauver Bruce contre attaque du naufrage artistique.

Il déjà difficile de penser qu’un bon metteur en scène aurait pu s’en sortir avec une telle histoire. On passe d’une première intrigue ou Bruce en découd avec ses anciens complices à une deuxième où, comme un cheveu sur la soupe, sa sœur est kidnappée par un gang sanguinaire. Cette deuxième partie intervient comme une pause dans le film, un interlude exotique qui subitement bascule le film dans la catégorie Kung Fu fauché. Mais qui est donc ce personnage joué par Casanova Wong ? Le petit ami de la sœur de Bruce ? Un ami de la famille ? Même question pour Chu Chi Ling, est-ce un grand maître ? Un simple pêcheur qui connaît bien la région et ses habitants ? Si la partie du film se déroulant à Hong-Kong ressemble à une vilaine greffe, les quelques minutes où l’action se déplace à Paris s’apparentent à une réalisation de Max Pecas : poursuite dans le métro où Bruce finit par laisser partir un homme qui menaçait tout de même de tuer un enfant, affrontement dans un appartement où se tourne un porno, d’un coup on bascule dans le nirvana de la série Z. Cette partie du film est la pire de toutes, autant Bruce contre attaque rend justice à l’Italie par un choix de jolis décors naturels, autant pour la France on ne peut parler que d’un travail de sagouin. L’intrigue principale qui justement se déroule en territoire transalpin n’est pas vraiment mieux lotie que le reste du métrage en dehors de ces décors touristiques. On ne sait pas d’où sort cette femme flic et comble, Bruce n’en découdra même pas avec le chef de l’organisation responsable d’une grande partie de ses malheurs.
Mais le pire dans tout ce gâchis est que ce n’est même pas drôle, les acteurs sont certes mauvais mais un tel spectacle ne prête aucunement à rire. Le combat sur le toit où Bruce affronte un gros malabar est navrant, Harold Sakata nous rejoue à l’identique son personnage de Oddjob dans Goldfinger, Casanova Wong est habillé comme un étudiant Français des années 1960 (petit foulard à l’appui)…
Déjà bien gratinés, ces reproches se sont rien encore comparés à la bande originale du film.
Le générique semble tout droit sorti d’un film des Charlots (il faut le voir pour le croire) où l’on assiste à une animation de Bruce Le similaire à celle que l’on pouvait voir dans la série « Les carnets de Monsieur Manatane » avec Benoît poelvoorde (imaginez l’ampleur de la chose), le tout sur une musique absolument nul (pas d’autre mots pour la qualifier). Les deux compositeurs du film, Olivier Toussaint et Paul De Senneville, déjà responsables d’obscurs scores tels que Et vive la liberté avec Les charlots, mixent reprises (Enter the dragon, Battle creek brawl, James Bond) et compositions de leurs soins pour un résultat consternant. La musique est omniprésente durant tout le film et achève de faire de l’ensemble une farce hallucinante de mauvais choix artistiques.

Et les combats dans tout ça ? Chorégraphiés par Bruce Le, les nombreux mais courts combats ne satisferont même pas les plus indulgents. Bruce imite bien le petit dragon, Bolo Yeung vient juste chercher son chèque, Harold Sakata n’a pas perdu la main quand il s’agit de lancer son chapeau, Casanova Wong et Hwang Jang Lee lèvent la jambe avec talent mais le peu d’inventivité des chorégraphies couplé à la platitude de la mise en scène ne rend gère justice à leurs capacités martiales. A sauver : un court échange entre Casanova Wong et Bolo Yeung, bêtement interrompu par Bruce qui se débarrasse de ce dernier en un coup. La scène finale dans le Colisée de Rome est un patchwork de La fureur du dragon et The streetfighter de Kazuhiko Yamaguchi. Reprenant à l’identique les plans lors de la découverte du Colisée par Bruce Lee dans Way of the dragon (y compris la présence de son adversaire qui ne cesse de lui répéter qu’il va le tuer, ici Hwang Jang Lee remplaçant Chuck Norris), cette scène est interminable et de plus n’est même pas accompagnée de la moindre musique, pour une fois indispensable pour nous maintenir éveillé. Le combat qui s’ensuit est anecdotique hormis la reprise du cassage d’os au rayon X de The streetfighter, ici repris dans des graphismes dignes de la série animée « Il était une fois la vie » (l’arrêt du cœur de Hwang Jang Lee est de toute « beauté »).

Aussi loupée que soit sa production, André Koob a tout de même réussi à l’exporter, lui conférant un petit succès. Aujourd’hui difficilement trouvable, Bruce contre attaque jouit d’une (petite) réputation d’œuvre culte. La vision de la bête relativise grandement ce dernier point, tant le film est catastrophique. Mais, contre toute attente, André Koob et Bruce Le feront encore plus nul en 1989 : La filière Chinoise (Black Spot). Incroyable !
Denis Gueylard 4/17/2007 - haut

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 4/17/2007 Denis Guey...

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