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Critiques Express

Le Chasseur d'aigles    (1977)
Adapté du célèbre roman The Eagle Shooting Heroes de Jin Yong (déjà porté plusieurs fois à l’écran, dont la célèbre version de Wong Kar Wai, Ashes Of Time), The Brave Archer est en fait le premier épisode d’une série de films qui en compte quatre, tournés de 1977 à 1982.
Le livre de chevalerie dont il est tiré est en fait un énorme volume qu’il est impossible de porter à l’écran dans son intégralité en un long métrage. Voire même quatre… Pourtant, c’est le «défi» qu’a tenté de relever Chang Cheh, déjà auteur d’une adaptation d’Au bord de l’eau de Shi Nai-An et Luo Guan-Zhong (The Water Margin et All Men Are Brothers) de sinistre mémoire. A-t-il fait mieux cette fois-ci ?

Deux enfants destinés à être élevés ensemble sont séparés à la naissance après l’assassinat de leur père respectif par les troupes d’un tyran local. L’un deux est capturé avec sa mère et envoyé dans le château du potentat tandis que l’autre est recueilli par une bande de sept chevaliers. Les enfants recevront une éducation martiale dispensée par deux maîtres différents. Ceux-ci se proposent de les faire combattre dix huit ans plus tard afin de comparer la valeur de leur élève.
Les années passent. Le premier des enfants, Kuo Tsing (Alexander Fu Sheng), s’avère peu doué pour les arts martiaux mais parvient à tuer accidentellement un des chefs d’un clan pratiquant le kung-fu du squelette. Il s’attire alors les foudres d’une de ses guerrières.
Le second enfant (Lee I Min) a été élevé dans l’ignorance de son passé. Il vit avec sa mère, devenue princesse, auprès du tyran qui a tué son père et pratique des arts martiaux maléfiques.
Tous les protagonistes vont bientôt à nouveau être confrontés les uns aux autres…

Le bilan de The Brave Archer est extrêmement mitigé. Comme pour Water Margin et All Men Are Brothers, Chang Cheh n’a pas su ou voulu faire un réel travail d’adaptation cinématographique. On a l’impression qu’il a mis en scène, page après page, ce qu’il lisait dans le roman. Toutes les intrigues, toutes les « sous intrigues », tous les personnages, tous les seconds rôles, etc., sont présents à l’écran ! Le spectateur est tout d’abord pris de frayeur alors que le générique se déroule : une bonne vingtaine de personnages nous sont présentés avec leur nom d’acteur et le nom du héros qu’ils interprètent. Apparaissent même des comédiens qui, comme Ti Lung, ne seront même pas dans le film ! Une peur qui n’en vaut pas la peine tant certains personnages traverseront le récit à une vitesse si grande qu’on ne notera pas leur passage… The Brave Archer reprend donc les travers de Water Margin / All Men Are Brothers à ce niveau là.
En revanche, sur le terrain du divertissement, The Brave Archer est cent fois supérieur à ces deux films ! Il accumule une telle quantité d’artistes martiaux que le spectateur est rarement laissé au repos : son attention est constamment retenue pas les combats qui, sans être transcendants, n’en sont pas moins très sympathiques. La frustration qui nous habitait à la vision de The Water Margin / All Men Are Brothers, où bon nombre d’athlètes ne levaient pas le petit doigt, a ici disparu. C’est déjà énorme !

The Brave Archer, si on le considère comme un film unique et pas un épisode d’une saga qui en compte quatre, est une œuvre inacceptable. Elle débute par un carnage appelant la vengeance et l’éducation des deux enfants rescapés dans des mondes différents : l’un entouré de chevaliers et l’autre par le propre assassin de son père. Une fois adultes, ces jeunes gens maintenant dotés d’un vécu et d’une conception du bien et du mal vont être confrontés l’un à l’autre. On pourrait légitimement penser que The Brave Archer finisse par le décès de l’homme à l’origine de leur séparation et de la mort de leurs parents. Hé bien non, le récit prend des voies de traverse et se perd dans des péripéties secondaires qui n’apportent pas grand chose à l’histoire et resteront non résolues. Du coup, lorsque le générique de fin arrive, le spectateur ne sait plus trop quoi penser : vient-il de passer près de deux heures devant un navet confus et vain ou doit-il se ruer sur la suite des aventures de Kuo Tsing ?
Personnellement, j’aimerais donner sa chance aux quatre films pris dans leur globalité. Mis bout à bout, une certaine logique émane peut-être de l’œuvre ? (Et pourquoi diable ce titre de The Brave Archer alors qu’aucune flèche n’apparaît dans le film ?) Quoiqu’il en soit, cela me semble être la seule manière possible d’aborder le film sereinement. Dans le cas contraire, autant ne pas s’y risquer !

Chang Cheh semble avoir voulu faire tourner la tête du spectateur venu prendre quelque bon temps dans sa salle de cinéma favorite. Outre un étalage quasi indécent de stars de la Shaw Brothers, il lui jette au visage des combats à foison, une véritable galerie de chevaliers picaresques et originaux (on retrouve l’ivrogne invétéré, l’aveugle, le bouddhiste, le taoïste, le démoniaque, le traître, l’efféminé, l’asexué, etc.), des situations inhabituelles ou insolites (Fan Mei Sheng qui élève depuis 20 ans un serpent afin de boire son sang le moment venu et devenir ainsi invincible, des mouvements martiaux au son d’une curieuse flûte…), du fantastique, de l’absurde et du comique sûrement involontaires (les scènes de rêve dans lesquelles la jeune héroïne imagine qu’elle se jette dans les bras de Kuo Tsing…), des décors kitch au possible, etc. On notera avec amusement qu’Alexander Fu Sheng semble à l’époque être abonné aux coiffures ignobles qui lui donnent un air des plus niais…
Prise sérieusement, l’expérience se révélerait désastreuse. Chang Cheh ne sait pas tourner de grands films épiques, on le sait. De plus, il n’est pas très à son aise lorsqu’il s’agit de travailler à partir d’un roman et non d’un scénario de son fidèle collaborateur Ni Kuang.

Il est aussi amusant de comparer l’adaptation de The Eagle Shooting Heroes par Chang Cheh de celle qu’en a faite Wong Kar Wai. Autant le premier n’a pas su conserver de l’œuvre le cœur du touffu roman et s’est attaché à presque tout retranscrire à l’écran (trop de fidélité à un texte littéraire est bien souvent fatal à un film), autant l’autre se l’est complètement approprié, l’a digéré avant d’en faire une expérience personnelle… et finalement tout aussi hermétique ! Mais le public visé n’était vraisemblablement pas le même : populaire pour Chang Cheh, festivalier pour Wong Kar Wai !!!
David-Olivier Vidouze 2/21/2005 - haut

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