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Critiques Express

Jump    (2008)
Acteur depuis les années 90, Stephen Fung appartient à la génération des acteurs qu’on surnommait les mèches rebelles, eu égard à leur look de mannequins à la chevelure impeccable. Il lui faudra attendre la fin du 20ème siècle pour réellement commencer à se faire remarquer, mais il n’aura pas su convaincre de ses capacités dramatiques comme a pu le faire Nicholas Tse. Et s’il a eu l’occasion de passer derrière caméra pour réaliser un segment de Heroes In Love en 2001, c’est en mettant en scène Enter The Phoenix en 2004 qu’il va créer la surprise.

Ne jouant qu’un second rôle, Fung parvient à y narrer une histoire simple mais touchante, construite de façon intelligente et enchaînant les scènes hilarantes. Le casting y est habilement mis en valeur, mélangeant acteurs de l’ancienne génération (Yuen Biao, Law Kar-Ying) et stars plus actuelles (Eason Chan, Daniel Wu) pour un résultat véritablement enthousiasmant. Fung y démontre un talent évident pour la mise en image, multipliant les idées et livrant une œuvre très esthétique, sans pour autant céder à la tentation d’en faire un clip de 1h30. Alors, la chance du débutant, ou véritable aptitude à réaliser ? Son second long métrage, House Of Fury, sorti en 2005 semble asseoir sa maîtrise, avec un résultat moins drôle car privilégiant l’action, mais une fois de plus très réussi ?

L’annonce de Jump a donc de quoi réjouir. En plus de retrouver Stephen Fung à la réalisation, le clown numéro 1 de Hong Kong, Stephen Chow (qu’on ne présente plus) joue le rôle de producteur et a écrit l’histoire. Les premières images laissent imaginer un mélange énergique de danse et de kung fu, et connaissant Chow, on est en droit d’attendre autre chose qu’un Kung Fu Hip Hop. Jump est avant tout l’occasion d’installer Kitty Zhang comme remplaçante de Stephen Chow. L’artiste semble en effet de moins en moins disposé à se montrer devant les caméras. Beaucoup moins présent ces dernières années, il a renoncé à de nombreux rôles, y compris aux USA (The Green Hornet de Michel Gondry, ou encore son projet de film de super-héros avec Jack Black), et semble se consacrer avant tout à la production.

La scène d’introduction démontre immédiatement la grande maîtrise de Stephen Fung. Les travellings sont amples et permettent d’apprécier la beauté des paysages, et de mettre en valeurs les décors de campagne, au gré d’une chanson traditionnelle. Tout semble exprimer la nature, les temps anciens. Le travail sur la focale y est aussi surprenant que réussi, on regrette d’ailleurs que cette technique ne soit pas exploitée à nouveau. Techniquement, Jump se présente immédiatement comme une réussite, et un plaisir visuel de chaque instant. La vie à la campagne est rythmée par des danses et des chants un peu déstabilisants, pour ne pas dire franchement rustiques. La bonne humeur est communicative, même si les voix des chanteuses sont grasses et éraillées. Le surjeu semble être de mise, comme à la plus belle époque des mo Lai To qui ont rendu Stephen Chow célèbre. Une impression largement confirmée par une scène de chaise musicale chaotique et hilarante.

Le kung fu est personnifié par le légendaire Yuen Cheung-Yan qui joue l’adorable père de l’héroïne, lui apprenant les mouvements lors de duels de baguettes pendant les repas. Classique, mais bien fait. Chow a toujours été féru de kung fu, et tant Shaolin Soccer que Kung Fu Hustle constituent des lettres d’amour au kung fu comme art de vivre. Jump semble s’inscrire dans ce manifeste. Rapidement, la campagne est délaissée pour Shanghai, où la rencontre entre notre paysanne et ses amies avec la ville va rapidement s’avérer…. Grotesque. Après une première partie enthousiasmante, touchante, et vraiment drôle, Jump se perd dans la romance facile digne d’un Street Dance, l’argument 3D en moins. Tous les clichés les plus éculés vont se bousculer pour un conte de fées agaçant par sa naïveté à la limite de la mauvaise foi.

Pire, l’humour va presque totalement disparaître au profit d’un mélodrame larmoyant. Difficile d’imaginer que le king of comedy est responsable d’une histoire tellement insipide. Il est aisé de comprendre que l’artiste ait envie avec l’âge de s’éloigner du Mo Lai To pur. De Shaolin Soccer à Cj7, cette envie transparaît, et on sent la volonté de raconter des histoires plus profondes, plus humaines. Mais l’humour délirant n’était pas pour autant abandonné, donnant des mélanges savoureux et rythmés. Jump au contraire se prend très au sérieux en nous contant comment une nettoyeuse de toilettes va illuminer le cœur d’un millionnaire possédant plusieurs entreprises. Au-delà du manque de crédibilité flagrant de cette histoire, c’est son traitement archi-prévisible qui ne parvient pas à convaincre. Alors que Chow avait réussi à faire évoluer son cinéma en s’inspirant de techniques occidentales tout en conservant son identité, il livre ici un film de commande, qui perd toute vie pour n’être plus que la pale copie d’un film de danse américain encore plus cliché que ceux dont ils s’inspirent (ce qui en soit est un exploit).

C’est d’autant plus regrettable qu’on repère quelques signes d’une volonté d’inscrire le récit dans un discours social. Ainsi la vision des usines dortoirs est aussi mordante que subtile, en ce sens qu’aucun effet ne vient lourdement appuyer le propos. Quelques passages restent amusants, comme celui où Yuen Cheung Yan s’entraîne sur fond de I’ll Survive, mais l’humour est trop peu présent pour compenser la débâcle rose bonbon mielleuse qu’emprunte l’histoire. A ce titre, les petites mélodies au piano toutes tristes sont aussi agaçantes que les grimaces acharnées de Kitty Zhang, qui parvient à battre Shu Qi dans le rôle de la paysanne écervelée à qui on a dû verser du poil à gratter tant elle tord son visage dans tous les sens à la moindre occasion. La jeune Xu Jiao qui jouait le fils de Chow dans Cj7 se montrait bien plus convaincante et plus capable de lui succéder.

Les scènes de danse sont assez nombreuses, et plutôt bien chorégraphiées, avec des acrobaties très convaincantes. Malheureusement, le mélange kung fu/danse qu’on nous promettait est à peine exploité (le temps d’une minute), sans qu’aucune évolution dramatique ne vienne d’ailleurs réellement le justifier. L’art martial comme art de vivre est ici plus un gadget destiné à nous rappeler qui a écrit l’histoire qu’un véritable élément du film, et le traitement est aussi lisse qu’excessivement lacrymal.

Jump n’est pas dénué de qualité, la mise en scène de Stephen Fung reste ainsi d’une grande qualité, les idées visuelles sont nombreuses, et l’artiste tente tant bien que mal de raconter son histoire. C’est d’ailleurs bien là le problème, puisque l’écriture, si elle possède quelques idées intéressantes est globalement mauvaise. La rencontre des deux Stephen, si prometteuse, laisse donc un goût amer, pour un divertissement qui paraît bien plus long que sa durée réelle.
Léonard Aigoin 7/1/2010 - haut

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 7/1/2010 Léonard Aig...

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