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Critiques Express

Beyond Hypothermia : Froide comme la mort    (1996)
Quand on a été assistant-réalisateur de John Woo sur des films tels que A Better Tomorrow, ou encore Hard Boiled, puis de Johnnie To sur Loving You, se lancer dans la réalisation de son propre polar semble être une évolution naturelle. Le réalisateur de The Killer ayant commencé par assister Chang Cheh, l’Ogre de Hong Kong avant de se faire le spécialiste du mélo polar ultra sanglant, on pouvait d’ailleurs s’attendre à ce que Leung s’inscrive dans cet héritage. Et si aujourd’hui, le réalisateur connaît le succès en mettant en scène des comédies, Beyond Hypothermia est fidèle aux codes des plus grands polars wooïens… mais aussi aux règles du cinéma de Johnnie To. Comme dans beaucoup de leurs films, le récit semble intemporel, ou du moins en décalage avec l’image actuelle de la société. Et pour illustrer cette existence marginale, les destins de deux personnages que tout oppose vont se croiser. Pour qu’une telle rencontre provoque une réaction chez le public, il existe un moyen aussi mercantile que simple : s’appuyer sur la popularité des acteurs. Lorsqu’il joue dans Beyond Hypothermia, Lau Ching-Wan est déjà un acteur confirmé, ayant fait quelques apparitions au cinéma dans les années 80 et enchaînant les tournages à un rythme frénétique dans les années 90. S’étant illustré à plusieurs reprises devant la caméra de Johnnie To, il deviendra même l’un des acteurs fétiches de sa société de production, Milkyway Image, il était donc tout naturel qu’il joue le premier rôle masculin. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, son temps de présence à l’écran est des plus réduits, et il ne constitue finalement que l’un des éléments d’une sous-intrigue. Et si la présence de producteurs coréens implique également la mise en scène d’un acteur coréen, ce dernier n’aura l’occasion de grimacer en secouant sa mèche sur le côté que le temps de quelques scènes, son rôle se résumant à être haineux et vouloir se venger. Non, Beyond Hypothermia n’est pas un film dans lequel les héros sont des hommes. C’est bien l’histoire de Wu Chien Lien que l’on suit, c’est bien son destin que l’on découvre, et c’est bien elle qui irradie la pellicule de sa présence le temps de quelques minutes, comme Pat Ha à l’époque de On The Run (même si Yuen Biao lui rendait la réplique avec talent).

Car même si cette affirmation est dur à croire à une époque où tous les films durent au moins 2 heures, jadis les réalisateurs contaient des histoires en 1h30, et même moins. Un format propice à mettre en scène un récit rythmé d’où les scènes superflues sont exclues. Pourtant, dès les premières images, on se demande s’il était bien nécessaire d’ajouter des voix off qui non seulement détaillent sans subtilité les états d’âme de certains personnages, mais en plus récitent les répliques dans un anglais qu’il serait généreux de qualifier de médiocre. Le cinéma et la littérature sont deux médias différents. Lorsqu’on lit un livre, n’ayant pas d’image à notre disposition, il est intéressant de connaître les pensées des protagonistes. Mais dans un film, le recours à ce procédé est bien souvent une facilité censée pallier le manque de créativité, ou destinée à appuyer lourdement un propos au cas où le spectateur souffre de troubles de la compréhension. Et c’est effectivement la sensation que crée la narration de Beyond Hypothermia. Un constat d’autant plus regrettable que l’esbroufe parait dans un premier temps totalement absente. Après une introduction réussie car elle donne envie de s’immerger dans cette histoire qui s’annonce violente et poétique, on découvre notre tueuse dans ce qui semble être une usine à glace. Cette scène résume à elle seule le personnage : froide, calculatrice, méthodique, et surtout mortelle. Mais surtout, c’est sa capacité à s’adapter aux contraintes inattendues qui en fait un adversaire redoutable. Difficile d’imaginer une meilleure présentation que cette scène, filmé avec beaucoup d’efficacité par Patrick Leung. Pourtant, on sent le compromis au détour de deux gros plans totalement gratuits sur une strip-teaseuse. S’agit-il d’une directive des producteurs, qu’ils soient hongkongais ou coréens ? Peu importe, ce choix donne la sensation d’être devant un mauvais téléfilm alors que la mise en scène était jusque-là si maitrisée.

