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Critiques Express

Legendary Assassin    (2008)
It’s gonna be Legendary! Voilà l’expression qu’aurait pu employer Barney Stinson, trublion de la série télévisée How I met Your Mother à l’annonce de ce Legendary Assassin, la première réalisation de Wu Jing, et dont le titre chinois est plus terre à terre: La dent du loup. Paco Wong est un businessman audacieux, comme en témoigne sa présence au poste de producteur du Trivial Matters d’Edmond Pang. Mais il n’est pas le seul à croire en Wu Jing.

Le légendaire Ng See Yuen, qui a permis à Jackie Chan d’exploser à l’époque de Snake In The Eagle’s Shadow et Drunken Master, a également investi dans la première réalisation de celui qui était destiné à devenir le nouveau Jet Li dès 1996. En effet, avec Tai Chi II, le public de Hong Kong découvrait un artiste martial extrêmement talentueux et bourré d’énergie. Mais contre toute attente, l’acteur multiplie les échecs sur grand écran, et ses apparitions sont sporadiques. Ce n’est certainement pas son rôle sans intérêt dans le Legend Of Zu de Tsui Hark qui va changer son destin. Même sa participation au Drunken Monkey de Lau Kar Leung, tentative désespérée de faire renaître la Kung Fu Comedy de ses cendres, se soldera par un échec. Il n’y a finalement que sur les écrans de télévision que Wu Jing parvient à trouver le succès. Il faudra attendre la résurrection de la carrière d’acteur de Donnie Yen avec Sha Po Lang, ou SPL, pour que le jeune prodige soit enfin repéré comme une valeur sûre. En ces temps où les films d’action sont peuplés d’acteur sans aucune connaissance martiale, dont le moindre geste est câblé et surdécoupé, on ne pouvait que se réjouir de redécouvrir un pratiquant de Wushu de ce niveau. Malheureusement, malgré ses capacités athlétiques, Wu Jing n’est exploité à sa juste mesure que chez Wilson Yip, puisque presque toutes les scènes d’action de ses autres films sont rehaussées par l’emploi abusif de câbles. La star n’a donc pas encore réellement eu l’occasion de laisser exploser son potentiel martial à l’écran et on attend encore d’en être les témoins. Mais ses qualités de combattant gâchées ne constituent pas le seul handicap à une carrière plus satisfaisante mais qui n’a toujours rien d’exceptionnelle. En effet, non seulement Wu Jing ne possède pas de talent dramatique démesuré, mais son obsession pour les grimaces rendent certaines de ses prestations réellement agaçantes, à l’image de celle qu’il livre dans Invisible Target de Benny Chan. L’annonce de son passage à la réalisation était donc intéressante, car il laissait penser qu’à la manière de Donnie Yen pour son Legend Of The Wolf, Wu Jing mettrait en scène le vrai Wu Jing, en tirant le meilleur parti de ses capacités.

Mais contrairement à son adversaire de Sha Po Lang, Wu Jing privilégie l’hommage à un style personnel. C’est particulièrement évident lors de la présentation de son personnage dont l’appétit est aussi ridiculement développé que celui du Bruce Lee de Way Of The Dragon. On pourrait penser qu’une citation de ce genre vient remettre en perspective les points communs entre les personnages, ou une similitude dans le scénario, mais ce n’est pas le cas. Au contraire, à mesure que s’accumulent les citations, on a rapidement la sensation que la star meuble sa première réalisation sans trop savoir quoi raconter. Dès la première scène d’action, on constate qu’il n’y a pas véritablement de vision. Après un court mais sympathique passage d’infiltration qui rappelle les exploits de David Chiang s’infiltrant dans un hôtel dans Vengeance !, on assiste à un combat plutôt inquiétant. Pas du point de vue narratif, mais plutôt en termes de technique. Pour commencer, Wu Jing semble désormais tellement habitué aux câbles qu’il ne peut plus combattre sans leur aide. Leur emploi est excessif, et loin de donner de l’ampleur à des coups qui se veulent spectaculaires, ils en diminuent l’impact. On a bien du mal à croire à la puissance des attaques de ce tueur qui semble pourtant invincible puisque son adversaire ne parvient jamais à le toucher. La chorégraphie est extrêmement sommaire et le montage est sans énergie, alors même que chaque plan ne contient pas plus d’un mouvement. Ce découpage très amateur et cette chorégraphie anecdotique ne soulèvent pas l’enthousiasme. Ce parti-pris digne de n’importe quel yes-man est peut-être dû au travail en collaboration avec Nicky Li qui passe lui aussi derrière la caméra pour la première fois. Pourtant, on pouvait attendre qu’un chorégraphe expérimenté comme lui soit en mesure de mettre en scène l’action de façon percutante.

