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Blast    (2010)
Avoir les moyens de ses ambitions est toujours un départ positif pour un film. Ce qui ne veut pas dire que l’argent soit toujours source de réussite en termes de qualités artistiques bien sûr. Si on se réfère au Dream Home d’Edmond Pang, on constate que le réalisateur, en déclarant qu’il allait livrer le premier slasher de Hong Kong disposait d’un savoir faire largement suffisant pour donner au public un spectacle tout à la fois primaire et d’une grande intelligence, mélangeant hémoglobine et qualité d’écriture avec virtuosité, sans pourtant donner l’impression d’être un gros film commercial au budget pharamineux. L’annonce du City Under Siege de Benny Chan était assez différente, puisqu’on nous promettait un film de super-héros destiné à rivaliser avec les grosses productions hollywoodiennes. Que l’on aime ou non le cinéma américain, il est difficile de nier que ces dernières années l’usine à rêves à donner au public un nombre impressionnant de films de super-héros d’une grande qualité. En donnant carte blanche à des artistes comme Christopher Nolan ou en adaptant les écrits d’une grande densité d’un Alan Moore, les résultats ne pouvaient être que bons. Et si la production de films super-héroïques connaît un enthousiasme si grand, ce n’est pas uniquement à cause des chiffres du box-office, mais bien parce que les univers dépeints impressionnent, tant visuellement que narrativement. Tim Burton avait ouvert la voie en montrant avec son Batman en 1989 que les récits de justiciers masqués n’étaient pas réservés qu’aux enfants et aux adolescents, mais qu’il était tout à fait possible de créer des univers personnels et riches. L’aspect divertissement pur n’est jamais loin, mais les films de super-héros américains ont tout de même gagné leurs lettres de noblesses, une victoire qui culmina lors des oscars avec la nomination à plusieurs reprises de The Dark Knight de Christopher Nolan.

A Hong Kong, le genre a connu quelques timides déclinaisons, comme The Flying Mr. B de Wong Jing, mais généralement, les « super-héros » de l’ex-colonie ne portent pas d’uniforme et n’ont pas grand-chose à voir avec un Spider-man par exemple. Leurs exploits restent surhumains, comme le prouvent les prouesses d"hklink type=personne>Andy Lau dans Saviour Of The Soul et sa suite, ou plus récemment, celles du trio Donnie Yen, Nicholas Tse, Shawn Yue, dans le décrié Dragon Tiger Gate. Une spécificité qu’on retrouve néanmoins dans beaucoup de films d’action, en particulier les wu xia pian câblés. Et si les films cités bénéficient d’une esthétique surréaliste, en particulier dans le travail sur la lumière et les couleurs, City Under Siege est bien plus commun de ce point de vue. Hormis une introduction sous forme de flashback aux teintes sépia, la réalisation reste efficace sans se montrer inoubliable. Benny Chan est un très bon artisan, mettant en scène et montant ses films de façon dynamique, mais il lui manque la vision qui ferait de lui un artiste plutôt qu’un technicien. Une affirmation que la première scène, qui rappelle dès les premiers plans l’introduction du X-men de Bryan Singer, peine à contredire. On pensera également au début du Hellboy de Guillermo Del Toro, avant que l’explication des pouvoirs à venir de nos protagonistes ne soit faite par l’intermédiaire d’un clone raté du monstre vert Hulk. Difficile d’imaginer le palmarès du réalisateur en se fiant à cette scène. Mais ce ne sont que les premières marches de la drôle de descente en enfer que constitue City Under Siege. Car n’est pas Dante qui veut. Et si le poète Italien démontrait une imagination débordante dans sa comédie, on rit plus du film de Benny Chan que de ses tentatives pathétiques de faire de l’humour.

Si les quelques pétards censés donner l’impression d’une explosion ont pour but de se moquer des moyens démesurés déployés dans certaines grosses productions pour des scènes de quelques secondes, Benny Chan est un génie. En revanche, si c’est avec ce genre d’effet qu’il compte lancer sa gamme de films au rendu digne des plus grosses machines de guerre Hollywoodienne, il risque fort d’être considéré comme le Uwe Boll asiatique. Car on ne sait jamais s’il faut prendre ce City Under Siege au premier ou au second degré. Même les scènes bénéficiant de décors réussis parviennent à donner l’impression qu’on regarde un film fauché, comme la présentation de la troupe qu’on croirait tourner par Sun Chung en même temps que la scène de boite de nuit dans son City War, qui date tout de même de 1989. Cette impression d’être devant une production de la fin des années 80, ou au mieux du début des années 90, est renforcée par l’utilisation répétée d’effets spéciaux qui feraient passer les dagues volantes de Saviour Of The soul pour la pointe de la technologie numérique actuelle. S’il fallait résumer City Under Siege en une expression, ce serait « faute de goût ». D’un Collin Chou en motard hark rockeur has-been, à son costume de monstre aussi réussi que celui du directeur de Prison dans Story Of Ricky, en passant par la musique, d’une nullité qui n’a d’égale que sa mièvrerie, tout semble destiné à faire rire le public. Tout, sauf les plaisanteries, tellement puériles qu’on a presque la sensation que Benny Chan a écrit son scénario dans le but de détrôner Kevin Smith au poste de scénariste le moins capable de comprendre comment raconter une histoire. Car en plus de ne jamais avancer, le récit n’est jamais prenant. Il faut dire que le réalisateur n’a pas grand-chose à raconter, et parvient tout de même à enchaîner les clichés sur 1h48, alors que son scénario ne nécessitait pas plus de 30 minutes de film. On ne trouvera pas non plus de discours caché, ou de dénonciation réussie. On sourira devant l’utilisation de l’image d’Aaron, puisqu’il s’agit des seules scènes amusantes à dessein, mais le propos, qui se veut satyrique, est en retard de plus de 25 ans sur le Super Fool mettant en vedette Richard Ng. Si message il y a, ce serait plutôt une critique de l’humanité chinoise, comme on peut le voir lors du renvoi du personnage de Shu Qi, ou quand des marins jettent un homme à l’eau parce qu’il est malade (une scène visuellement aussi splendide qu’un jeu de PS2).

