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Critiques Express

Man Of Tai Chi    (2013)
Matrix fut un tournant majeur dans la carrière de Keanu Reeves. Impossible de le nier. Mais ce qui était moins facile à deviner, c’est à quel point les combats chorégraphiés par des équipes hongkongaises allaient le marquer. Passées les interviews promos où l’acteur congratulait le chorégraphe de la trilogie, Yuen Woo-Ping, la surprise fut réelle quand il décida de faire de sa première réalisation un film d’arts martiaux.
Bien qu’étonnante, l’orientation choisie par l’acteur respire la sincérité. Alors qu’il aurait été plus facile de situer le film sur le territoire américain avec un artiste martial occidental, des lieux et des codes propres à la culture U.S., Keanu Reeves a choisi de localiser son film en Chine, de tourner à la fois avec des dialogues américains, cantonais et mandarin et de composer son casting de 90% d’acteurs Asiatiques.
Bien évidemment, l’homme choisi pour orchestrer les joutes n’est autre que Yuen Woo-Ping, celui-là même qui régla les affrontements de l’acteur dans la trilogie Matrix et qui régla plusieurs classiques du genre (Kill Bill, Tigre et Dragon, Fist of Legend,Drunken Master).

Alors Man of Tai Chi, réelle surprise ou fausse bonne idée ?

Si l’œuvre délivre quantité d’actions de qualité et offre de réels bons moments, l’impression qui en ressort au final est mitigée.
L’univers des combats clandestins a maintes fois été approché par le cinéma occidental ou oriental (Le bagarreur, Full Contact, Le Cogneur de Harlem, Blood and Bone, Fatal Contact…). Man of Tai Chi respecte les codes du genre à la lettre avec des lutteurs marqués par leurs styles de combat, leurs tenues et leurs sadismes. Rien de fondamentalement nouveau. Ce qui l’est plus, c’est l’impact psychologique de ces combats sur le héros du film. Tiger Chen Hu campe un lutteur droit, prêt à sacrifier sa morale en s’adonnant à des affrontements illégaux pour sauver le monastère de son maître de Tai Chi. Si le personnage est banal (pour ne pas dire plat), Keanu Reeves lui réserve 2-3 séquences intéressantes.

En parallèle de ses combats clandestins, Hu-Chen, participe à un tournoi de Wushu officiel. Si l’homme utilise au début le Tai Chi de la façon la plus pure qui soit (mouvements amples et circulaires, utilisations des mains pour pousser son adversaire sans le blesser grièvement), au fur et à mesure qu’il prend goût à ces duels illégaux, il n’utilise plus le Tai-Chi dans la compétition officielle mais privilégie la force physique (au contraire de la force souple) jusqu’à broyer la jambe d’un adversaire. Suite à cette séquence, l’homme retrouvera la paix intérieure en affrontant violemment son maître qui utilisera le Tai-Chi pour lui montrer la voie à prendre.

Des moments intéressants, bien mis en scène qui font preuve d’originalité dans un film avare en la matière. En effet, si Man of Tai-Chi se montre sur le papier un projet prometteur, atypique et risqué pour Keanu Reeves, il n’est au final rien de plus qu’une série B stéréotypée. Durant la première heure, les combats sont légions, le (faible) déroulement scénaristique n’avançant qu’aux coups des affrontements. Heureusement, avec Woo-Ping, la qualité est présente. Très peu câblées, les chorégraphies sont techniques, spectaculaires (voir l’affrontement contre l’expert de Mixed Martial Arts), soutenues par un filmage toujours lisible et un montage précis. De ce point de vue là, Keanu Reeves tient toutes les promesses, les combats sont réussis.

Idem pour les passages mettant en avant le Tai Chi. Woo Ping ayant déjà utilisé cette discipline à plusieurs reprises dans ses réalisations (Drunken Tai Chi, Tai Chi Master, Tai Chi 2), les combats ou démonstration de cet art concourent là-aussi à la réussite du film sur le plan de l’action.

Saluons la performance martiale de Tiger Chen Hu qui s’impose comme une valeur à suivre dans le film d’arts martiaux. Cascadeur à plusieurs reprises pour des films déjà chorégraphiés par Yuen-Woo Ping (Matrix Reloaded, Le Maître d’Armes, House of Fury), l’acteur occupe pour la première fois le rôle principal d’une production. Même si son jeu est un peu fade (défaut qui peut être corrigé dans de futures productions), ses talents physiques sont irréprochables.

Malheureusement, passé une heure, ce qui n’était qu’un produit bis limite bourrin mais jamais déplaisant, s’embourbe dans une enquête policière ridicule et des choix plutôt curieux. Comme pour justifier la présence de stars hongkongaises au générique (le film étant une co-production avec la Chine), Keanu Reeves déroule une intrigue policière où des acteurs connus interviennent plus ou moins longuement (Karen Mok, Simon Yam, Max Lee) mais sans jamais se trouver être utile voire primordial au récit. Même le personnage de Karen Mok, qui traque sans cesse le personnage de Keanu Reeves sans avoir les preuves nécessaires pour l’arrêter ne mène finalement à rien (voire se montre gênant lors de son accident de voiture en CGI proprement immondes), si ce n’est casser le rythme du film.
Les combats se font plus rares et certaines scènes tournent au ridicule (pourquoi avoir fait venir la star Indonésienne de Merantau et The Raid, Iko Uwais, pour au final avoir droit à un non-combat !).

Mais le pire reste l’acteur Keanu Reeves lui-même. Outre une prestation de bad guy tout droit sortie d’une série Z, fronçant constamment les sourcils, peinant à exploiter un personnage ambigu qui prend plus de plaisir à voir l’issue fatale d’un combat que de compter ses gains (hormis le « Finish Him » qu’il lance à deux reprises à ses combattants, hommage involontaire mais jouissif à la saga de jeux vidéo Mortal Kombat), la star commet l’erreur fatal de se mettre en scène pour l’ultime combat du héros. Là où les duels auraient dû aller dans un crescendo spectaculaire, le final se montre la scène martiale la moins intéressante du film. Dix années ont passé depuis la fin de l’aventure Matrix, Keanu Reeves n’est même plus aussi convaincant dans que Matrix Reloaded, du coup, ses mouvements lents, ses coups de pieds hésitants font que le rythme du combat peine à convaincre l’amateur venu voir un spectacle martial de qualité. Dommage de finir le film sur une mauvaise impression.

Keanu Reeves a joué l’originalité sur le papier. Dans les faits, son film se montre efficace durant sa première heure, l’acteur-réalisateur (bien aidé par son chorégraphe Woo-Ping) alignant un nombre conséquent de combats efficaces. De mauvais choix scénaristiques et visuels lors de la dernière partie font que Man of Tai Chi est un film inégal.

Saluons néanmoins le premier effort de Keanu Reeves derrière la caméra, qui semble annoncer pour la star une deuxième carrière digne d’intérêt.
Denis Gueylard 10/16/2013 - haut

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 10/16/2013 Denis Gue...

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