Mais ce serait oublié la déception qu’a été le Coweb de Hung Yan Yan. Ce manque d’identité visuelle va devenir de plus en plus frappant, à cause d’une réalisation paresseuse qui privilégie les plans fixes sans aucun sens du cadre. Les quelques tentatives de véhiculer de la mélancolie sont plus énergiques, mais elles sont faites avec tellement peu de subtilité qu’elles en deviennent héroïquement risibles. Les nombreux gros plans sur le visage d’un Wu Jing qui se force à ne pas grimacer rappellent un peu le romantisme du gentil tueur interprété par Donnie Yen dans Ballistic Kiss. Mais là où ce dernier apportait un véritable style à son film malgré d’innombrables fautes de goût (et de scénario), Wu Jing et Nicky Li se contentent des effets les plus éculés des téléfilms sentimentaux. A ce titre, la bande originale est un véritable supplice, appuyant chaque moment dramatique à grand coup de massue dans les oreilles du spectateur. Et pour s’assurer qu’il est en train de pleurer, on nous inflige des ralentis dignes des pires (et donc des meilleurs) clips de chanson de karaoké et même des filtres de couleur ternes pour renforcer la mélancolie de la tristesse du désespoir de l’amour. Comment ne pas s’émouvoir en effet, en voyant un cours de self défense improvisé se transformé en danse langoureuse, surtout quand on revoit cette scène avec des petites étoiles et des paillettes, pour nous rappeler à quel point le tueur est romantique. Wu Jing est tellement romantique que tous ses faits et gestes sont prévisibles, parce que les amoureux doivent agir de façon pure. Mais seuls les amoureux chinois sont purs. En effet, la quête meurtrière du héros, qui n’hésite pas à décapiter sa victime, est portée par l’amour cristallin. Par contre, l’épouse japonaise souhaitant se venger du meurtrier de son mari est le mal incarné. Après tout, elle est japonaise, et puis l’amour elle ne sait pas vraiment ce que c’est.

Et c’est bien dommage, car il n’y a qu’une chose plus forte que l’amour dans Legendary Assassin. Et c’est le sens du devoir des policiers.Celina Jade a en effet largement l’opportunité de chanter les louanges des forces de l’ordre, au gré de répliques qu’on pourrait croire volées à un discours de Jackie Chan. Entre les « Défendre la justice est le devoir de chacun », ou « Un flic n’a peur de rien », elle interprète une femme aux convictions surannées avec une conviction surprenante. L’ensemble des dialogues est de toutes manières assez risible, à l’image des prestations des acteurs qui semblent tout simplement ignorer ce qu’ils font là. Ils ne sont pas très aidés par la narration en roue libre. Les quelques enjeux dramatiques sont ainsi très mal exploités et ne servent pas de moteur au récit, qui s’attarde inutilement sur le quotidien soporifique des policiers de la campagne. On se croirait presque dans les scènes soap de Expect The Unexpected. Ce qui en soi ne serait pas si dérangeant si le second degré était de mise et que ce développement permettait de donner du souffle à la dramaturgie. Le contexte permettait pourtant une véritable construction dramatique sous forme d’huis-clos, avec cette menace de typhon pesant sur l’île. Mais n’est pas John Huston qui veut, et Legendary Assassin n’a rien d’un Key Largo.

Pourtant, les quelques tentatives d’instiller du suspense auraient pu aboutir à un résultat convenable, et le fameux sac rappelant celui que portait Lau Ching Wan dans Longest Nite aurait dû être le véritable centre du récit. Mais plutôt que d’installer de véritables enjeux, Wu Jing nous montre Lam Suet et sa clique marcher. Le rôle du chouchou de Johnnie To se limite presque à ce véritable marathon, puisqu’il passe près de dix minutes du film à traverser l’île de long en large. Les chassés croisés sont particulièrement soporifiques, et même la fuite de Wu Jing est sans tension. D’autant plus que son comportement n’a aucun sens si on tient compte de la ruse (prévisible) qu’il emploiera par la suite. Mais il faut bien avouer que peu d’éléments sont pertinents dans l’écriture. Les personnages sont totalement inexistants, qu’il s’agisse des premiers ou des seconds rôles. Leurs réactions n’ont aucun sens, et malgré le discours éminemment pro forces de l’ordre, il semble que l’équipe n’ait absolument pas conscience du travail de policier. Il suffit de voir Celina Jade apostropher trois chinois parce qu’elle vient d’entendre à la radio que trois chinois avaient commis un braquage pour s’en rendre compte. Outre ses surprenants dons de voyance, c’est sa façon de se confronter seule et sans arme à trois criminels potentiels qui oblige le spectateur à baisser la tête avec un air gêné.

Cependant, malgré les prétentions artistiques, ce n’est pas pour son scénario qu’on attend Legendary Assassin, mais bien pour son action qui permettrait de passer outre les autres défauts. Et de ce point de vue, l’introduction est finalement conforme aux autres affrontements. Paradoxalement, le meilleur combat est celui dans lequel Wu Jing n’intervient pas. Il s’agit d’un traquenard dans le poste de police, qui sans être inoubliable parvient tout de même à maintenir une certaine tension dramatique. Mais globalement, les combats sont gratuits. Seul le final s’inscrit réellement dans la dramaturgie. Pourtant, comme les autres, il dispose d’une chorégraphie anecdotique. C’est d’autant plus regrettable que le cadre se prête à un affrontement legend…. Wait for it…. Dary. Entre les dizaines de figurants, et la pluie battante, tout est fait pour montrer à quel point le héros est romantiquement fort.

Mais il est difficile de se laisser emporter par un affrontement dans lequel les cascadeurs attendent de recevoir les coups, peu puissants au demeurant de notre fameux tueur à la dent de loup. Quelques chutes du haut d’un immeuble vont rehausser l’intérêt, mais il faudra attendre la toute fin du combat pour assister à des échanges intéressants. Quand Wu Jing, qui vient de faire une chute de plusieurs mètres, affronte cinq sbires déchaînés, la brutalité des coups rappelle une des chorégraphies les plus spectaculaires de Nicky Li, celle du final de Killer's Nocturne avec Chin Siu Ho. Mais deux minutes de divertissement sur une heure vingt de film, ça reste trop peu.

Pour sa première réalisation, Wu Jing livre un travail sans identité et sans intérêt qui ne mérite pas vraiment le détour.
Léonard Aigoin 4/14/2011 - haut

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