Ce n’est pourtant pas l’action qui empêche le récit d’être développé, puisqu’il faudra attendre trois quarts d’heure avant d’assister à un réel affrontement. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que pour un héros, Aaron n’a pas du suer beaucoup pour son rôle. Son personnage ne participe presque jamais à l’action, même lors d’un final aussi vite expédié que décevant. Les chorégraphies, qui se comptent sur les doigts d’une main, sont très inégales. Jacky Wu Jing se taille la part du lion en se réservant tous les meilleurs passages, offrant quelques échanges plus techniques, même si l’utilisation des câbles n’est jamais oubliée. Une fois de plus, on regrettera qu’un artiste martial de son niveau n’ait pas réellement l’occasion de démontrer ses capacités physiques, d’autant que ses affrontements avec Collin Chou promettaient des scènes d’anthologie. Finalement, le résultat est sympathique, mais anecdotique, et ne représente pas plus de 10 minutes du film. Et que dire du manque d’imagination lié à la transformation des personnages ? Ils sont plus rapides et plus forts. Tout comme Jacky Wu Jing et sa partenaire, eux aussi capables de bondir à plusieurs mètres de distance. Finalement, rien ne justifie de classer ce City under Siege dans la catégorie des films de super-héros, Aaron se contentant de sauver une inconnue au détour d’une scène. Alors qu’on aurait pu s’attendre à des adversaires variés, aux spécificités uniques, on constate que Benny Chan ne s’est pas fatigué et se contente de donner un aspect de plus en plus horrible et raté à nos monstres. Ce parti-pris discutable ne joue pas en la faveur de personnages peu attachants, et ce n’est pas le jeu irritant des principaux acteurs qui permettra une identification plus importante. Rarement Aaron Kwok aura été aussi irritant qu’ici, surjouant plus encore que dans Murderer, comme si sa vie en dépendait. La star a fait des choix de carrière aussi surprenants que peu pertinents ces dernières années, et on a du mal à imaginer que City Under Siege le remette sur le devant de la scène.

Mais il n’est pas seul en faute, et Collin Chou, qui se définit comme plus jeune, plus fort et plus cultivé que les stars actuelles, donne l’impression que sa culture s’arrête au Hulk interprété par Lou Ferrigno. Son jeu inhumain est mis en valeur de façon peu orthodoxe par une utilisation maladroite, pour ne pas dire ratée, du ralenti, associée à une direction d’acteurs douteuse. Les personnages féminins s’en sortent mieux : n’ayant rien à faire, elles n’ont pas l’opportunité de se ridiculiser. Shu Qi montre par contre un grand sérieux et semble avoir travaillé son rôle, même s’il est sans intérêt. Finalement, seul Jacky Wu Jing parvient à bien jouer, lui pourtant habitué aux grimaces les plus agaçantes, a enfin de la prestance avec sa barbiche, et reste sobre du début à la fin. On aurait aimé voir, au rayon des rares qualités, une esthétique réussie. Mais en plus d’être longuet, City Under Siege est d’une banalité visuelle déprimante. Dragon Tiger Gate n’était pas un grand film, mais le jeu sur les couleurs, et sur la lumière en faisaient une expérience originale. Et à moins d’être masochiste, il ne vaut mieux même pas comparer le film de Benny Chan au Scott Pilgrim d’Edgar Wright, d’une ingéniosité visuelle incroyable, mettant en scène des combats bien chorégraphiés avec beaucoup de dynamisme sans jamais sacrifier la lisibilité, et parvenant même à ajouter des bruitages qui ne dépareilleraient pas dans la série Batman avec Adam West, pour un résultat pop brillant.

City under Siege est un film prétentieux qui n’a donc pas les moyens de ses ambitions, mal écrit, réalisé sans génie, et bourré ce tics de montage navrants, qui parvient tout de même à faire rire grâce à des scènes surréalistes, comme ce passage où Shu Qi explique ce qu’est l’amour à un Collin Chou déchaîné, candidat à l’élection du plus mauvais acteur du monde.

Un film à ne voir que préparé.
Léonard Aigoin 12/2/2010 - haut

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