Rapidement le réalisateur rassure le spectateur, promenant sa caméra avec élégance, au gré d’une photographie très réussie, sans donner l’impression d’être trop travaillée. Le retour au domicile est un parfait exemple du montage efficace des scènes de tension, nous immergeant dans la paranoïa de la tueuse. Leung aura systématiquement recours aux plongées et aux contre-plongées de travers pour nous déstabiliser, et nous rappeler que ce monde n’est pas le nôtre, allant parfois même jusqu’à plaquer sa caméra au ras du sol. Et si ce parti-pris se révèle des plus convaincants, on regrettera un recours grossier aux symboles. Car n’ayant pas assez d’une course-poursuite entre la Corée et Hong Kong pour satisfaire aux exigences d’un long métrage, Leung va s’empêtrer dans une romance aussi insipide qu’inutile. Difficile en effet de croire que celle qui affirmait ne pas ressentir de sentiments cèderait aussi facilement devant le charme d’un Lau Ching-Wan, aussi charmeur soit-il. Ce dernier est un véritable rayon de soleil dans un récit nihiliste, grâce à sa stature rassurante et à son bagout. Mais plus que son jeu, c’est son aura d’acteur qui rend le propos plus léger. Lau a beau être talentueux, il ne peut pas réellement donner vie à un rôle plus creux qu’un pantin de bois. Une fois le film achevé, on ne retient de lui que les innombrables scènes dans lesquelles il éteint la lumière de son boui-boui. Outre le peu de consistance de son rôle, il devient vite agaçant de se voir jeter en plein visage la métaphore de ses nouilles bien chaudes qui viennent réchauffer le cœur glacé de notre tueuse à la température corporelle trop basse de 5 degré. On pourrait pardonner le manque de subtilité de ce message s’il ne nous était pas assené toutes les 5 minutes sans réellement approfondir le propos. Sans compter que ces scènes sont filmer avec complaisance dans un style tellement fleur bleue qu’on penserait presque qu’on ne regarde plus le même film. Trancher avec le ton violent des scènes de polar est un parti-pris compréhensible, mais l’ensemble ne se mêle pas harmonieusement. La musique devient agaçante, et il faut bien avouer que les dialogues sont écrits sans subtilité. Leung insiste également avec trop d’ardeur sur les regrets de la tueuse, infligeant incessamment au spectateur des plans la montrant en train de contempler une petite fille. Tsukaja Hojo s’est peut-être inspiré de Beyond Hypothermia pour certains épisodes de son manga Angel Heart, mais il a nettement amélioré la formule, et de ce point de vue, le temps ne joue pas en la faveur du film de Patrick Leung. La plupart des ficelles sont en effet archi-usées, et il faut faire preuve d’une volonté de fer pour ne pas prévoir les événements à venir. C’est d’autant plus regrettable que de ce point de vue, une scène en particulier parvient à surprendre par sa violence (scène qui aurait été ajoutée à l’insu du réalisateur par Johnnie To).

Mais non, Beyond Hypothermia conservera son mélange jusqu’à son climax, sans parvenir à créer un récit cohérent. Tout le monde ne peut pas réaliser The Killer. Pourtant, malgré la déception générale, la réalisation des scènes de tension est d’une telle maîtrise qu’on prend plaisir à assister à ces massacres. Il ne faut pas s’attendre à des ballets sanglants comme ceux qui ont fait la renommée de John Woo. Yuen Tak et Yuen Bun sont des chorégraphes très différents de Tony Ching Siu-Tung, et ils privilégient ici la brutalité pure, si bien que la plupart des affrontements ne durent pas plus de quelques secondes. Et c’est justement cette sècheresse, alliée à un montage très dynamique et à une caméra toujours en mouvement qui cerne parfaitement les gestes des protagonistes qui font de Beyond Hypothermia plus qu’un mélo polar à moitié raté. Leung a une véritable vision, il sait quand rendre l’action lisible, mais aussi quand employer des caméras tremblantes, au cœur de l’action. A ce titre, le climax est véritablement prenant, alternant fusillades furieuses et course de stock car pleine de rage et de désespoir. On pourrait craindre que le manque d’investissement émotionnel dû à l’écriture approximative des personnages serait un frein à l’efficacité de certaines scènes. Mais il n’en est rien car on ressent une réelle satisfaction barbare à être témoin de ces combats à mort. Reste que passé l’excitation de l’action, le final ne laisse pas grande impression et se révèle sans audace, un peu à l’image du film.

Beyond Hypothermia est un film à la réalisation impressionnante, visuellement encore très moderne, mais dont le traitement franchement brouillon et l’écriture approximative l’empêchent d’accéder a statut d’œuvre mémorable. Reste à espérer que Patrick Leung décide un jour de rectifier le tir en s’octroyant les services d’un scénariste décidé à raconter une bonne histoire pour enfin nous livrer son polar définitif !
Léonard Aigoin 1/3/2011 - haut

Beyond Hypothermia : Froide comme la mort    (1996)
Beyond Hypothermia est un grand film "gâché" : une bonne idée de départ - une tueuse atteinte d'un maladie très rare (son corps a 5 degrés de moins que celui de n'importe quel être humain normal) -, de très bon acteurs - Lau Ching Wan sobre et en forme, Jacqueline Wu Chien Lien superbe et émouvante -, un réalisateur talentueux - Patrick Leung, assistant de John Woo pendant près de 10 ans et des scènes d'action efficaces. Au final, une simple série B. Intéressante (climat oppressant, jolie photo), certes, mais qu'une série B de plus.
La température corporelle de l'héroïne n'est en fait qu'une métaphore balourde de sa froideur : elle n'hésite jamais à tuer, même une petite fille témoin de l'assassinat de son père... (scène rajoutée par Johnnie To à l'insu du réalisateur, paraît-il). L'histoire d'amour entre Lau Ching Wan, vendeur de soupe dans la rue, et la tueuse est traitée de manière maladroite et niaise, mais si parfois leurs rencontres exclusivement nocturnes s'apparentent à ces histoires de dames fantômes éprises de naïfs mortels. Les scènes d'action, elles, sont nombreuses (trop ?), violentes (exigence des co-producteurs coréens) et heureusement bien filmées. Certains ont d'ailleurs rapproché la séquence paroxystique finale à une tentative d'égaler celle de The Killer. Quand l'élève essaie d'égaler le maître...
A noter que Patrick Leung a désavoué Beyond Hypothermia, œuvre d'après lui défigurée par son producteur, Johnnie To, qui n'a pas hésité à tourner et à rajouter des scènes de violence à la limite du gore pour en augmenter l'impact commercial. Tout ça a un petit relent de The Big Heat (un certain Johnnie To en était alors la victime...).
Si vous êtes du genre à rechercher des films ne se souciant pas top de l'histoire mais terriblement efficaces, Beyond Hypothermia est pour vous : vous ne vous ennuierez pas une seconde. Si vous préférez des films plus mesurés et mieux construits, passez votre chemin !
David-Olivier Vidouze 7/1/2000 - haut

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